Tabl. de la sit
2. Idem., 1846-49. — H. Klein, o. c., suite, p. 29. Les portes Bab-Azoun, dont les axes étaient à un intervalle de 34 mètres, avaient été remplacées par des portes disposées en enfilade. Quant à celle de Bab-el-Oued, que les chariots transportant les matériaux du port avaient grand peine à franchir, en raison de son étroitesse, on l’avait sensiblement élargie.
3. Ce sont les chiffres donnés par le chef du Génie (Voir p. 176, n° 2).
&. L. de Baudicour, 0. c. et Pellissier de Reynaud, o. c., III, p. 275-77.
Domaines !, la rareté et le prix élevé des loyers disponibles pour les Européens ?, le bon marché des matériaux de construction, avaient encouragé les entrepreneurs dès 1834. Mais c’est surtout à partir de 1840 que les capitaux se portèrent sur les propriétés urbaines. Des sociétés 4 ou des particuliers achetaient et bâtissaient à outrance ; au besoin on empruntait sur le rez-de-chaussée pour bâtir le premier, sur
1. J. F. Aumerat (0. c.) montre que grâce à l’aliénation des immeubles tombés dans le domaine de l’État, la propriété urbaine se constitua sans difficulté à Alger. Les droits des absents furent d’ailleurs trop souvent sacrifiés. Pellissier de Reynaud accuse l'Administration des finances d’avoir encouragé la spéculation. Il est certain qu’elle mit en circulation quantité d'immeubles. Un arrêté de Voirol (8 mai 1833. Monuteur Algérien) permit de mettre en adjudication les maisons menaçant ruine dont les propriétaires n’assureraient pas la réparation. Il fut appliqué effectivement. (Moniteur du 30 nov. 1833 et du 16 janv. 1834).
2. Les procès-verbaux de la Commission d'Afrique (t. I, p. 154) signalent en 1834 que les loyers sont déjà trois et quatre fois plus élevés qu'avant l’occupation ; or il ne peut s’agir ici que des maisons mauresques ; ceux des maisons européennes dépassèrent les prix de Paris (Bar. Pichon, o. c., p 259, qui ajoute : « on loue 4.000 francs ce qu’on a acheté moyennant une redevance de 3 ou 400 francs. »
3. Sans parler de ceux qui provenaient des décombres ou des carrières voisines d'Alger. On doit noter en effet que l'ordonnance du 41 nov. 1835 (Moniteur du 24 déc.) admettait exceptionnellement en franchise les bois et les matériaux de construction importés de l’étranger.
4. I en exista presque dès le début. Le Moniteur du 27 sept. 1833 renferme une annonce de l”’ « Agence générale d’Afrique ». En 1834, une brochureréclame signale la « Compagnie nationale d'Afrique » sous la raison sociale J. Hedde et Compagnie, Paris. Cette société a entre autres buts celui de « faire construire des maisons à Alger et de les donner en location ». Le Moniteur du 27 nov. 183% mentionne un acte de la Compagnie Algérienne de colonisa-
tion fondée par le sieur Lacrouts pour l’acquisition et l'exploitation d’immeubles à Alcer.
le premier pour bâtir le second, et ainsi de suite 1. « Les maisons et les terrains se négociaitent comme des actions industrielles, à la première prime offerte ». Le café d’Apollon, sur la place du Gouvernement, était devenu le rendez-vous préféré et la bourse, ou plutôt le tripot des spéculateurs ?. Le prix du mètre carré, dans la rue de la Marine, atteignait 50 francs de rente annuelle, soit 1.000 francs, chiffre énorme pour Pépoque * ; il est vrai que les propriétaires retiraient 15 et 20 % de leur capital 4 Lorsqu'on entama les travaux de la nouvelle enceinte, les hauts quartiers de la vieille ville étaient déjà menacés par l’invasion européenne, et les terrains situés entre les vieux murs et leurs successeurs avaient déjà été en grande partie achetés, même les cimetières 5. Les documents officiels ne font pas mystère de cette spéculation effrénée ; ils en tirent d’ailleurs un témoignage de la prospérité d'Alger. Il y aurait eu, selon eux, de 1840 à 1844, plus de 13 millions affectés à l’édification d’environ 400 immeubles f,
{. Pellissier de Reynaud, o. c., III, p. 276.
2. Idem., 1. 1, p. 176-179. Militaires et civils se gratifiaient mutuellement des épithètes de « banqueroutiers » et de « vandales ». Le souvenir de cette épidémie de spéculation resta longtemps vivace à Alger ; on le retrouve chez de nombreux auteurs. Alexandre Dumas en parle dans ses notes de voyage (Le Veloce ou Tanger, Alger et Tunis, Paris, 1851, 4 vol. t. IV, p. 293). X. Marmier (Lettres sur l'Algérie, Paris, s. d.) venu à Alger en 1847, déplore longuement l’agiotage des courtiers qui « sans avoir pour la plupart ni sou ni maille, entréprennent des spéculations gigantesques ». Louis Veuillot (Les Françuis en Algérie, souvenir d’un voyage fait en 1841. Paris, 1857, 4€ éd., p. 327-334) a recueilli de la bouche de Berbrügger de nombreuses anecdotes sur les aventuriers mêlés à ces affaires qu’on désignait sous le nom de «fricoteurs ».