‹ Alger: Étude de Géographie et d'Histoire urbainesChapitre 59 sur 465 · Laugier de Tassy, o. c. p · texte numérisé non relu

Laugier de Tassy, o. c. p

4. Dr Shaw. Voyage dans la Régence d’ Alger, trad. Mac-Carthy, Paris, 1830. L'édition anglaise date de 1738 (Travels and observations, Oxford). — Voir aussi À. Devoulx, o. c. p. 394.

barques de 18, 22, 30 canons et deux galiotes 1. La course continue cependant, au détriment des Espagnols, des Gênois, des Napolitains, des Toscans, des Grecs, des Portugais, des Danois. Mais le registre des prises accuse la diminution des bénéfices ?. Entre les années 1765 et 1792, la valeur maxima représente 581.580 francs, et l’on compte neuf années où elles n’ont même pas atteint 100.000 francs. Il est vrai qu’il y eut une sérieuse recrudescence de la course dans les dernières années du siècle, à la faveur des guerres qui occupaient les puissances européennes. De 1793 à 1801, la valeur des prises atteint des chiffres inconnus pendant tout le xvrrr ; la marine Algérienne s’est relevée; elle compte, au commencement du xix® siècle, 30 navires dont trois frégates de 44 canons, elle a trouvé un chef redoutable, le reïs Hamidou, enfant d'Alger, dont les exploits se sont poursuivis jusqu’en 1815 %. Les pays Italiens ont été particulièrement éprouvés.

1. Venture de Paradis, o. c. p. 6. Il ajoute, il est vrai, que l’on a décidé, après les bombardements des Espagnols en 1784 et en 1787, de construire 60 chaloupes canonnières et 40 chaloupes bombardières. Celles qui sont construites pourrissent dans les fossés de Bab-el-Oued. Voir aussi G.-T. Raynal. Histoire philosophique et politique des établissements et du commerce des Européens dans l’ Afrique septentrionale, 2 vol. Paris, 1826. Manuscrit publié par Peuchet, mais qui date de 1788, tome Il, p. 124-127, « Faute de pâture, nul particulier ne fait plus d'armement en course ».

2. Albert Devoulx. Le registre des prises maritimes. Revue Africaine. XV et XVI. Alger, 1871-72. En 1771, 4.350 francs de prises.

3. Idem. En 1793, 1.352.317 francs, en 1794, 1.204.366 francs, en 1797, 1.294.269 francs, en 1798, 1.510.528 francs, en 1799, 1.583.482 francs. À partir de 1800, on tombe à des chiffres très-inférieurs, sauf en 1812 et en 1814. En 1826, on ne trouve mentionnés dans les registres que 106.681 francs.

4. Ernest Mercier, o. c., tome III, p. 454, 461, 478, 490 et Albert Devoulx. Le Raïs Hamidou. Alger, 1858.

Il n’en est pas moins vrai que Boutin, en 1808, considérait la marine algérienne comme « nulle pour nous » 1. En 1830, on ne trouva dans le port que trois grandes frégates, dont une en construction, deux corvettes, dix bricks ou goelettes, quelques chebeks et trente-deux chaloupes canonnières ?. Le nombre des esclaves chrétiens avait également diminué, Venture de Paradis en compte près de 2.000 5 ; mais les rachats et les ravages de la peste avaient réduit ce chiffre en 1788 à environ 800, dont 600 résidaient dans la ville. Ils ne suflisaient plus à éxécuter les travaux publics {. Après les campagnes fructueuses de 1793 à 1815, la course en fournit un nouveau contingent. Cependant en 1816, lord Exmouth n’en trouve que 1.642 qu'il délivra 5. En 1830, il n’y en avait que

1. Boutin, o. c., p. 48. Il compte 3 frégates de 50, 46 et 44 canons, 7 chebeks, 10 chaloupes canonnières pontées, 50 non pontées et quelques petits bateaux.

2. Rozet, o. c., IIT, p. 384. Deux frégates, envoyées en Grèce, ne purent rejoindre Alger à cause du blocus. L'auteur note que lors du bombardement de 1816, le port abritait 4 frégates de 40 à 50 canons, 1 de 38, 4 corvettes de 20 à 30, 12 bricks et goëlettes, 30 chaloupes canonnières.

3. Venture de Paradis, o. c., p. 3. Il comprend en effet dans ce chiffre les chrétiens libres fort peu nombreux et déclare (p. 51) qie l’on ne doit plus en fait compter que 500 esclaves.

4. Il est mort, en 1787 seulement, 613 chrétiens, sans compter ce qui dut périr dans les jardins » (G. T. Raynal, o. c., II, p. 112) Von Rehbinder donne un tableau très précis des décès de mars à juillet ; on y compte 540 chrétiens (III, p. 289). En 1785, selon lui, il y avait 2.000 esclaves ; mais 500 ont été rachetés par l'Espagne et le royaume de Naples, 700 sont morts de la peste, quelques-uns ont été affranchis. Il estime qu’en 1788, il n’en reste guère que 800. C’est le chiffre que donne aussi Raynal (IT, p. 133). Or la Régence avait besoin pour ses travaux de 1.200 à 1.500 (Mém. sur Alger du consul de Kercy (Boutin, o. c., p. 104).

5. T. L. Playfair. Episodes de l’histoire des relations de la Grande-Bretagne

1221, L’odjak même était tombé au chiffre de 6.000 habitants à la fin du xviri siècle ?, en ne comptant il est vrai que les Turcs, qui se renouvelaient de plus en plus difficilement 3.

Ainsi Alger avait singulièrement déchu de son importance, depuis le début ou tout au moins depuis le milieu du xvrrre siècle. La décadence de la course, avec laquelle coïncide d’une manière évidente la diminution de la population et des forces de la Régence, n’en est cependant pas la cause unique. Durant cette période en effet, deux fléaux redoutables 4 l’ont éprouvée à plusieurs reprises : la famine et la peste ; et ils s’accompagnèrent presque toujours. Ils n’y étaient certes pas inconnus auparavant ; mais ils paraissent bien avoir sévi avec une fureur croissante 5. En juin 1740, la peste, apportée d’Alexandrie, fait périr dans la première semaine 1.000 personnes et

avec les Etats Barbaresques avant la conquête française. Revue Africaine. XXIV, 1880, p. 32. Dans le dénombrement, on trouve 1.110 Napolitains et Siciliens, 174 Romains, 226 Espagnols et seulement 2 Français.

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