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La rue du Centre. Voir p. 209, note

2. Arch. G. G. N? 6. Rapport du chef de Bataillon chef du Génie. 22 mars

3. Idem. La construction devait entraîner la destruction de la caserne Médée occupée aujourd’hui par le Cercle Militaire. Il proposait comme emplacement les terrains situés au Sud de l’ancienne porte Bab-Azoun.

4. Idem. « La rue actuelle de la Casbah n’a que 4 m. de largeur, et elle

montra beaucoup plus modeste que la Commission ; il adopta le projet des boulevards, mais en le simplifiant ?, la rue de la Lyre, dont la dernière partie ne devait être ouverte que sur la demande des propriétaires ? ; il accepta la rue Bruce prolongée, mais sans arcades comme la rue Montpensier ; par contre 1l rejeta la rue du Centre, en lui substituant quelques raccords entre les rues existantes, et la rue Royale que le rapporteur décrivait avec raison comme une fissure en forme d’échelle # ». Il fut plus généreux pour la rue du Rempart, à laquelle il donnait des arcades et quatorze mètres de largeur, dont quatre pour le trottoir du quai, émettant le vœu qu’elle fût prolongée jusqu'à Bab-el-Oued. A propos du faubourg Bab-Azoun, 1l demanda dix-huit mètres pour la rue du faubourg qui serait pourvue d’arcades, des galeries également pour la rue d’Isly, dans sa partie prolongée jusqu’au rempart, dix mètres pour les nouvelles rues à ouvrir entre celle-e1 et la rampe Bugeaud, mais six seulement pour les rues non carrossables de la partie supérieure du quartier # Par ailleurs, 1l réclamait l'élargissement

suffit ». Le Génie redoutait avant tout les expropriations coûteuses en raison de la densité des constructions de ce quartier indigène.

1. I se prononça contre les lignes droites, préférant un boulevard qui épouserait la forme de l’enceinte, avec des paliers et des squares à l’image de ceux de Londres ; la largeur serait réduite à 40 m. Le rapporteur (conseiller Ballyet) citait l’exemple des villes étrangères, de Hambourg, de Breslau, de Francfort, de Prague.

2. Le Ministre avait fait des réserves pour la conservation des anciennes maisons mauresques.

3. Il ajoutait avec raison : « Promenade, elle serait déserte, rue, elle serait inutile ». Quelques raccords des rues existantes rendraient, pour les communications dans ce même sens, des services moins coûteux et plus certains.

4. Le rapporteur déclarait que la rue d’Isly était «tracée dans des proportions grandioses » ; on doit évidemment, pour ne pas le taxer d’exagération,

à dix mètres des rampes Valée et Rovigo, le percement de la rue des Consuls jusqu’à la porte Bab-el-Oued, avec six mètres d'ouverture. Il réservait bon nombre d’alignements dans la nouvelle ville du Sud.

Le Ministre approuva, le 10 décembre 1846, les propositions du Conseil, avec quelques légères modifications. Le plan, qui comme tout plan d’alignement et d’embellissement, pouvait n'être qu'un programme pour un avenir plus ou moins éloigné, ne fut certes réalisé dans la suite n1 fidèlement, ni totalement ; il n’est cependant pas resté à l’état de simple projet. La vieille ville a été percée, non toutefois d’une manière conforme aux décisions sanctionnées par l'autorité supérieure. Si la rue de la Lyre a été achevée, la rue Bruce et la rue Montpensier, essentielles dans l’économie du plan, ont été seulement amorcées ; par contre la rue du Centre, rejetée par le Conseil, a été réalisée !. Les deux boulevards du Nord et du Sud ont été créés, mais non plus comme promenades : le premier (boulevard Valée actuel) n’est qu’un escalier formant raccourci par rapport à la rampe ; le second est une véritable rue bâtie (boulevard Gambetta). [ls communiquent par le boulevard de la Victoire prévu en 1846. Dans la basse ville, la rue des Consuls n’a pas été percée jusqu’à l’ancien rempart. En revanche, la rue du Rempart (boulevard de l’Impératrice, puis de la République) et les deux rampes d’accès au port ont été établies conformément aux directives générales arrêtées

se reporter aux dimensions qu’avaient, à cette époque (vers 1840), les principales rues de nos plus grandes villes de France.

4. Par la rue Randon et son prolongement la rue Marengo actuelle. Sur la rue Montpensier, voir Arch. G. G. N?23, sur la rue Bruce, Arch. G. G. IN2 21, sur la rue Randon Arch. G. G. N? 25.

