Tollot, 0. c., p
3. Venture de Paradis, 0. c., p. 27 et suivantes. Il cite parmi les marchandises importées de Marseille, le sucre, le café, le fer, la grenaille, le papier, la quincaillerie, dont beaucoup de peignes et de cardes usagées, des soies, de la girofle, des liqueurs, de la cochenille, des draps fins de Sedan, des soieries de Lyon, des mouchoirs de soie de Nîmes et de la Catalogne. Du Levant, il vient tous les produits déjà mentionnés et de la corne de buffle que des artisans indigènes tournaient encore à Alger jusqu’à ces dernières années pour fabriquer surtout des bracelets ; cette industrie curieuse a presque totalement disparu. (Voir Paul Eudel. L’orfèvrerie algérienne et Tunisienne. Alger, 1902, p. 221-226). Sur les causes de la décadence voir H. Klein, 0. c., IV, p. 68-70.
de la guerre d'Amérique. Et-ce sont encore des chiffres bien maigres que cite cet auteur, quand il estime les importations de Marseille, de Livourne et du Levant, les trois sources principales du trafic : 700 à 800.000 livres, 1.000.000 de livres, 200 à 300.000 livres respectivement, soit un total de 1.900.000 à 2.100.000 livres.
S1 Marseille a pris la tête du commerce d’exportation à cette époque, on voit que le premier rang pour l'importation est occupé par Livourne. Le port toscan rassemble en effet et expédie non seulement tous les produits de l'Italie, mais encore des marchandises d'Allemagne, et même des articles d’origine lointaine, telles que les épices et les mousselines des Indes 1. Par là se mamifeste la prédominance du commerce des Juifs, maîtres de cette place et de celle d'Alger, d’autant que, par surcroît, la moitié seulement des marchandises venues par Marseille passe par la « Maison Française », le reste allant aux Juifs et aux Maures. Bien que Paret, successeur du Marseillais Gimon, ait obtenu en 1818 le privilège exclusif d’avoir un établissement de commerce à Alger, qui subsista jusqu’en 1827 (maison Jobert-Arnaud) ?, 1l apparaît bien que les guerres
1. G. T. Raynal, (o. c., p. 130 et suivantes) cite comme arrivant par la Toscane, c’est-à-dire de Livourne, les draps d'Angleterre, les « dorures de Florence, les verroteries de Venise », les quincailleries d'Allemagne, les mousselines et autres produits des Indes, le bois de campêche du Brésil, la garance, l’acier, quelques vases en métaux précieux. Il estime ces importations à 1.000.000 de livres, tout comme Venture de Paradis. Livourne recevait, selon lui, d'Alger, 100.000 francs de plumes d’autruche, 100.000 écus en lettres de change sur l’Europe et l’Asie, 400 ou 500.000 francs en piastres. Notons à ce propos que Raynal ne fait pas ici mention du commerce des prises de corsaires ; au moment où il écrit, ce trafic est évidemment réduit à fort peu
de chose.
2. Albert Devoulx. Relevé des principaux Français qui ont résidé à Alger
de l'Empire ont été, ici aussi, fr1nestes aux affaires de notre port méditerranéen. Elles rencontraient d’ailleurs à Alger, outre la concurrence des Européens et des Juifs, celle des Maures qui avaient progressé dans les premières années du xixe siècle !, Aussi le trafic est-il insignifiant. En 1823, il n’est venu de Marseille qu’un seul brick de 131 tonneaux ; en 1824, un brick de 148 tonneaux et une bombarde de 93 tonneaux, en 1825, une bombarde de 149 tonneaux, et un brigantin de 100 tonneaux provenant de Beyrout. En 1826, le corps de la «nation de France » est réduit à cinq personnes, dont le négociant Jobert ; il arrive en cette année une bombarde de 107 tonneaux et un brick de 170 ?.
Les autres pays européens étaient certainement plus heureux. Si l’on en juge par le tableau, déjà mentionné, que le consul Shaler nous donne pour le commerce de tout le royaume . d’Alger en 1822, l'Angleterre est au premier rang des importa-
teurs, avec 500.000 dollars d'Espagne, sur un total de 1.200.000. Encore faudrait-il ajouter une bonne partie du chiffre attribué à l'Espagne, qui expédie beaucoup de produits des manufactures anglaises ?. Alger dut sans doute à cette époque recevoir une certaine quantité de fer et d’acier de la Grande-Bretagne,
de 1686 à 1830. Revue Africaine, XVI® année, numéros 95 et 96. — On y trouvera une histoire succincte de cette maison depuis 1749.
1. Idem, p. 447-449. W. Shaler (0. c., p. 77) signale le fait et l'existence de « plusieurs maisons de commerce maures régulièrement établies, qui jouissent d’un crédit à l’étranger. Les Juifs d'Alger avaient été, selon lui, très atteints dans leur fortune, sans doute après le massacre de 1805 et l’exode qui suivit. Les Maures avaient même pris pied à Marseille, à côté des Juifs ; ils y avaient un lieu de prière au «Plan Major» (Paul Masson, o. c., p. 584).