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II. — Notes du secrétariat de Louis Say

Valeur agricole de l’hinterland de Port-Say.

Les cinq millions d-’hectares, plaines, vallées et plateaux qui composent cet hinterland, doivent leur merveilleuse fécondité, aux massifs montagneux qui les abritent, aux oueds vifs qui les arrosent, l’Isly, le Kiss, la Moulouya; à la composition de leur sol arable et des épaulements qui les bordent, présentant partout des traces de phosphate, que les pluies dissolvent et assimilent naturellement aux terres cultivées.

Le climat notablement plus pluvieux qu’à Oran, reste ainsi tempéré en toutes saisons, et ne présente qu’une courte période à température légèrement plus vive. En été, la brise de terre et le vent de mer, se succédant régulièrement tempèrent les mois les plus chauds, tandis qu’à ce moment môme les gorges du Kiss restent très fraîches et vives.

Privilège rare en Algérie, une rivière souterraine, découverte en 1901 par M. L. Say, (en forant un puits), d’un débit si considérable, que les besoins de la ville, du camp, de l’artillerie et des jardins ne peuvent arrêter son jaillissement au travers du marbre, et que son trop-plein s’écoule

à la mer, sous les jetées, permettant d’arroser abondamment, et en toutes saisons les pépinières et les jardins potagers.

Tous les légumes, to îs les arbres fruitiers des pays tempérés, croissent merveilleusement à Port Say, à quelques mètres du flot.

Toutes les céréales viennent fructueusement sur cet immense territoire par le simple travail indigène, qui a su produire au moindre creux des vallées de beaux vergers d’amandiers, de figuiers, d’orangers, (oranges des Béni- Snassen) de pêchers (mech-mech) de grenadiers, etc... et notamment de mûriers.

Tandis que les essais faits par M. Say à l’Enchir de Bou-Cheuval du pacha delà Casbah de Saïdia, Si-El-Djelal, de la ferme Marchand, de l’exploitation Zalewski, etc..., ont prouvé que la région était éminemment propice à la culture intensive du melon, de la pastèque, du maïs, de la pomme de terre, de l’artichaut, de la tomate, de tous les légumes potagers, de la betterave et du houblon. Et ne le céderait en rien, mais deviendrait môme supérieure à la plaine de YHabra, (réserve d’Oran cependant si routinièrement cultivée). Alors que nos plaines seront intelligemment mises en valeur, d’après les procédés modernes par les colons de Bel-Abbès et de Tlemcen. Défricheurs do souche et de race, qui ont déjà fondé de prospères petits centres agricoles, tels : Martimprey, Kalaa, Bal-el-Assa, Berkane, et toutes les fermes de la vallée du Kiss etc... que le passage à proximité de la voie ferrée, les reliant par la plus courte distance au port commercial de Port-Say, auquel ils déverseront leurs produits pour l’embarquement.

Si les plaines donnent les céréales, les fruits, les légumes, etc..., les pentes des massifs montagneux indépendamment des nombreux troupeaux de moutons, de chèvres, de bœufs, de vaches laitières qu’elles nourrissent, donnent le caroubier , l’olivine, le sumac tinctorial. Le chcne-zeen , le takao , se maintiennent jusqu’aux sommets, et les Hauts- Plateaux fournissent les chantiers d’exportation de Port-

Say d'un alfa de qualité marchande recherchée. Encore ne faut-il pas oublier le palmier nain, dont les fibres servent à la fabrication du crin végétal, des cordages, etc...

La valeur agricole de Port-Say est donc assurée par la moindre parcelle de l’immense territoire, chaque jour s’élargissant de la frontière algéro-marocaine et de tout le Maroc oriental. Valeur agricole créant en grande partie sa valeur commerciale et industrielle.

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