Population de Mustapha de 1844 à
Les chiffres de 1844 et de 1847 ne concernent que la population européenne, La population indigène était d’ailleurs très faible, si l’on en juge par le recensement de 1881 où l’on n’en compte que 636 sur 12.279 habitants.
a été formée par la réunion de plusieurs unités, plus ou moins définies, dont les deux plus anciennes, l’Agha et Mustapha (Inférieur et Supérieur), ont pris naissance en bordure des routes de Constantine et de Laghouat. De 1860 à 1870 se sont constitués de nouveaux groupes, tels que le Village d’Isly, le quartier Julienne et le Ruisseau, qui sont mentionnés à part pour la première fois dans le recensement de 1872. Jusqu’à cette date, la croissance de cet ensemble n’a pas été très-rapide ; d’ailleurs le recul observé après 1847 est dû beaucoup moins à la crise du bâtiment qui a dépeuplé Alger et Bab-el-Oued qu’à la diminution de la garnison, conséquence des progrès de la conquête et de la pacification. Car l’Agha, qui était le faubourg principal, vivait avant tout du roulage et des établissements militaires de Mustapha. Au demeurant, de par sa situation, Mustapha, dans l’ensemble, a conservé toujours, du moins depuis 1847, une population supérieure à celle de l’autre faubourg, de Bab-el-Ouedt, L’hivernage, d’une part, qui attirait vers les coteaux quelques commerces, et d'autre part la culture maraîchère dont la plaine du Hamma était encore un des principaux centres, contribuaient à y maintenir un certain peuplement,
À partir de 1872, on observe un accroissement progressif qui ne va plus s’interrompre. Des industries nouvelles s’installent le long de la route de Constantine ; l’une d’elles, la tonnellerie, est née du développement de la viticulture. En outre et de plus, Alger déverse sur sa banlieue du Sud le trop
4. Il est fort possible qu’en 1845 ou 1846, elle ait été inférieure. Ces deux faubourgs avaient alors des caractères très différents, Bab-el-Oued comme quartier ouvrier, Mustapha comme quartier de petits commerçants, débitants, restaurateurs, tenanciers de guinguettes, marchands de comestibles.
plein de sa population. Entre les recensements de 1881 et de 1886, le quartier d’Isly, dont la population était supérieure à celle de la commune voisine, cesse de pouvoir rivaliser avec elle? et l’on constate que les immeubles y sont dépréciés. Le peuplement de Mustapha s’accroît bientôt plus vite que celui d'Alger ?, y compris Bab-el-Oued. Le gain est d'environ 7.000 habitants d’un recensement à l’autre ; entre 1906 et 1911, il a dépassé 10.000. De 1886 à 1911, la population a plus que triplé. Nous avons vu dans le livre précédent, comment la suppression partielle des fortifications et la livraison aux constructeurs de vastes terrains militaires ont favorisé l’exode des habitants d'Alger vers son ancien faubourg, et comment aussi la création d’un réseau de tramways électriques a produit ici les mêmes effets que dans toutes les grandes cités modernes.
Il est impossible de suivre, sauf dans les dernières années, les variations de population des différentes parties de Mustapha ; les documents sont insuffisants. Nous avons pu du moins, en tenant compte des changements survenus dans la délimitation des arrondissements, établir quelques compa-
1. En 1881, on note 13.050 habitants pour le quartier d’Isly et 12.279 pour Mustapha. En 1891, la proportion est renversée : 18.939 habitants d’un côté et 23.470 de l’autre.