Arch. M., 7 septembre
en 1887 un nouveau décret fut rendu ; mais cette fois 1l n’était plus question de la rue Bruce !. Les expropriations furent effectuées, l'affaire se révéla du reste peu brillante ?. Sans doute cet insuccès tenait à la situation de la rue, en pleine ville indigène, et aux mécomptes éprouvés au sujet de la rue Randon et de la rue de la Lyre, dont on avait espéré faire une des rues les plus recherchées d'Alger #. On doit toutefois reconnaître que ces rues, dont l’ouverture a été maintes fois critiquée, ont amélioré les conditions d’aération et de salubrité de l’agglomération grouillante des vieux quartiers indigènes, qu’elles ont arraché la population israëlite qui les a occupées, aux taudis infects où elle était confinée, et qu’elles sont encore aujourd’hui, entre les rues de Chartres et le tronçon de la rue Bruce d’une part et le sommet de la Casbah de l’autre, les seules voies carrossables de la vieille ville des Turcs.
Cependant la population de la commune augmentait dans de notables proportions. De 1881 à 1886, elle s’était accrue de 4.972 habitants ; dans les deux périodes quinquennales qui suivirent, on enregistra des gains de 10.558 habitants et de 10.363 4. Sur le chiffre total de 25.893, dont 17.257 Français et étrangers, Bab-el-Oued figurait pour 7.970 5 ; sa population avait plus que doublé, malgré l’épidémie cholérique de 1885-86. Or ce quartier était par excellence le lieu de résidence de la population ouvrière, et le mouvement de sa population pou-