‹ Alger: Étude de Géographie et d'Histoire urbainesChapitre 269 sur 465 · Voir p · texte numérisé non relu

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4. Un arrêté du 13 oct. 1832 (Bib. Nat. Alger, o. c.) signé Genty de Bussy, interdit aux tribunaux « de prendre connaissance des plaintes des prétendus propriétaires de maisons occupées militairement ».

5. Le rapport de la Commission de 1833 parle même d’expropriations «sans mdemmité aucune » p. (333). Pichon se contente de dire que nous n’avons pas encore arrêté après deux ans d'occupation la base des indemnités.

6. Et aussi le renchérissement du prix de la vie. Hamelin (Notice sur Alger, Paris, 1833) signale le fait (p. 5). Le prix des denrées de première nécessité a triplé. Les Maures ont été froissés non seulement dans leurs usages, mais dans leurs intérêts.

7. Cette contribution fut imposée aux habitants pour procurer à chaque soldat de l’armée un matelas de laine de 10 kilos. (B1b. Nat. Alger. 5120. Arr. du 7 janv. 1832 et suite. — Voir aussi Pichon, o. c., p. 50-74).

8. La plupart des familles riches émigrées allèrent s’établir à Tetouan ou à Tunis (Proc. verb. de la Commission de 1833. Séances du 12 au 19 nov.) Hamelin (p. 6) confirme le fait, dont le souvenir est resté chez les descendants actuels de quelques vieilles familles d'Alger.

9. C'est-à-dire après la création du Gouvernement général de l’Algérie, qui

plus accentuée jusqu’à prendre la caractère d’un « rush ». Sans vouloir serrer de trop près les chiffres officiels, il est permis toutefois d’en tirer quelques faits. Tout d’abord, l’année 1841 est marquée, comparativement à 1840, par un gain jusqu’alors inconnu de plus de 5.000 habitants, et de 1841 à 1846, la population européenne a plus que doublé, passant de 20.982 à 42.635 habitants t. Cette poussée de croissance est indéniable. Elle a frappé les contemporains et le Tableau de la situation des Etablissements français dans l'Algérie lui a consacré une mention spéciale. Il note que, dans la seule année 1845, la population d'Alger s’est accrue de 10.933 habitants ?. L'arrivée de Bugeaud et le passage de l’occupation restreinte à la conquête étendue, l’importance prise par Alger comme ville et comme base militaires ont encouragé la spéculation sur les terrains et les constructions % et attiré toute une population composite

marquait la volonté des Français de rester en Afrique. En cette année 1835, il y eut, d’août à octobre, une épidémie de choléra qui fit plus de 4 500 victimes, principalement dans la population juive. Elle ne parait pas avoir ralenti l'immigration, bien que le Gouvernement général déclare que « la peur du choléra a déterminé un grand nombre d’Européens à quitter Alger ». Lettre à l’Intendant civil du 14 août 1835). Si les Francais ont pu être intimidés, les Espagnols ne l’ont pas été. (Pop. française : 1835 : 3.205 ; 1836 : 3.625. Pop. espagnole : 1835 : 1.418 ; 1836 : 3.255). Sur cette épidémie voir Arch. Nat. F80 659, 1. Population européenne d’Alger de 1830 à 1845 :

1880222602 h. 1836.... 9094h. 1842,... 26754 h. 1831....3228 1827-0082 1843.... 26423 1832.... 4858 1838.... 12008 1844.... 33714 1835 "Fe -0 716 1839.... 14434 1845.... 42635 1834.... 6373 1840.... 15445

2. Tableau de la situation, etc., 1844-1845, p. 63. 3. Voir p. 239.

où figurait une main d'œuvre considérable, française et espagnole surtout.

Les années 1846 à 1849 furent « douloureuses », suivant l'expression même des documents officiels ?. Le développement exagéré des spéculations dans la ville et dans la plaine de la Mitidja fut suivi d’une crise qui fit refluer vers l’Europe — ou même vers l'Amérique — toute la population flottante attirée par cette prospérité factice. Plusieurs autres circonstances y contribuèrent. Alger, qui déjà depuis 1844, perdait, au profit d'Oran, une partie de son importance comme base de ravitaillement de nos armées, souffrit des succès mêmes de la pacification ; la révolution de 1848 en Europe jeta le trouble dans les affaires ; une épidémie de choléra sévit enfin en 1849, particulièrement sur le faubourg ouvrier de Bab-el-Oued ?. Les recensements postérieurs à 1845 accusent ainsi une chute impressionnante, dont Alger sera long à se relever ; car pour trouver un chiffre de population européenne voisin de celui de 1845, il faut aller jusqu’à 1881 3%. Elle paraît être tombée en 1847, à moins de 30.000 habitants 1. Cette régression s’est

1. Tableau de la situation, o. c., 1846-1849, p. 88-90. Aux causes que nous indiquons dans le texte, on ajoute l'insurrection de 1845-46 et la découverte des mines d’or de Californie qui aurait poussé l’émigration européenne « irrésistiblement » vers l'Amérique.

2. Arch. Nat. F80 658. Après avoir «sévi cruellement dans les hôpitaux de Mustapha et du Dey », en sept. 1849, le choléra reparut en 1850 à Bab-el-Oued, dans la colonie espagnole de la cité Bugeaud. Les rapports officiels signalent par ailleurs que l’épidémie n’a guère arrêté que l’immigration française (Arch. Nat. K80 707).

3. En 1876, le recensement donne le chiffre de 34.597 ; en 1881, celui de 45.185 qui dépasse légèrement celui de 1845 (42.635).

4. Nous ne trouvons dans le Tableau de la situation que les chiffres relatifs au district, lequel comprend, avec Alger, 14 communes. Mais on nous dit

d’ailleurs poursuivie, mais probablement pour deux raisons nouvelles. Il semble bien que l’Oranie pacifiée ait exercé une attraction qui détourna vers l'Ouest le courant de l’immigration. Les documents officiels enregistrent depuis 1848: ses progrès constants. Ils notent également la dispersion dans les campagnes des chômeurs qui ne trouvent plus de travail dans la ville? Ces deux explications paraissent très acceptables. En tous cas, nous possédons les résultats d’un recensement où Alger-ville et ses faubourgs, c’est-à-dire Bab-el-Oued et Bab-Azoun-Isly sont mentionnés à part, celui du 28 février 1853 3 ; depuis 1846 et dans la suite jusqu’à 1856, ils ne nous

fournissent que les chiffres du district, puis de la commune

(Tableau de la situation, 1846-1849, p. 90) que la province a perdu, de 1846 à 1850, plus du quart de sa population européenne et que « la perte serait bien plus sensible, si l’on ne tenait pas compte du contingent des colonies agricoles »; elle approcherait donc du tiers pour une ville comme Alger. On ajoute que, en 1847, plus de 12.000 étrangers ont quitté la province, « en grande partie des ouvriers mahonnais que les travaux de construction avaient attirés à Alger ». On peut donc admettre que la capitale a perdu de 12.000 à 15.000 étrangers et français émigrants.

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