‹ Alger: Étude de Géographie et d'Histoire urbainesChapitre 331 sur 465 · Soit 2.354 contre · texte numérisé non relu

Soit 2.354 contre

2. Population des naturalisés et des étrangers de 1906 à 1921 à Hussein- Dey :

Naturalisés Etrangers Total Européens LI0 GMA 1.403 1.872 3.275 5.045 AIT AN 1.628 2.089 3.717 5.643 AIATESE 1.980 2.249 4.229 6.221

À cette dernière date, on recense 4.977 Français d’origine. Il est arrivé

souvent que des étrangers fils de naturalisés ont déclaré être Français d’origine.

cette dernière date, il y avait autant de naturalisés que de Français d’origine, en admettant bien entendu que cette dernière dénomination ait été toujours appliquée justement, ce dont il est permis de douter. On s’explique qu’il en soit ainsi, si l’on songe que le premier peuplement européen fut essentiellement espagnol t, et que le développement de l’industrie a eu toujours pour effet en Algérie d’attirer des ouvriers étrangers plutôt que des Français. En 1856, il y avait dans la commune de Hussein-Dey 764 étrangers pour 328 Français, en 1866, 1.150 d’une part et 448 de l’autre, en 1876, 1.214 et 424, en 1886, 1945 et 744, en 1896, 2.387 et 1.192 parmi lesquels il faut supposer un certain nombre de naturalisés en vertu de la loi de 1889. Le ralentissement de l’immigration, entre 1921 et 1926, s’est fait ceitainement sentir ici plus que dans les autres communes de la banlieue d’Alger ; l'absorption des étrangers par la naturalisation automatique ne suflit pas à expliquer la chute du chiffre ?, sensible surtout dans la portion agglomérée qui a perdu 784 unités. Il s’agit évidemment de cette main d'œuvre instable que nous avons déjà reconnue dans Alger même ; l’élément italien a presque seul contribué au fléchissement des chiffres ?.

Quant à la population indigène, elle est manifestement en

1. En 1856 on compte dans la commune 648 Espagnols contre 328 Français. 2. Population étrangère agglomérée et éparse de la commune de Hussein-

Dey en 1921 et 1926 :

1921 Agglomérée.... 2.098 Éparse.. 155 1926 id. Es 1.314 id. 178 Comparaison........ — 784 238

3. En 1921, les Italiens de la commune sont 991 ; ils ne sont plus que 272 en 1926.

voie d’accroissement, aussi bien dans l’agglomération qu’au dehors. Deux dates de recensements sont particulièrement notables à ce point de vue : 1891 et 1911 ; depuis la première, elle a plus que triplé :. En 1926 on constate que la moitié des indigènes de la commune est répandue dans les fermes, et l’on y rencontre beaucoup de Kabyles originaires des communes de Sidi Aïch, d’Azeffoun, de Palestro et de l’Oued Marsa. Seuls les Musulmans sont plus nombreux hors du centre que dans la ville, qui, même à l’état de village, n’en a jamais contenu beaucoup. Hussein-Dey est de toutes les communes limitrophes d'Alger celle où 1ls sont en plus faible minorité ? ; mais il est fort à croire qu’ils ne manqueront pas ici comme ailleurs — et sans doute les chiffres témoignent-ils de ce mouvement — de prendre progressivement la place laissée libre par la main d'œuvre étrangère, voire même de l’évincer.

Bien qu’il subsiste encore un intervalle non bâti entre les dernières maisons agglomérées de Hussein-Dey (Nouvel Ambert) et les premières de Maison-Carrée, on ne peut passer sous silence, quand on parle de la banlieue d’Alger, une petite ville, dont la population dépasse aujourd’hui 11.000 habitants (11.529 en 1926) et que son marché comme ses industries

1. Population indigène musulmane de Hussein-Dey de 1851 à 1926 : 1851.. 239h. 1872. 278h. 1891:. 612h, "1911.. 1.066 h.

1856.. 242 1876. 352 1896. 666 1921.. 1.653 | 88 412 l'ép. 1.241 1861.. 233 1881. 374 © 1901.. 756 1926.. 41.967 88: 511 { ép. 1.427

2. Ils représentent en effet à Hussein-Dey 18 % de la population totale, 23 % à Saint-Eugène, 25 % à El Biar, 29 % à Birmandreis, 37 /, à Bouzaréa, 48 % à Kouba.

rattachent étroitement à la capitale et à son port. Il s’agit en effet de l’agglomération la plus forte des environs immédiats

d'Alger.

Elle est née cependant la dernière et ses débuts ont été particulièrement lents et difficiles. En 1856, lorsque fut organisée la commune de la Ressauta !, 1l n’y avait encore que 65 Européens formant un petit hameau, sur la rive droite de l’Harrach, au pied de l’ancien bord] ture ? que nous avions occupé dès 1830 et réarmé pour défendre le passage de la rivière et surveiller la partie Est de la Mitidja. L’insécurité et l’insalubrité ÿ en avaient jusqu'alors à peu près complètement interdit le peuplement. Le décret du 22 août 1861 fut l'acte de naissance du village de Maison-Carrée, considéré comme centre-annexe de la Ressauta ; la population agglomérée n’était cependant alors que de 216 habitants 4. Mais l’année suivante, un arrêté préfectoral du 27 novembre 1862, d’une bien plus grande importance, y instituait un marché de bestiaux fixé au vendredi de chaque semaine 5. Maison-Carrée est certainement redevable de sa prospérité à cette décision administrative. De 1862 à 1870, la population de la commune

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