Idem
moins constitué un document important ; il est fâcheux d’ailleurs que les réserves prévues n’aient servi le plus souvent qu’à paralyser pendant des années le développement des constructions privées sur quelques-uns des meilleurs emplacements de la ville. Fait caractéristique en effet : aucun de ces emplacements n’a été dans la suite occupé par l’édifice auquel il était destiné, exception faite pour le Théâtre — et la Prison civile. L’exécution du plan définitif demandé par le Ministre exigea du reste encore trois années. Une nouvelle Commission des alignements et réserves avait été instituée le 14 janvier 18541; les projets devaient subir une interminable filière administrative, sans préjudice des enquêtes « de commodo » auprès des habitants, les crédits nécessaires pour les opérations topographiques manquaient ou se faisaient attendre ?. Le travail ne fut ainsi terminé — on a peine à le croire —
qu’à la fin de 1858.
4. Arch. G. G. N? 6. II y est fait allusion dans une lettre du Gouverneur Général au Commandant supérieur du Génie, le 2 avril 1856. La composition en est d'autre part indiquée dans la dépêche du Ministre au Gouverneur Général du 24 décembre 1855.
2. Idem. Le Gouverneur Général réclame un crédit de 12.000 francs le 30 mai et le 18 novembre 1856. Le Ministre approuve, mais ajourne le crédit au budget de 1857, Le Gouverneur presse le Président de la Commission (20 décembre 1857). « L'Empereur vient prochainement visiter l’Algérie… je veux lui présenter un plan définitif. » Il n’y a plus d’argent, répond le Président ; on va renvoyer les agents que l’on ne peut plus payer. Nouvelle demande de crédits au Ministre (17 avril 1858). Le Conseil municipal doit voter une part contributive de 4.000 francs.
3. Idem. Il ne reste plus dans les archives aucune trace de l’envoi d’un plan définitif, mais seulement le procès-verbal de la séance de la Commission du 10 février 1858, transmis le 127 avril au Ministre et le bordereau de toutes les pièces du dossier de la commission, y compris des plans partiels. Un de ces plans porte le tracé de la rue du Centre et celui de la rue Montpensier
Il convient de dire ici quelques mots de l’histoire des principaux édifices publics dont la ville fut pourvue dans les années qui suivirent. Elle se rattache en effet trop étroitement à celle du développement de la ville et elle en éclaire quelques aspects d’une manière assez intéressante pour mériter quelques mentions.
Le Palais du Gouvernement était déjà, dans le projet présenté par le Conseil supérieur, en 1846, l’objet de ses premières préoccupations. L'édifice occupé jusqu’alors paraissait insuffisant, bien qu’il eût été agrandit; il devait en effet servir à la fois de palais et de quartier-général. À plusieurs reprises, le Conseil d'administration s'était prononcé pour la démolition de la Djenina et pour la construction à sa place de quelques monuments publics, notamment d’un palais du Gouverneur, en façade sur la plus grande place de la ville ?. Mais il fallait, chose difficile, déloger les services de l’armée, Manutention et Campement, et en second lieu, l’argent manquait. L’incendie qui, dans la nuit du 26 au 27 juin 1844, détruisit la partie Nord de l’ancienne résidence des Deys, ramena l'attention sur ce projet, et le Conseil y vit une occa-
coupée en son milieu par une place où figure, en plein quartier indigène de la Casbah, une église catholique. Le 10 décembre 1846, le Ministre s’était contenté de demander sur cet emplacement un square. La Commission admit que l’on pourrait reporter l’église sur le boulevard de la Victoire,, c’est-àdire en bordure du quartier.