‹ Alger: Étude de Géographie et d'Histoire urbainesChapitre 254 sur 465 · Dalloni, o. c., p · texte numérisé non relu

Dalloni, o. c., p

3. Debauve et Imbeaux, Assainissement des villes, distributions d’eau, tome Il.

être escomptées dans les prévisions qui inspirent les programmes d’adduction d’eau. Or, à l'heure actuelle, l'emprise sur les eaux artésiennes de la Mitidja, les plus abondantes, les plus saines, les seules même vraiment saines, est à peine égale au tiers de ce qu’elle devrait être. Les épidémies de fièvre typhoïde ont démontré l’impureté des eaux du Sahel, d’une manière générale ; elles sont condamnées par le Service de l’hygiène. Néanmoins, sous l’empire de la nécessité, elles continuent à alimenter la ville, dans une proportion de 25 % !, et elles se mêlent dans les conduites aux eaux artésiennes. On a dû recourir également, en certaines circonstances, aux eaux de surface de la Mitidja reconnues cependant comme suspectes. C’est assurément une situation transitoire : d’ores et déjà des mesures sont prises et des travaux sont en cours d'exécution, qui permettront d’amener immédiatement 20.000 mètres cubes d’eau excellente, en attendant que la Ville prenne — car elle n’a plus besoin de les chercher — les 60.000 mètres cubes que réclamera sa population dans quelques années. Dans ces conditions, la question de l’alimentation en eau potable d'Alger et de l’agglomération algéroise est définitivement et exclusivement ramenée à une question d’ordre financier.

À côté de la question des eaux potables se place celle de l’écoulement des eaux usagées et des eaux de pluie; elle

1. Dalloni, o. c., p. 14. — En 1927 elles représentaient 4.400 me contre 13,290 provenant de la Mitidja.

intéresse au suprême degré l’hygiène, la bonne tenue et même la sécurité de la ville. À Alger particulièrement, les conditions du sol, du relief et du climat lui donnent une importance dont on n’a pas toujours tenu suffisamment compte.

La construction de l’Alger moderne a été, nous l’avons vu, pour une bonne part, une œuvre de comblement des ravins et de nivellement des arêtes séparatrices. Il suffit pour s’en convaincre, à défaut d’autres documents, de se reporter aux anciens plans, à ceux de 1832, de 1834 et de 18641, et de les comparer avec un plan de la ville actuelle. Or la nature et la déchivité du sol, aux niveaux supérieurs de l’amphithéâtre le rendent particulièrement propre au ruissellement torrentiel : sables, schistes, argiles et marnes sur des pentes rapides, qui, avec la proximité du niveau de base, expliquent la formation de thalwegs profonds. Le remblayage qui leur a substitué, dans leur partie moyenne et inférieure, des rues et des escaliers, nécessitait tout un aménagement, à la fois vaste et robuste, pour conduire les eaux sauvages dévalant suivant les ravins naturels jusqu’à la mer, sans que la voirie et les constructions eussent à en subir les effets parfois redoutables. Or les conditions de hâte et d’imprévoyance générale dans lesquelles s’est fait le développement récent de la nouvelle ville n’ont pas permis de réaliser d’une manière satisfaisante et définitive cette œuvre essentielle. Il en a été de même pour l’évacuation des eaux usagées dont le volume augmentait en raison de l’accroissement de la population et de l'emploi du tout à l’égout.

4. Voir aussi le Plan du port d'Alger et de ses environs levé en 1869 (0. c.) qui donne une idée parfaite de la topographie du site d’Alger.

Les Turcs avaient laissé les égouts d'Alger « dans un état déplorable » 1, d’autant que la construction en était généralement vicieuse ?. Il fallut, dès les premiers temps de notre occupation, procéder à des réparations, à des améliorations et même à des réfections complètes ÿ. La pente rapide, conséquence de la topographie du site, suffisait à assurer l’écoulement vers la mer et à garantir de l’obstruction ; par ailleurs les eaux de pluie dévalant de la haute ville faisaient office de chasses naturelles. On dut cependant aménager dans les rues nouvelles, les plus larges, des égouts de plus grande section . Mais, de bonne heure, un grave inconvénient de l’ancienne distribution attira l’attention des ingénieurs. Le plus grand nombre des égouts de la ville se déversaient dans la mer, entre le môle Kheïr-ed-din et la porte Bab-Azoun; au fur et à mesure que les travaux de prolongement de la jetée Nord assuraient le calme dans cette région du port projeté, les déjections s’accumulaient, tendaient à le combler et à linfecter de plus en plus 5, comme il était déjà arrivé pour celui de Marseille. Aussi, dès 18415, des études étaient-elles entreprises pour la construction d’un « égout de ceinture »

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