Rozet, o. c., III, p
2. Raynal, (0. c., II, p. 120) parle de 10.000 hommes, mais ne compte que 6.000 Turcs dont beaucoup sont hors d'Alger. Boutin (0. c., p. 45) estime les forces d'infanterie de la Régence à 15.000 hommes au « grand maximum » dont 5.000 Kouloughlis et Zouaouas.
3. Il vient encore cependant quelques recrues d’Anatolie par Smyrne (Raynal, IT, p. 130).
4, Il est à noter que les bombardements, d’ailleurs rares au xvurr® siècle, ne faisaient jamais que peu de victimes. Celui de Duquesne, en 1682, détruisit une centaine de maisons, deux ou trois mosquées et tua 1.000 personnes. Celui de Tourville atteignit fort peu la population. Celui de Lord Exmouth tua 1.500 personnes.
5. Adrien Berbrügger. Mémoire sur la peste en Algérie depuis 1552 jusqu’en 1819. (Exploration scientifique de l’Algérie, IT. Paris, 1847) et de Grammont (o. c., p. 297, 306, 310, 339, 378). Selon Haëdo (Top. XL, p. 461) la peste apparaissait à Alger « tous les dix, douze ou quinze ans, apportée par
pendant le premier mois 300 à 400 par jour ; l’épidémie dura trois ans !. Elle avait suivi une période de sécheresse et de famine, de 1734 à 1737, qui, affaiblissant la population, lui enlevait toute force de résistance au mal. En 1752 commence, pour durer quatre ans, une nouvelle série de pestes et de disettes ; il meurt jusqu’à 1.700 personnes en un mois. En 1755 apparaît une autre calamité déjà éprouvée par la ville, le tremblement de terre, dont les secousses s’espacent sur deux mois ?; les aqueducs sont coupés, les habitants manquent d’eau. Jamais Alger n’a connu à la fois autant de souffrances, car il s’y ajoute encore les incendies, les pillages qui les accompagnent, les attaques des Kabyles qui en 1767 arrivent jusqu'aux portes de la ville et en interceptent le ravitaillement, les sauterelles qui dévorent les récoltes ; tous les malheurs s’abattent ainsi à la fois sur la capitale, qui ne connaît de répit qu’en 1773. Avec l’année 1787, la peste reparait, plus terrible que jamais. « La population d’Alger est réduite à moins de cinquante mille habitants, écrit l'abbé Raynal en 1788, depuis que suivant le relevé fait aux portes de la ville, la peste de 1787 lui enleva 14.334 musulmans, 1.774 Juifs, 613 chrétiens des navires » ; aucune précaution n’était prise contre l’invasion du fléau. Le fléau a sévi à Alger, en 1620, de 1639 à 1643, de 1648 à 1650. Suivant un mémoire cité par Paul Masson (0. c., p. 154, note) la ville aurait été fortement dépeuplée par la peste de 1661 à 1663 (on l’appela la « haboubat el q'ouïa », la « forte peste ») au point d’être réduite à 4.000 feux. Il fallait évidemment
une forte immigration pour combler les vides. Au xvir® siècle, cet apport manqua.