‹ Alger: Étude de Géographie et d'Histoire urbainesChapitre 256 sur 465 · Idem, 1841-1843, p. 131 et 1844-1845, p · texte numérisé non relu

Idem, 1841-1843, p. 131 et 1844-1845, p

qui les déverserait au-delà des limites prévues pour les nouveaux bassins, c’est-à-dire aux environs du Fort Bab- Azoun. Le projet, présenté en 18451 et remanié dans la suite, comportait trois branches : l’une, dite de Bab-el-Oued (595 mètres), débouchait dans la mer au-dessous du Fort- Neuf ; une seconde suivait la rue de la Marine (315 mètres) et se raccordait à la troisième, la plus longue, dite de Bab- Azoun (1.505 mètres), dont le tracé épousait celui de la rue et du faubourg du même nom, Les travaux, retardés par les éternelles difficultés budgétaires et par des conflits, fréquents à cette époque, entre le Gouvernement général militaire et le service civil des Ponts et Chaussées, ne purent commencer qu'en 1852 ; les derniers aménagements furent terminés en 1860 seulement ?. En dépit de ces améliorations la situation était loin d’être satisfaisante ; un rapport d'ingénieur signalait en 1855 que les égouts exigeaient sans cesse des réparations et que beaucoup d’entre eux menaçaient ruine #. La question

1. Arch. Nat., F80 811 et 813 où se trouve le dossier concernant le projet et les travaux. Voir notamment le projet présenté par l’architecte des Bâtiments civils Guiauchain (28 février 1845). Le plan qui l’accompagne montre la série des branches d’égout aboutissant à la mer entre la place du Gouvernement et le futur square Bresson.

2. Tabl. de la sit. o. c., 1854-1855, p. 422 et 1859-1861, p. 185. En 1853, on refusa de donner satisfaction à 19 propriétaires riverains de la route de Mustapha Supérieur, réclamant la construction d’un égout à l’Agha, qui aurait rejoint la mer en passant au voisinage de la fontaine Clauzel. Le Ministre, sur avis du Préfet et du Conseil de gouvernement, estima que les fossés étaient suffisants et que les eaux ménagères et pluviales seraient suffisamment entraînées par des fossés aménagés sous les trottoirs (Arch. Nat. F80 811. Projet d’égout à l’Agha).

3. Arch. M., 2 juillet 1855. À cette date il estimait qu’il y avait urgence pour 1.380 m. de parcours.

était une des premières inscrites au programme présenté en 1858 au Prince Napoléon, Ministre de l’Algérie 1.

On se contenta cependant dans la suite de procéder aux réparations, au fur et à mesure que l’urgence extrême en était reconnue et aucun projet d'ensemble ne fut présenté ni discuté. Et cependant en 1866 ? et lors de l’épidémie cholérique de 1867, on constatait le mauvais écoulement des déjections de la ville et la nécessité de faire un plan général de canalisation ÿ. Pour l’Agha notamment et pour Mustapha qui étaient en voie de développement, tout était encore « à créer et à déterminer ». En 1873, on se décidait à remédier à l’insalubrité reconnue du faubourg Bab-el-Oued en recouvrant l'O. M’Kacel, pour en faire le collecteur de sept égouts affluents 4. Il faut aller jusqu’à 1892 5 pour retrouver dans les procès-verbaux des séances du Conseil municipal d’Alger quelque trace de préoccupations sérieuses au sujet de la

4. Idem, 20 août 1858. (Mémoire cité). Voir aussi 14 novembre 1859. Le Conseil émet un vœu pour la construction d’un réservoir à la Casbah, avec cette mention qu'il permettra pendant les mois de sécheresse de chasser les immondices accumulés à cette époque de l’année dans le grand égout de ceinture.

2. On avait, l’année précédente, (Arch. M., 16 septembre 1865) décidé de couvrir la partie inférieure du ravin de l’Agha (0. Beni Mzab) aboutissant à la mer, entre l’usine à gaz et le Lazaret. Les habitants de Mustapha Inférieur ne cessaient de réclamer et menaçaient de séparation. Le ravin du Centaure, ancien fossé de la fortification Sud des Turcs, était devenu un foyer pestilentiel, faute d’un égout dont la construction apparaissait trop coûteuse au Conseil (25 mai 1866).

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