‹ Alger: Étude de Géographie et d'Histoire urbainesChapitre 76 sur 465 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

LAWILLE DESETURCS

À l’appui des nombreuses descriptions qui nous en ont été faites depuis le xvr® siècle, les gravures antérieures à la conquête et les dessins exécutés au lendemain de l’occupation française ! nous permettent de reconstituer facilement les aspects extérieurs et intérieurs de la ville ancienne. Au demeurant, 1l subsiste encore dans la partie haute de l’Alger moderne, et çà et là dans quelques îlots voisins de la mer, beaucoup de rues qui ont conservé, avec leurs maisons indigènes, la physionomie du temps passé ?.

1. Nous nous contenterons de renvoyer aux albums et aux livres suivants qui sont les plus faciles à consulter : E. Lessore et W. Wyld. Voyage pittoresque dans la Régence d'Alger exécuté en 1833. Paris, 1835. — Adolphe Otth. Esquisses africaines dessinées pendant un voyage à Alger. Berne, 1838. — Adr. Berbrügger. Algérie historique, pittoresque et monumentale. Paris, 1848. — Arnold Vollenweider. Alger ancien et nouveau. Alger, 1903. — Guiauchain. Alger. Alger, 1905. — Henri Bourgain. Alger au lendemain de la conquête française. Alger, 1912 (rare : un exemplaire est à la Bib. Nat. cabinet des estampes. Vh 15e). — Gabriel Esquer. Iconographie historique de l’ Algérie (collection du Centenaire de l’Algérie). Paris, 1929.

2. La partie Sud de la Casbah est la mieux conservée. Les abords de la Bibliothèque nationale, quelques rues voisines, d’autres situées dans le quar-

Le triangle qui constituait la cité des corsaires est encore nettement discernable, lorsqu'on contemple Alger de la mer ; la blancheur des maisons de la Casbah qui en formait le sommet éclate en opposition avec la grisaille des quartiers européens qui l’enserrent aujourd’hui. La forme et la couleur de la ville frappaient tous les nouveaux arrivants. Haëdo la compare à « une pomme de pin unie »!, Laugier de Tassy à « un vaste terrain couvert de linge blanc » ?, Peyssonnel à «la voile d’un hunier de vaisseau » # et Rozet « à une vaste carrière de craie ouverte sur le penchant d’une montagne » 4. Les cubes de ses maisons à terrasses, percées de minces ouvertures semblables de loin à des meurtrières, s’entassaient en une pyramide, dont la base était ceinturée de murailles et de rochers battus par la mer. Dans cette masse compacte, aucun espace libre, aucun dégagement, à l’exception d’une petite place, devant le palais de la « Djenina », demeure des pachas et des deys jusqu’en 1817 5, et du « Badestan » ou marché des esclaves, voisin de la précédente $. La partie basse de la ville, la seule

tier de la Marine et de l’ancienne Préfecture ont gardé de nombreuses maisons anciennes et leur aspect pittoresque.

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