‹ Alger: Étude de Géographie et d'Histoire urbainesChapitre 252 sur 465 · Idem, 6 juillet 1905. Proposition Marquand · texte numérisé non relu

Idem, 6 juillet 1905. Proposition Marquand

problème au point d’où elle n'aurait jamais dû s’écarter. C'était l’avis du géologue E. Ficheur. Il ne prévalut qu’en 1911, devant la démonstration des faits !, qui faisait ressortir la pénurie périodique dont souffraient particulièrement les quartiers élevés de la ville, les dangers résultant de cette situation, l’insuflisance et le prix élevé des achats effectués sous la menace de la disette, et enfin les difficultés auxquelles on se heurterait si l’on s’obstinait à chercher les moyens d'alimentation d'Alger dans l’Atlas de la Mitidja, déjà et de pius en plus mis à contribution pour l'irrigation de la plaine. La commission formée en 1911 offrait toutes les garanties de savoir et de compétence ; on avait fait appel à la science des ingénieurs, des géologues, des médecins et des Junistes ?. Le Conseil s’inspira de la partie la plus intéressante de ses

1. Idem, 7 juillet 1911. L’exposé de la situation montre que le réservoir alimenté par l'O. Kniss, celui de Monte Mario, est vide, qu’il en est à peu près de même pour celui du Sahel, que les eaux d’Aïn Zeboudja sont corrompues, que la propriété Boensch fournit 8.000 mc sur 13.500. Il conclut à l’achat de la propriété de Solliers, en tous cas à l’utilisation des eaux artésiennes de l’'Harrach. Voir aussi le rapport antérieur de Redon (24 février\ qui envisageait le captage des eaux de Baraki et la discussion de la séance du 24 juin.

2. Rapport de la Commission extra-municipale (Acquisition par la Ville de l’usine de Solliers). Alger, 1911. Bibl. M., G XIV, 12693. Elle comprenait les ingénieurs Godard, Raby, Jacob, Butavand, des Ponts et Chaussées et des Mines, le géologue Ficheur, le professeur Morand, le Dr Sergent et le Maire de Saint-Eugène Vimal comme expert. Le rapport de cette commission, présenté le 3 juin 1911, aboutissait aux conclusions suivantes : 1° acquisition de la propriété et de l’usine de Solliers susceptibles de fournir 3.000 me au lieu de 2.000 qu’elles procuraient jusqu’alors à la Ville ; 20 poursuite de la concession de toutes les eaux artésiennes sur le domaine public constituant le lit des oueds Zouine, Baba Ali et Terro, et au besoin de l’oued Baraki, et adduction des eaux au moyen d’une usine de refoulement installée au Gué de Constantine.

suggestions, consulta un spécialiste de la question des eaux, le professeur Imbeaux, dont le rapport, du 18 février 1912, fera toujours autorité, et, appuyé sur son avis et sur ceux de E. Ficheur et de l'ingénieur Butavand, il décida, le 27 décembre 1912, l’acquisition des eaux de la propriété Idt, à Baraki !. Le 6 mai 1914, le Ministre de l’Intérieur approuvait le projet de traité préparé par la Municipalité.

On peut dire que la date de 1912 a clos l’ère des tâtonnements ; elle a été vraiment marquée par un progrès décisif vers la solution du problème la plus satisfaisante et la plus complète. Les prévisions fondées sur les études des géologues et sur les résultats des premiers forages n’ont pas été démenties. S’1l a pu être encore question de l’O. Mokta et des eaux de l’Atlas, c’est seulement en vue d’un avenir lointain et comme d’une réserve ultime pour une agglomération qui dépasserait 400 ou 500.000 habitants. De l’avis des commissions compétentes, il n’y aura pas lieu d’y recourir avant d’avoir exploité toutes les ressources reconnues dans la zône de la Mitidja qui longe le pied du Sahel, de Maison-Carrée

4. Ville d'Alger. Service des eaux. Acquisition des eaux de Baraki. Rapport Butavand. Alger, 1912. Bibl. M., G. XIV, 3, 12277. Il est fait allusion à un intéressant projet de l’ingénieur Dumont (1890) qui concernait le captage de 6.000 mc d’eaux superficielles de Baba Ali. On trouvera dans le rapport l’analyse de celui du DT Imbeaux. Dans la séance du Conseil du 27 décembre 1912, l’exposé du Maire faisait ressortir que la ville empruntait déjà 11 000 ime sur 16.000 à la région de l’Harrach (7.540 de l’ancien domaine Boensch, 1.960 de la propriété de Solliers, 1.500 de la propriété Solari-Scala, ces derniers en vertu d’un contrat du 11 octobre 1912. Le reste provenait de l'O. Kniss (Société Poumailloux et Société Hydraulique, soit 3.800 mc) du réservoir de Monte Mario (550 mc) des aqueducs de Hamma (350) et du Telemly (450).

jusqu’au Mazafran :. Leur utilisation s’est petit à petit imposée à nos édiles, comme par une force maturelle des choses, suivant une progression qui les a conduits à pousser les canalisations de plus en plus loin de la première usine vers le Sud-Ouest. De proche en proche, la Valle a été ainsi amenée à annexer successivement les eaux des propriétés Boensch et de Solliers, entre Maison-Carrée et le Gué de Constantine, puis celles de Baraki. Or le programme dont on ne saurait plus s’écarter comporte le captage futur des eaux artésiennes de l'O. Kerma, de Baba Ali et de l'O. Zouine, et plus loin, de celles d’Oued-el-Alleug et du Mazafran ?.

Il ne saurait être question, dans ces conditions, des eaux du Djurdjura, auxquelles cependant recourait l’auteur d’un projet grandiose 5. Il a été écarté à cause du caractère onéreux de l’entreprise, qui comportait une conduite de 150 kilomètres et de nombreux travaux d’art, et aussi pour des raisons de

1. Sur la question des eaux de 1912 à nos jours, les Compte-rendus des travaux du Bureau Municipal d'hygiène par le DT Lemaire (0. c.) constituent un document essentiel. Voir notamment celui de 1912-1913, p. 48-63. {Alimentation en eau potable de la ville d'Alger à l'heure actuelle) où l’on trouvera un plan schématisé des canalisations et des réservoirs desservant la ville et un plan des puits artésiens de l’Harrach. Le C. R. de 1914-1921 (p. 82-135) renferme des notes du DT Sergent sur la bactériologie des eaux d'Alger, un remarquable rapport de l'ingénieur Sauzay sur la situation et les divers projets, un rapport de la grande commission instituée le 4 mars 1921, rapport présenté le 20 juin 1921 et les analyses bactériologiques du Laboratoire Municipal d'hygiène. — Le DT Sergent réclamait dès 1918 la suppression des eaux de Birmandreis (O0. Kniss) et du Hamma, la réfection des conduites de l’aqueduc du Telemly ; il concluait à l’utilisation de plus en plus grande des eaux de Baraki.

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