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population de 1854 à 1881, le reflet des variations de celle d'Alger, avec la même reprise de croissance en 1866 et la même stagnation jusqu’au recensement de 1881. Le fait le plus remarquable est la poussée qui s’est produite entre 1881 et 1896, avec un gain de 131 %. Il est intéressant de noter qu’elle explique pour la plus grande part l’accroissement de la population européenne d’Alger entre ces deux dates! ; nous en avons défini les causes. Par la suite, il y a eu ralentissement, puis à partir de 1911, la croissance se fait dans des proportions supérieures à celles de la commune entière (39% contre 20 % de 1911 à 1921, 41,73: % contre 98 % de 1921 à 1926).
Ce quartier continue donc à se peupler, malgré la raréfaction des immigrants espagnols détournés par la guerre, par la crise des changes et l’attraction de la France du Sud. Deux causes contribuent à soutenir les chiffres de sa population et à compenser les pertes subies de ce dernier chef. Tout d’abord, Bab-el-Oued est, après celui de la Casbah, l’arrondissement où la natalité est la plus forte ; il occupe d’ailleurs aussi le même rang pour la mortalité, notamment pour celle du premier âge 2. La fécondité de la population espagnole d’une part et de l’autre le manque d’hygiène sont deux faits parfaitement notoires, mais en outre, si les excédents des naissances
1. Nous ne possédons pas de données sur le nombre des Indigènes de Babel-Oued à ces deux dates ; mais si l’on en juge par celui de 1901 (348 habitants) il était peu important. On peut en négliger l’augmentation dans la comparaison des recensements de 1881 et 1896. Or le gain de population a été pour Bab-el-Oued de 7.970 habitants et pour la commune entière d'Alger de 12.646.
2. Dr Lemaire, o. c., 1925, p. 89-111. De 1912 à 1921, la natalité a été, à Bab-el-Oued, de 28,3 pour 1.000, la mortalité de 22,8 (pour le 2€ arrt respectivement 33 et 36,3).
sur les décès entrent pour une part dans l’accroissement de la population t, il faut tenir compte aussi, et sans doute encore plus d’une autre circonstance. Cette région de la ville a en effet reçu dans les vingt dernières années de nombreux habitants, Français de nationalité, dont une grande partie sont des Israëlites venus du Centre congestionné ou de l’intérieur du pays. Ce dernier fait est certainement un des plus caractéristiques du développement de Bab-el-Oued dans la période contemporaine ?. En revanche, l’élément étranger a reculé, non seulement par suite de l’absorption continue dans la nationalité française, mais par l’effet d’un véritable exode : c'est la conclusion qui se dégage des résultats du dernier recensement. Alors que, de 1911 à 1921, malgré la guerre et malgré le ralentissement de l'immigration, la population étrangère avait augmenté de près de 2.500 habitants, de 1921 à 1926, le gain est insignifiant (58 habitants) { ; cette chute ne peut s’expliquer que par des départs. L’accroissement de la population totale entre ces deux dates est dû à la population de nationalité française5. Bab-el-Oued est un des exutoires par lesquels la région surpeuplée du Centre peut
1. De 1911 à 1921, ils représentent 1.296 habitants pour un accroissement total de 7.174.
2. Progression de la population israëlite du 5€ arrt de 1901 à 1926 : 1901 : 872 habitants ; 1906 : 1.418 ; 1921 : 3.457 : 1926 : 4.760.
En 1901, elle représentait 5,3 % de la population totale, et en 1926, 16, 6 %,.
3. En 1911, 5.245 habitants ; en 1921, 7.707, soit en plus 2.462 habitants.
4, 7.765 habitants contre 7.707 en 1921.
5. La population française a gagné 2.865 habitants, la population indigène musulmane 74 habitants. Les excédents de natalité de 1921 inclus à 1926 exclus représentent 1.037 habitants. L’accroissement total pour l’arrondissement est de 2.995 habitants.
se dégorger, à la condition que l’on construise sur les terrains qui constituent encore une réserve assez importante.
C’est en effet — nous reviendrons sur ce fait — ce qui se produit depuis que la crise du logement sévit sur Alger. La population dite « éparse » de cet arrondissement s’est accrue d’une quantité assez voisine de celle de la population agglomérée 1. De 1906 à 1921, les grands immeubles de rapport avaient attiré plus de 5.000 habitants ; depuis 1921, près de 3.000 se sont installés dans de petites maisons sur la périphérie ?.
Mustapha est certainement, de toutes les parties de la commune d'Alger, celle qui a connu la fortune la plus éclatante : lors du dernier recensement, c’était une ville de 74.433 habitants, soit plus de 34 % de la population totale d'Alger ; or, en 1881, la proportion n’était que de 15 #5.
De l’examen des statistiques # on peut tirer quelques faits que confirment par ailleurs d’autres documents. L’agglomération que nous appelons aujourd’hui Mustapha et qui fut érigée en commune distincte d'Alger par un décret de 1874,
1. Population agglomérée : en plus, 1.608 habitants ; éparse : en plus 1.387 habitants.