‹ Alger: Étude de Géographie et d'Histoire urbainesChapitre 272 sur 465 · Voir p · texte numérisé non relu

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3. Le tonnage métrique des vins exportés par le port d'Alger est passé de 377.635 tonnes à 549.626 tonnes (Ponts et Chaussées. — Port d'Alger,

années 1912, p. 20).

de 8.000. C’est donc bien de 1881 que date vraiment l'essor de la colonisation urbaine d’Alger et de Mustapha qu'on ne peut plus dès ce moment séparer de la ville mère dans une étude telle que celle-ci. Or les chiffres totalisés d’Alger et de Mustapha : révèlent depuis cette date deux ralentissements bien marqués. Le premier, sensible par la comparaison des chiffres de 1901 et de 1906 et de l’excédent (+ 4283) avec ceux des périodes quinquennales précédentes (+ 13.678, + 11.375, + 8.770) est sans doute explicable par l'intensité même de la poussée subite des années antérieures, mais aussi par la crise de mévente qui à gravement atteint, entre 1901 et 1906, le commerce des vins et l’agriculture algérienne. Après une reprise vigoureuse (+ 13.902) il y a une nouveau ralentissement de l'allure de 1911 à 1926, surtout pour la dernière période quinquennale ; on en trouve la raison dans les événements et les pertes de la guerre, et dans la crise consécutive des changes qui a éloigné d’Alger un contingent important d'étrangers, principalement d’Espagnols ?.

1. Population européenne totale d'Alger et de Mustapha, de 1881 à 1926. (Pop. mun.)

Différences Différences Différences 1881.. 56705 h. 1896.. 85545 h.| +11375 | 1911.. 112500 h.| +13902 1886.. 60492 + 3787 | 1904.. 94315 + 8770 | 1921... 131331 18831 1891 74170 +13678 | 1906.. 98598 —+ 4283 | 1926... 137836 + 6505

2. En 1926 en effet, le nombre des étrangers est en diminution de 5.962 sur le chiffre de 1921. Or,entre les recensements précédents, et malgré l’absorption d’une partie de cette population par suite de la loi de 1889 sur la naturalisation automatique, on constate, sauf entre 1901 et 1906, une augmentation du nombre des étrangers : de 1891 à 1896, + 2.540, de 1896 à 1901, + 2.989, de 1906 à 1911, + 3.880, de 19114 à 1921, + 5.864. Le ralentissement observé en 1926 dans la progression de la population européenne totale est

On éprouve beaucoup plus de difficulté à étudier le mouvement de la population indigène, musulmane et israëlite, surtout pendant les cinquante premières années qui ont suivi notre occupation. On ne dispose même pas d’une base solide, d’un point de départ bien fixé : les résultats des premiers recensements sont déjà entachés d’erreur !. Dans la suite, quelle confiance attribuer à des chiffres que les autorités supérieurs ellesmêmes déclarent manifestement faux ? En 1853, le Gouverneur Général, transmettant au Ministre de la Guerre le tableau de la population d’Alger, ne craint pas de signaler une erreur d’au moins 4.600 habitants dans le dénombrement des Indigènes musulmans ; il ajoute : «Le peu de soin apporté par l’autorité locale dans cette circonstance est fort regrettable 2 ». D'une manière générale, on est autorisé à croire que les chiffres sont au-dessous de la réalité, étant donné la tendance bien connue des Indigènes à dissimuler en pareil cas, l’inexistence à peu près complète de l’état civil indigène et l’impossibilité d’un contrôle quelconque. On est donc tenu à une extrême prudence ; elle est peut-être moins justifiée pour l’élément israëlite, à partir du moment où cette population est entrée

évidemment dû à une faible immigration et même à des départs nombreux. Car, par l’excédent des naissances sur les décès, elle a réalisé un gain de 4.410 habitants (Dr Lemaire, 0. c., 1922, 1925, 1927) sur un gain total de 6.505, alors que malgré la guerre et de faibles excédents de natalité de 1911 à 1921 (5.327) le gain total avait été de 13.504 habitants.

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