Voir p
3. Arch. G. G. N? 32. Rapport du Gouverneur Général au Ministre sur les projets adoptés par le Conseil d'administration dans les séances du 20 et 22 juin 1837. Voir aussi le projet Poirel (n° 25). L’épidémie de 1835 atteignit particuhèrement les Juifs qui habitaient « presque toutes les petites rues du quartier Bab-Azoun » et y vivaient « dans un état d’encombrement difficile à concevoir ». (Moniteur Algérien, 21 août 1835. — Arch. Nat. F80 659),
Chartres et Bab-Azoun, ne souleva aucune difficulté : la démolition récente de la jolie mosquée de Mezzo-Morto en fournissait à peu près l’emplacement !. Il en fut de même de la place de la Pêcherie, dont le terrain était déjà libre de constructions. Le projet Poirel prévoyait aussi une rue de quai derrière la rue Bab-Azoun ; Celle embellirait la ville, de vastes magasins s’y ouvriraient sans doute ». Déjà les propriétaires des terrains contigus en réclamaient l’alignement ; le Génie seul s’opposait à la démolition des deux hôpitaux Kherratine et Bab- Azoun. Ainsi surgissait la première idée du futur boulevard de la République. Enfin, comme à une ville française il fallait un théâtre, l’auteur du plan proposait pour cette construction trois solutions, dont l’une prévoyait jusqu’à 2.000 spectateurs ; il affirmait ainsi sa foi en l’avenir d'Alger. La question fut d’ailleurs ajournée.
Les intérêts de la population indigène n'avaient pas été complètement négligés au cours des discussions relatives à ces projets. Le Conseil d'administration aurait voulu réserver le marché couvert de Chartres exclusivement aux Indigènes, en y établissant 250 petites boutiques, pour compenser les pertes que la destruction des divers souks, lors du percement des rues, leur avait fait éprouver ; mais le défaut d’argent ne permit pas de donner suite à ces bonnes intentions. La même cause
1. Ses dimensions étaient de 41 mètres sur 21 m. 75. Elle était nécessitée par l’encombrement résultant de la mauvaise disposition des portes que le Génie voulait conserver pour des raisons de défense. Cette place est mentionnée sur le plan Pelet (éd. de 1837) sous le nom de place Massinissa, Voir aussi Arch. Nat. F80 815. 11 avril 1839. Le plan indique parmi les constructions du côté Nord la maison Héroul et Lépine (café du Vieux grenadier bien connu des Algérois).
était plaidée chaleureusement par le colonel Lemercier ? ; 11 déplorait «les ravages des rues actuellement en construction », la misère des propriétaires Maures, dont la plupart expropriés sans avoir touché les indemnités qui leur étaient dues, se trouvaient réduits à la mendicité, parce que leurs maisons étaient leur unique ressource. Il réclamait l'ouverture de rues à travers les quartiers indigènes, dont la superficie représentait les trois quarts de la cité. C’était selon lui « le seul moyen d'augmenter la prospérité d’Alger et de faire aimer notre administration ». On retrouve ici la préoccupation, fréquente dès cette époque chez de nombreux militaires, de réagir contre la conquête civile, conduite trop souvent par des gens peu scrupuleux et peu enclins à ménager la population indigène. Parmi les travaux exécutés aux environs de la ville, le plus important fut la création du Champ de manœuvre, à proximité du quartier de cavalerie et sur l’emplacement où campaient auparavant les ( mehallas » envoyées en expédition par les Turcs. On dut procéder là et tout autour de l’Aïn Reboth à une œuvre considérable de nivellement et d’assèchement. Les premières acquisitions de terrains furent faites en 1831? ; les travaux durèrent plusieurs années et la superficie s’accrut progressivement. En 1838, elle était estimée à 26 hect. 122 ares # ; en 1854, à 28 hect. 58 ares. On peut regretter que
1. Arch. G. G. N? 18. Rapport au Ministre du Colonel Directeur des fortifications Lemercier, 21 juillet 1836.