‹ Alfred Garneau. PoésiesChapitre 24 sur 33 · LA JEUNE BAIGNEUSE · texte numérisé non relu

LA JEUNE BAIGNEUSE

LA JXUNX BAIGNXU8S. 141

LA JEUNE BAIONEVSE

ut pictura poeaia.

(De l'album de lady Bbllbau.)

Uanbe sur la baie éclatante

Se joue encor.

Et sème au loin Teau palpitante

D'éeailles d^or.

Déjà le cap Percé rayonne :

Snr ses pieds biens

Le flnx rejaillissant résonne Harmonieux.

beau rocher ! tes blanches lignes Courent dans Tair,

Puis s'enfoncent comme des cygnes Dans le flot clair !

En longues flammes frissonneuses^

Sous ton arceau Pendent des mousses lumineuses

Au fil de Feau.

UL JSUinU BAIGRBtTSB. 143

Silence ! . . . Une baigneuse blonde,

Seule en ce lieu^ Bit et se fait des plis de Fonde

Un voile bleu.

Voici qu^une vague s'avance

En folâtrant ; Conque humide, elle se balance

Dans le courant.

La joueuse qu'elle a frôlée Bit aux éclats.

Et roule, bruyante et perlée.

Dans Teau lilas.

f raîcheiir divine t ô délices ! . .

Ses doigts joyeux Ouvrent frileusement les lisses

De ses cheveux.

Âinsiy quand les pleurs de Faurore

Baignent son isein, Frémit Tins qui se coloie

Sur le bassin.

Dans Pécume une écaille rose Pend au rocher.. .

Elle vole, s'écrie et n*ose La détacher ;

LA JEUNK BAIOKEU8E. 145

Car^ au long de la pierre humide,

Effroi soudain !

Une lame a sauté rapide

Jusqu'à sa main.

Qu'elle a de plaisir !. . . Enfantine !

Elle est debout.

Plus vermeille qu'une églantine

De la fin d'août.

Sa cheTelure que l'air roule, — Voile ingénu —

Fléchit sur son col, puis se moule A son flanc nu,

140 voÉans.

Et bat Teau. Par l'arceau de roche.

L'astre naissant Dans ces plis longs et frais décoche

Un trait perçant.

Couvrant d'une main qui ruisselle

Son œil châtain, Ah !.. . la baigneuse au vent chanœlle

Et sort du bain I

Près d'elle, une abeille sauvage,

Fille du ciel.

S'abat, laissant sur son passage

L'odeur du miel.

LA. JBUHB BAIONBTTBB. 147

L'enfant la voit .. » " L'abeille eet laese

De voltiger ! '^ Dit-elle, et, comme un souffle, paeae

D'un pied léger.

A peine, sur la marge étroite De galets bruns,

Effleure-t-elle le jonc moite.

Plein de parfums. . .

Au loin, d'une aile soleilleuse.

Un goéland Kase au bord la grève écailleuse

En s'envolant.

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