‹ Alger: Étude de Géographie et d'Histoire urbainesChapitre 222 sur 465 · Voir p · texte numérisé non relu

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surtout vers Mustapha, tandis que la population indigène, moins exigeante, y afflue au contraire, attirée par le développement du port, du commerce, et par la demande de main d'œuvre. Les vieux quartiers, ceux de la Marine et de la Casbah, tendent ainsi à se congestionner. Les trois agglomérations de Bab-el-Oued, d’Alger et de Mustapha sont encore, en 1896, sinon isolées, du moins séparées par des fortifications et des espaces frappés de servitudes. A l’intérieur même de l’enceinte et au voisinage immédiat des portes qui s'ouvrent sur les anciens faubourgs du Nord et du Sud, des terrains militaires considérables s’interposent pour écarter les constructions privées des murs de la ville et aggraver cette séparation. Pendant ce temps, le port lui aussi, dont la prospérité ne cesse de croître, ne peut plus s’accommoder des limites que lui imposent ses Jetées, pas plus que la ville ne peut rester enfermée dans celle de ses fortifications.

De 1880 à 1896, on n’a guère construit intra muros que sur la bordure du boulevard de la République ou dans les parties hautes dominant le quartier d’Isly, où l’on atteint la limite de la zône militaire ; on n’a plus ouvert de voies importantes, comparables à celles des périodes antérieures. Mais un travail considérable n’en a pas moins été élaboré. Une opinion s’est formée, précisée, imposée, sur les solutions qui seules pouvaient assurer l’expansion de la ville et sa soudure avec son faubourg du Nord et la commune voisine du Sud. La conception d'Alger comme une place de guerre et un arsenal maritime est maintenant considérée comme surannée et la capitale africaine apparaît sous son véritable aspect, comme une grande place de commerce. En 1896, il est décidé que l’enceinte de 1840 éventrée permettra aux trois tronçons principaux de l’agglo-

mération algéroise de se souder complètement, et c’est le moment même où sont entrepris les travaux qui vont assurer au port son extension vers l’Agha. En même temps, à l’intérieur des murs, la part léonine que s’était adjugé l’autorité militaire est sérieusement entamée, et de nouveaux quartiers vont pouvoir sortir du sol. Enfin les projets présentés aux municipalités et aux administrations diverse sont éveillé l’attention du public qui les a commentés, souvent même avec passion, sur les grands problèmes d’urbanisme, au triple point de vue du confort, de l’esthétique et de l’hygiène. Pour toutes ces raisons, l’œuvre de cette période, que l’on peut appeler une période de préparation, a été féconde en résultats.

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