‹ Alfred Garneau. PoésiesChapitre 17 sur 33 · BLUETTE · texte numérisé non relu

BLUETTE

ALLONS eUB l'onde.

Voici l'heure où sur toute chose, - Onde, herbe p&la ou rameau noir, - La lumière tombe pkis rose De Fume vermeille du soir.

POtBEBS.

Vois, vois les mésanges lassées Frôler Peau de Paile en courant^ Et dans les branches balancées Suspendre leur vol murmurant.

Allons, avant que Pombre emplisse Le lac, tout rougissant encor.

Allons errer sur Fonde lisse Et cueillir des nénuphari d'or.

Entrons dans Fesquif, 6 ma reine; La nappe des fleurs est là-bas ; Que ton âme reste sereine, Sound, ne t^inquiète pas.

BLUJPITE. 8S

Quand la svelte nacelle penche Pins vivement. Ton voit alors Sut Tean légère qui s'épanche Des rides refluer aux bords.

Quels frais parfums ! voilà la brise, Voilà la brise de la nuit ! . . .

Le couchant est rouge cerise.

Jouissons de Theure: elle fuit.

Un soir, . . t'en souvient-il, mon âme ?.

Nous rasions le bord du bassin. . .

Ah 1 les joyeux reflets de flamme Qui flottent au vent sur son sein ! . . ,

84 PQteEBS.

En toomant la liquide allée Tu chantais : soudain, les échos Partirent comme une volée D'oiseaux chantants le long des eaux.

C'était une harmonie étrange, Un lent et heau murmure clair ; Je te dis : N'es-tu pas un ange Menant quelque grand chœur dans l'air ?

Oh ! ce soir, que je puisée encore.

Aux sons d'un bel hymne alterné, Côtoyer la rive sonore.

Rêveur, sur ma rame incliné.

Car en ottvrMit votre main vide»

Vous poaves donner un trésor.

(Mnsset)

O PIÊCBTTS D'aBOSNT. 87

piécette d'argent, relique

Authentique, Brillante à ravir un joaillier !

Tu seras, ô la ronde et fine

Bizantine, La gloire de mon médallier

88 POÉ8IS8.

Avec ta face orientale

Où s'étale Une énigme, nn mot inconnu.

Que d'amoureuses t'auront mise.

Vaine, en guise.

De talisman, sur leur sein nu I

L'une, penchée à sa fenêtre,

A peut-être Senti iBur son col se briser Ton fil, un de ces soirs de flamme

Où se pâme.

Entre deux bouches, le baiser !

Car tu le sais, ô la joyeuse

Voyageuse En li«fux mécréants ou païens.

Si Ton y trouverait des belles

Plus rebelles A Tamour que chez les chrétiens.

O PIÉCETTE D'ABOBNT. 89

Le Turc, quand il choiâit lui-même

Pour emblêm« La lune aux deux cernes d'argent^ Fit bien: de ses persiennes cluses

Que de roses Le soir, tombent furtivement !

En Perse, dans la rue, un voile

D^humble toile Des femmes couvre la beauté.

L'amour gagne à ce soir austère :

Du mystère.

N'est-ce pas plus de volupté ?

Mais ont-ils bien autant de charmes

Et de larmes Leurs yeux immenses de velours?

Tombe-t-elle avec une grâce

Aussi lasse Leur riche ceinture aux idis lourds?. .

Tais-toi tais-toi, folle piécette.

Indiscrète, Pendant qu'à mes lèvres encor, Comme un lis blanc, je tiens pressée

— En pensée — I^ main qui me donne un trésor ! . . .

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