par le Conseil’. S'il en a été ainsi, c’est assurément parce que les services de la Guerre et de la Marine, obéissant à des nécessités plus urgentes, n’ont pu ajourner trop longtemps l'exécution de leurs projets de port et d’enceinte. Les décisions relatives au faubourg Bab-Azoun ont été presque entièrement respectées ; il est vrai qu’elles concernaient des espaces encore vierges de constructions, et que, par suite, elles ne comportaient pas comme l’éventration des vieux quartiers, des expropriations nombreuses et dispendieuses. En définitive, à voir ce qui, dans le programme de 1846 a été respecté, et ce qui a été sacrifié, on a l'impression que l’exécution fidèle en a été entravée beaucoup moins par un revirement des idées que par la peur des dépenses. On ne saurait nier, en tout cas, qu'il y ait eu un programme et des directives pour l’avenir. On ne peut pas non plus reprocher aux commissions et aux conseils de l’époque d’avoir manqué de hardiesse dans les vues. L'idée d’un boulevard front de mer, dominant le port, pour si naturelle qu’elle nous paraisse à priort, était loin d’être facile à réaliser, si l’on songe à l’escarpement de vingt mètres environ que bordaient les constructions de l’ancien Alger, alors intact de ce côté, aux emprises que l’on serait forcé de faire sur les terre-pleins, sous peine de réduire encore les espaces bâtis de la vieille ville, et aux énormes travaux des rampes qui devraient assurer des communications faciles avec les quais. L'idée d’un boulevard de ceinture à établir sur les fossés mêmes de l’enceinte des Turcs, n’était pas assurément une nouveauté : on obéissait en la circonstance à une loi naturelle des villes fortifiées, lorsqu’elles débordent hors de leurs murs et reculent les limites

1 "Arch IGAGAN? 31et 25

de leurs défenses. Le boulevard, organe militaire, devient alors une large rue et une promenade ; les exemples en étaient nombreux dès cette époque!. Mais la topographie toute méditerranéenne de l’acropole d’Alger et la forte déclivité des pentes rendaient cet aménagement plus difficile que celui des « grands boulevards » de Paris ou des « Ringe » de Cologne ou de Vienne.

Le Conseil supérieur eut également à s’occuper des emplacements à assigner aux principaux édifices publics et aux services civils et militaires. « La partie la plus difficile, disait le rapporteur, et sans doute celle qui sera la plus controversée ». Il dénombrait en effet 59 établissements civils et 20 militaires déduction faite des installations pratiquées dans des immeubles pris à bail, faute de locaux suffisants ?. Alger manquait totalement des monuments dignes d’une capitale, voire même d’une ville européenne d'importance moyenne. Les autorités

1. Jean Brunhes. La Géographie humaine (0. c.), 1, p. 241-248.

2. Arch. G. G. N? 6. Au rapport du conseiller Ballyet sont adjoints trois états fournis, le 10 mai 1846, par la Direction de l’Intérieur et des Travaux publics : « État des bâtiments domaniaux ou autres affectés à des services publics » comprenant : 1° un tableau des établissements publics installés ou à installer à Alger dans des bâtiments appartenant à l’État ; 20 un état des établissements publics installés en tout ou en partie dans des immeubles à loyer, faute de locaux suffisants (on en compte 31) : 30 un état des établissements à créer sur des emplacements réservés par la Commission des alignements, ou à déplacer. (Il y en a 23, parmi lesquels le Palais du Gouvernement, le Palais de Justice, l’Hôtel-de-Ville, le Trésor et la Poste aux lettres, l’'Évêché, l'Hôpital civil, le Collège, le Tribunal et la Bourse du commerce, le Théâtre, les Directions des Affaires civiles, des Affaires arabes, l’Hôtel du Lieutenant Général commandant la Division, la Prison, la Gendarmerie). Voir aussi Arch. Nat. F80, Registres n° 1837. Sommier de consistance des immeubles domaniaux affectés à des services publics. Province d’Alger.

Bureau d'Alger. 1852.

et les services étaient installés, au hasard des disponibilités, dans des maisons particulières mauresques, demi-mauresques ou européennes. Le Palais du Gouvernement était l’ancienne maison de Hassan-Pacha, louée, puis acquise par l’État. La Direction des « Affaires civiles » occupait un immeuble indigène, dans l’étroite rue de la Charte ; celle des « Affaires arabes » était une ancienne caserne de spahis installée place des Garamantes, à l’entrée du foubourg Bab-Azoun ; celle de l'Intérieur et des Travaux publics était logée, rue Bruce, dans l’ancien palais de Ahmed-Pacha, dépendance de la Djenima flanquée de constructions modernes ; celle des Finances s’abritait dans la sombre ruelle de la Révolution. La Mairie, installée en 1830 dans l’hôtel Bacri, rue Socgemah ?, voisinait maintenant avec la Direction de l’intérieur. La Cour Royale occupait un immeuble de la rue Bruce. Le lieutenant-général commandant la Division était logé dans l’ancienne maison de l’Oukilel-hard], à l’angle des rues de Chartres et Scipion ÿ. Le Trésor et les Postes se trouvait dans une vieille maison de la petite rue Jean Bart, le Collège dans la rue Bab-Azoun, fort à l’étroit d’ailleurs 4. Des immeubles de la rue de Marine avaient été loués pour la Chambre et le Tribunal de commerce. L’Hôpital civil, héritier de l’ancienne caserne des Janissaires Kharratine *, au cœur de la rue Bab-Azoun, constituait un danger

4. H. Klein, 0. c., suite p. 50-51. C’est encore aujourd’hui le Palais d’hiver. La façade fut édifiée en 1839 par le Génie.

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