Voir p. 531, note
vait être pris, sans crainte d'erreur, comme la mesure de la prospérité commerciale et industrielle d'Alger. Sur les 874 maisons nouvelles qui s'étaient élevées dans la ville, de 1881 à 18961 un grand nombre avait couvert les terrains vagues et bordé les rues à peine tracées du faubourg. Il avait grandement profité des améliorations apportées aux communications ? ; fait caractéristique, ses habitants étaient les premiers à réclamer l’abolition des servitudes militaires #. L’attention allait être enfin rappelée de ce côté de la ville par les acquisitions importantes que la ville retirait du traité de 1891 ; elles permettraient en effet de réaliser enfin la soudure d’Alger et de son faubourg du Nord et de faire disparaître les solitudes qui l'en séparaient jusqu'alors.
À peine la convention du 27 novembre 1891 était-elle signée, que la Municipalité d'Alger, sans attendre les lois qui devaient la sanctionner, faisait étudier par le service des travaux communaux les alignements des nouveaux quartiers à créer sur les anciens terrains militaires 4. On retrouve dans le premier projet, que le Conseil approuva le 28 décembre 5, l’heureuse préoccupation qui avait inspiré nos édiles dans l’aménagement du dernier quartier créé antérieurement à cette date : Alger suivait à cet égard les progrès réalisés dans nos grandes villes de France. En 1880, on estimait la surface de la voirie, intra-muros, à environ 27 hectares, pour une superficie de 160, soit une pro-
. Voir les Bulletins municipaux de 1881 et 1896. . Voir p. 372.
. Arch. M., 28 octobre 1892 et 6 octobre 1893. . Idem, 1®T et 28 décembre 1891.
. Idem, 28 décembre 1891.
portion de 16 % 1. Or, en 1891, sur 30 hectares environ de terrains livrés à la commune, on en consacrait aux rues et aux places 9, c’est-à-dire plus de 31 %. La largeur des 58 rues nouvelles devait varier entre 8 et 14 mètres. Le projet définitif approuvé par le Préfet, le 17 janvier 1896 ?, marquait encore un progrès dans ce sens. On y voyait notamment, du côté de Bab-el-Oued, où, il est vrai, la valeur des terrains commandait moins l’économie de l’espace que du côté de Bab-Azoun, des ouvertures de 12, de 16, de 18 et de 20 mètres, et l’on revenait fort heureusement, pour le quartier de l’Esplanade, aux rues à arcades ; on n’avait pas oublié de prévoir une place avec square de 122 mètres sur 65. Le premier des lots livrés par le Génie fut immédiatement mis à la disposition des constructeurs ; c'était un des plus précieux, celui des terrains qui permettraient d'achever enfin la rue d’Isly et la rampe Bugeaud, le long de la rue de Constantine, On ouvrit quatre rues transversales et l’architecte Petit se chargea, moyennant une concession à bail, de la construction des voûtes, à la suite des anciennes ÿ.
Tous les espoirs que l’on pouvait fonder sur la création de nouveaux quartiers, sur le territoire de la commune d’Alger, n’empêchaient pas la population de se porter de plus en plus vers Mustapha ; cet exode avait même pour effet d'amener la baisse des loyers dans la ville-mère et une certaine dépréciation de la propriété bâtie. Entre les recensements de 1881 et de 1896, la population de l’ancien faubourg passait de 12.279 habitants
1. Idem, 4 décembre 1880. Ces chiffres sont ceux qui sont donnés pour servir de bases au service du nettoyage de la ville.