Idem. Le Ministre au Gouverneur Général 21 déc
2. Idem. Le Directeur des Finances estime que l’avantage des rues droites et larges « n’est pas aussi grand qu’on le pense ». Le Directeur de l'Intérieur s'exprime ainsi : (À l’exception des 4 ou 5 principales rues d'Alger... toutes les autres doivent. conserver autant que possible leur direction et leur largeur actuelles. L’Administration en voulant les redresser ou les élargir pour la plupart commettrait une double faute ; elle se jetterait dans des dépenses considérables et fort mal entendues, considérables en raison des nombreuses indemnités qu’elle aurait à payer, malentendues parce que les rayons de soleil dont ces rues sont aujourd’hui garanties, y darderaient pendant plusieurs mois de l’année de la manière la plus incommode pour les habitants ». Le Ministre s'élevait d’ailleurs souvent contre la « tendance qu’on paraissait avoir en Afrique à multiplier les rues carrossables ». (Rapport de l’Intendant civil Bresson au Conseil d'administration, 18 sept. 1837).
3. H. Klein, o. c., suite. Alger, 1910, p. 81 bis. Plan où sont indiquées les rues détruites — et Arch. G. À., art, 2, n° 25, 6 sept. 1833.
4. Idem. 32 vol. Alger, 1912, p. 66-67 et dans le vol. précédent (p. 44 bus) où figurent sur une gravure deux de ces tombeaux.
tions de la population indigène ?. D'ailleurs les travaux n’avançaient qu'avec lenteur, faute de crédits et de main-d'œuvre. Au début de 1834, on n’avait pas encore terminé les nivellements ?, et l’esplanade ne put, de ce fait, recevoir la parure ombreuse des marronniers qu’on lui destinait 5. Du moins, audessus de l’espace nivelé, les condamnés militaires, sous la direction du colonel Marengo, aménagèrent sur un terrain des plus accidentés, un charmant jardin dominé par un belvédère, le plus pittoresque assurément de ceux de la ville actuelle #.
1. Procès-verbaux et rapports de la Commission d'Afrique, p. 333. Voir aussi Baron Pichon, o. c., p. 119 et Pièces just. n° 38. Note remise par l’aga (sic) des Arabes à l’Intendant civil à la fin de janv. 1832. Les destructions commencèrent lorsqu'on fit la route de Bab-el-Oued à la Casbah. Dans la suite l’Intendant civil et le Gouverneur Général intervinrent pour faire recueillir les ossements. (Arch. Nat. F90, 810. Lettres du 2 déc. 1835 et du 12 nov. 1836.
2. Arch. D. F., cart. 3, n° 4. — Mémoire adjoint aux projets pour 1834. Ici, comme pour la place du Gouvernement, on n’arrivait pas à faire quelque chose de définitif. En 1835, le colonel Lemercier élaborait encore un projet et le remaniait. (Arch. Nat. F80, 810). En 1836, le chef de bataillon du Génie, Charon réclamait de l’argent (Lettre du 26 janv.) Le Gouverneur de son côté pressait l’exécution « d’un projet qui intéresse, disait-il, surtout la population d'Alger ». (12 nov.) et recommandait pour les plantations tantôt le platane, tantôt le müûrier de Chine. Charon constatait avec regret à la fin de l’année (15 nov.) qu'il faudrait attendre les crédits de 1837 pour terminer le nivellement.
3. Arch. G. G. N?. 6. Le Conseil d'administration pressé de créer de l’ombre «et un abri contre le soleil d'Afrique », fit demander au Ministre, le 3 janv. 1833, 500 marroniers pour les planter sur l’esplanade. Lorsqu’au bout d’un an on se décida à les expédier de Toulon, on s’aperçut que le Génie n'avait pas achevé ses nivellements. L'autorité civile et l’autorité militaire d'Alger se rejetèrent mutuellement la faute et le Ministre bläma ce gaspillage. On finit par en planter 80 qui moururent.
4. Ce jardin, désigné successivement sous les noms de « jardin des condamnés », de « promenade d'Orléans », de « jardin Marengo » a été remis à la Ville
en 1847.
Du côté de Bab-Azoun, on dégagea les abords de la porte, par laquelle arrivait presque tout le ravitaillement d’Alger, et deux places contiguës furent ainsi créées, l’une à l'Ouest, celle des Garamantes, accidentée et irrégulière, terrain vague plutôt que place, l’autre à l'Est, celle du Bournou, plus plane et plus accessible au charroi t.
Tous ces travaux avaient été entrepris antérieurement à la décision qui, en 1834, assura le maintien de notre établissement dans l’ancienne Régence : ils témoignent de la confiance avec laquelle on envisageait d'avance à Alger la nature de cette décision. Elle eut pour effet d'encourager l'initiative privée des constructeurs et de susciter de nouveaux projets officiels pour l’extension de la ville européenne déjà amor- Cce!
En 1837, l'ingénieur en chef Poirel présentait devant le Conseil d'administration un projet d'ensemble #, qui, outre les alignements des trois premières rues d’Alger, comportait la rectification des rues de Chartres et des Consuls, l’aménagement d’une petite place au débouché de la rue de Chartres dans la rue Bab-Azoun, l’élargissement des rues adjacentes à celles-ci, la création d’une place dite « de Chartres », d’une rue du quai parallèle à la rue Bab-Azoun et d’une place de la
4. Voir le plan Pelet (édit. de 1837) qu’il est intéressant de comparer avec le premier tirage de 1832.
2. Pellissier de Reynaud note dans ses Annales (0. c., t. IT, p. 275) qu’à cette date l’industrie particulière a commencé à « relever les ruines que l’administration amoncelait ».
3. Arch. G. G. N2. 32. Ce projet, daté du 10 juin, fut soumis au Conseil le 20, rectifié le 20 sept., soumis au Ministre qui le renvoya le 4 oct. pour de nouvelles études, après en avoir approuvé cependant la majeure partie.
Pêcherie. Ce plan souleva les réclamations des propriétaires menacés !. L’Intendant civil Bresson et le Conseil trouvèrent qu’il était conçu « sur des bases trop larges » et qu'il lésait, «sans motifs bien graves », beaucoup trop d'intérêts particuliers. Des réductions furent donc opérées ; nous en avons déjà mentionné deux ?. Elles portèrent principalement sur les rues adjacentes, pour lesquelles, par raison d'économie, on admit le principe que la superficie à livrer à la construction serait égale à celle de la voirie à acquérir. On s’arrêta donc à des largeurs de trois et cinq mètres. Le Ministre estima en revanche qu'il ne fallait pas réduire les dimensions de la place de Chartres. Elle était en effet destinée à l’établissement d’un marché couvert qui permettrait de réserver la place du Gouvernement à la promenade publique, aux revues et aux parades, « comme le champ de bataille de Toulon ». Par ailleurs, l'emplacement en était déjà presque entièrement dégagé, par suite des démolitions nécessitées par le mauvais état des maisons ; 1l fallait enfin assainir cette partie de la ville, la moins aérée et la plus insalubre, ainsi qu’on l’avait reconnu, lors des épidémies de choléra de 1832 et de 1835, qui avaient surtout sévi dans la population juive de ce quartier $. La création d’une petite place, entre la porte Bab-Azoun et le débouché des rues de
4. Arch. G. G. N? 32. Rapport de l’Intendant civil au Conseil d’administration, 18 sept. 1837.