PLANCHE VI
“pus o9jof er ‘jaod o7 ‘srenb sej jueurtwiop pirAonoq 9j puoy NV ‘UOIJEIIOAIU9IP 9P UOITAUO m09 ‘INn9NEU ES 9/0] SUEP NA
‘HTITANIOf NU VT
Ve,
Le
ANSHESUES
LU
‘SUO1FR91JIJIO} Xne, (sSoyoreui oGc) siorpeoso so
nbsnf aurjuejsuon op on1 ej op quaquotwu
Jorged Joiwoid np oesrid onA
‘(RISI.P dotienb) ariAnIog au v7
vir, une curiosité, un défi jeté à la nature et aussi un pittoresque contre-sens d’urbanisme. Deux autres, formant deux niveaux superposés, les coupaient transversalement. On a tracé presque au plus court, bravant les obstacles du terrain ; si les pentes sont rudes, si les raccords sont souvent inaccessibles aux voitures, il y a du moins là un effort de volonté, souvent méritoire, pour utiliser à l’intérieur d’une enceinte fortifiée les espaces les plus susceptibles de rebuter des constructeurs timorés. Au moins aurait-on dû veiller à la bonne exécution des nouveaux édifices ; or il n’en fut pas ainsi, et beaucoup trop d’entre eux ne répondirent pas aux conditions les plus élémentaires de stabilité et d'hygiène. On devait s’en apercevoir dans la suite t.
Pendant que la ville prenait son développement dans la région comprise entre les anciennes et les nouvelles fortifications, elle fut menacée d’un péril qui aurait gravement compromis tout l'avenir. Une barrière d’établissements mulitaires faillit s’élever entre le quartier récemment créé et l'enceinte. Dans le projet proposé par le Génie pour le tracé des fortifications, en 1843, des réserves considérables avaient été affectées aux services de l’armée, qui s’attribuait ainsi une part léonine, du côté même où décidément la ville commençait à s'étendre. L’Artillerie, en particulier, dont l’arsenal avait été jusqu'alors, mal commodément d’ailleurs, à l’extrémité de la jetée Kheïr-ed-din, aurait occupé un terrain de plus de 30.000 mètres carrés ?, entre la place d’Isly et l’enceinte. Le fait
1. Notamment lors de l’écroulement, en mars 1851 d’une de ces maisons. (Voir p. 241, note 1).
2. Arch. G,. G., N°? 16. — Le Gouverneur Général au Ministre, 10 avril 1843. — Le Ministre au Gouverneur Général, 20 sept. 1844.
était d'autant plus grave qu’une décision ministérielle du 29 août 1841 lui avait déjà conféré cet emplacement t. La population civile avait protesté à cette époque. Ses intérêts furent pris en main et vigoureusement défendus par Bugeaud, alors Gouverneur Général. En adressant au Ministre le projet du Génie, il insista pour que l’arsenal d’artillerie fut placé à cet effet au-delà du Fort des 24 heures ?. (Je n’hésite pas à déclarer, écrivait-il, que, dans une ville militaire, il faut d’abord songer à pourvoir les services militaires ; mais avant de sacrifier les intérêts particuliers, il faut être sûr qu'aucune combinaison ne leur est favorable ». Il faisait remarquer que le terrain à livrer aux entreprises civiles représentait 36.000 mètres carrés et un capital de 1.755.000 francs, le mètre carré se vendant maintenant dans le faubourg Bab-Azoun, non plus un franc comme en 1840, mais six et sept francs de rente annuelle. Malgré cette intervention intelligente, le Ministre décidait, le 15 juillet 1844%, de sanctionner les propositions du Génie. Il fallut l’insistance du Directeur des finances Blondel, toujours disposé à plaider en faveur des intérêts urbains, celle du Directeur des affaires d'Algérie au Ministère de la Guerre, celle du colonel Charon lui-même qui reconnut l’importance des faits nouveaux et enfin celle de la Commission des alignements, pour faire revenir le Ministre sur sa décision‘. Le
1. Arch. G. G., idem. — Le Ministre au Gouverneu Général 18 mars 1845. Les fourrages furent déposés sur ces terrains.