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IV. — La réponse des faits

Elle fut exposée devant le Congrès Colonial de 1906 par des gens qui n’étaient point des pamphlétaires ni des ennemis de la cause coloniale puisque on les nommait : Clémentel, ministre en exercice, Baudin, Caillaux, Guieysse alors ministres en disponibilité, et Deloncle, ministériel à perpétuité.

Ils dirent en substance :

« Les colonies meurent économiquement sans nous enrichir parce qu’on a voulu qu’elles fussent des marchés privilégiés pour l'industrie et le commerce de la France. Il faut les ouvrir librement au commerce et à l’industrie de l’étranger. Nos produits seront ainsi évincés. Mais tant pis. Le salut colonial l’exige. »

M. Caillaux alla même plus loin. Pour favoriser la création d’une industrie coloniale, il n’hésita point à proclamer que non seulement on ne devait plus protéger l’industrie métropolitaine, mais que l’on pourrait aller jusqu’à la frapper à son tour.

M. Clémentel avait dit joliment :

« En voulant nous réserver les clients des colonies nous » avons commis une suprême erreur... Des tarifs doua- » niers trop élevés, des prohibitions arbitraires retardent » le libre et profitable essor de ces jeunes pays. L’étroit » corset d’un protectionnisme excessif comprime leurs or- » ganes. »

Soutenir sans comprimer, corset large et politique de liberté... qu’importe si nous ne plaçons plus notre marchandise dans la colonie; l’essentiel est que celle-ci puisse trouver librement celle qui lui plaît...

Mais alors que devient cette affirmation de M. Méline rappelée par M. Guieysse :

«Il faut que les colonies offrent aux produits français des débouchés de plus en plus larges, sinon, la politique coloniale serait radicalement condamnée. »

Rassurez-vous. Ce n’est point toute la politique coloniale qui est condamnée, mais seulement la « mauvaise » politique coloniale.

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