Idem
3. Sur ces corporations en général, voir P. de Ménerville. Dictionnaire de la législation Algérienne, I, 1877, p. 250, note et Tableau de la situation, o. c., 1838, p. 162.
4. Il est à noter que ni Haëdo, ni le Père Dan, ni Gramaye, ni Laugier de Tassy n’en font mention. Cependant les Mozabites invoquèrent, après 1830, une tradition qui faisait allusion aux services rendus par eux lors du débarquement de Charles-Quint, en 1541. (René Lespès. Quelques documents sur la corporation des Mozabites d'Alger dans les premiers temps de la conquête d’ Alger. Revue Africaine, 2 et 3€ trim., 1925, p. 199). Un des ravins descendant du Fort l'Empereur était dénommé, il y a quelques années, l'Oued Beni-Mzab.
De W#obaler 00e. p.415,
6. Venture de Paradis, 0. c., p. 14 qui ajoute : « Ils jouissent de plus de
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s’occupaient en outre du trafic des caravanes de l’Extrême- Sud ; il semble bien qu'ils aient été les pourvoyeurs d’esclaves noirs !. Les gens provenant de Laghouat (Laghouatis) logeaient près de la rue des Souks, au Fondouk-ez-zit (marché de l’huile) où ils épuraient l’huile apportée par les Kabyles, et au soukel-Azara (souk des palefreniers) ?. Les Biskris, terme qui a toujours désigné les Arabes originaires des oasis des Zibans, constituaient une population flottante exerçant temporairement les professions de porteurs d’eau, de vidangeurs, de cureurs de puits, de ramoneurs et surtout de portefaix ?. Ils étaient aussi chargés de la police de nuit, sous la direction du « mezouar » 4. Au commencement du x1x£® siècle, ils avaient pris une place assez importante dans la ville, où ils détenaient le monopole des fours publics de boulangerie. Ils étaient les
privilèges que les Maures ». Il mentionne à côté d’eux les « Gerbasin » (gens de Djerba), Abadhites comme eux.
1. Le même auteur signale que le commerce des plumes d’autruche qui a pris beaucoup d’importance se fait par le Mzab. W. Shaler (1. c.) désigne les Mozabites comme étant les agents privilégiés du commerce avec l’intérieur de l’Afrique par Ghadamès — et sans doute Ouargla et le Mzab. En échange des grains et des produits manufacturés, ils introduisent à Alger des esclaves de la poudre d’or, des plumes d’autruche, des chameaux, des dattes : commerce que Shaler estime d’ailleurs très limité. La dispersion et la mobilité des Mozabites leur permettait aussi d’être pour le beylik de précieux agents d’information, comme ils le furent pour nous après 1830. (Voir R. Lespès, 0. c.)
2. P. de Ménerville (2. c.). Voir aussi H. Klein, 0. c., III, p. 13.
3. Laugier de Tassy, o. c., p. 154 et suivantes, les mentionne aussi comme dompteurs, montreurs et vendeurs d'animaux féroces, de lions notamment. Venture de Paradis (0. c., p. 4) les compare aux Savoyards et aux Auvergnats de Paris.
4, Rozet, o. c., p. 111. Ils couchaiïent en travers des portes des particuliers et de celles qui séparaient alors les différents quartiers.
seuls portefaix d’Alger ; on les employait aussi aux travaux publics, faute d’esclaves chrétiens ; on en faisait aussi des domestiques de confiance. Ils servaient même d’agents commerciaux entre Alger et Ghadamès 1. Les nègres étaient nombreux à Alger. Les uns, esclaves. étaient attachés à la domesticité des Maures et des Turcs. Ceux qui avaient été affranchis exerçaient les métiers de blanchisseurs de maisons, de manœuvres où fabriquaient des corbeilles et des nattes de paille 2. Les femmes revendaient des petits pains ou servaient dans les bains maures %. Une bonne partie de toute cette population allogène n’avait pas de domicile fixe ; les cafés maures et les fondouks en abritaient beaucoup. