‹ Alger: Étude de Géographie et d'Histoire urbainesChapitre 271 sur 465 · Voir p. 221 note · texte numérisé non relu

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4. Abbé Burzet. Histoire des désastres de l Algérie, 1866-1867-1868, Alger,

un relèvement, mais bien léger !. Alger-ville compte à cette date 32.564 Français et étrangers : c’est un gain de 5.000 par rapport à 1856 ; en dix ans une forte natalité aurait pu suffire à le réaliser. Un mouvement de progression se dessine à partir de 1872. Un meilleur régime de colonisation favorise la mise en valeur de lParrière-pays ; les événements du Sud de l’Espagne en 1873-74 déterminent une émigration importante vers l’Algérie. Il faut cependant attendre la période de 1876-1881 pour trouver un accroissement vraiment notable.

C’est que la date de 1880 marque dans l’histoire économique de l’Algérie le début d’une ère de prospérité dont Alger ne pouvait manquer de ressentir les heureux effets. Au premier rang des causes qui l’expliquent il faut placer l’importance prise par la culture de la vigne, comme culture d'exportation. La catastrophe qui, vers 1875, ruina les départements viticoles du Midi de la France, précipita d’une manière inattendue le développement de cette culture en Algérie. Le Sahel d’Alger, la Mitidja, le plateau de Médéa, les pentes du Zaccar, se couvrirent de cépages ? ; d’où afflux de vignerons français, afflux

1. Population européenne d’Alger, ville et faubourgs de 1856 à 1881.

1856.... 27360 h. 1866.... 32564h. 1881.... 45185 h. 1858.... 32417 1872.... 31442 GLS NIUE 1876 3:597

Nous défalquons naturellement à partir de 1872 la population israëlite naturalisée par le décret Crémieux.

2. En 1878, la surface plantée, dans le département d’Alger, était de 7.098 hectares, en 1883, de 16.946, en 1896, de 45.648 (P. Delorme. Le commerce algérien, Alger, 1906, t. I, p. 8-9). Entre 1881 et 1882, la production saute de 182.209 hectolitres à 317.222 ; en 1888, la récolte dépasse un million, en 1895 elle atteint plus de 2 millions. Les exportations suivent ce mouvement ; à partir de 1885, elles l’emportent définitivement sur les importations (idem., p. 324).

de main-d'œuvre espagnole et italienne, afflux de courtiers et de marchands, afflux de tous les commerces et de toutes les industries qui gravitent autour de la vigne. Alger en a reçu un appoint considérable de population. En outre, une ère nouvelle d'activité s’est également ouverte alors dans la poursuite des grands travaux publics, ports, routes et chemins de fer. Toute une population flottante d'ouvriers est entrée par la capitale. y a séjourné, a fini même par s’y fixer partiellement, encouragée par la prospérité renaissante des industries des bâtiments et des transports, par les ressources que la capitale offrait à la main d'œuvre féminine, par la multiplication des petits commerces, par l'exemple contagieux des compatriotes et des parents déjà établis. Ainsi s’est accrue notamment la colonie espagnole d’Alger.

À partir de 18811, s1 l’on reste dans les limites d’Alger intra-muros et de Bab-el-Oued, on constate évidemment une progression remarquable, puisque la population européenne y a augmenté, entre 1881 et 1926, dans la proportion de 66 %. Mais cette montée n’est pas continue, il y a des temps d’arrêt, voire même un fléchissement suivi du reste d’une accélération subite. Pour interpréter les résultats des recensements quin-

1. Population européenne d’Alger intra-muros et Bab-el-Oued de 1881 à 1926.

1886.... 45273 1901.... 60347 192182872585 LOS 527LE 1906.... 58389 19207 7-275192

Le chiffre donné pour 1911 a été calculé par nous. Ne pouvant disposer des documents de détail, nous n’avons pu évaluer exactement la population israëlite ; nous avons donc calculé son accroissement moyen en 5 années d’après les données précises connues de 1906 et de 1921 et nous l’avons retranchée du total de la population française de 1911.

quennaux, il faut désormais regarder au-delà de ces limites purement administratives. Une nouvelle ville a en effet grandi aux portes d'Alger ; c’est Mustapha qui exerce une attraction de plus en plus forte, notamment sur la population française, resserrée et mal à l’aise entre les murs de la vieille ville. En comparant les recensements des deux voisines, on s’aperçoit qu’à une période de stagnation complète d’Alger, entre 1881 et 1886, correspond un gain de plus de 3.600 habitants pour Mustapha ! (population européenne bien entendu). De même, entre 1896 et 1901 où pour une différence de 2.500 habitants à Alger, il y en a une de plus de 6.000 à Mustapha. Entre 1901 et 1906, Alger a perdu 2.000 Européens, Mustapha en a gagné plus de 5.500. Ce sont là des faits que l’on pourrait qualifier de complémentaires. Si l’on constate à Alger quelque forte poussée de croissance, de 1886 à 1891, de 1901 à 1911, on peut être sûr que le même fait s’est produit dans la ville voisine, et pour les mêmes causes. La date de 1886, c’est le début des exportations de vins, c’est l’organisation de la relâche et du commerce du charbon de soute ? ; 1906-1911, c’est une série d'années de prospérité agricole, industrielle et maritime #. Le chiffre des Européens fait à Alger des bonds de 7.500 et de 6.300 habitants ; à Mustapha de plus de 6.000 et de près

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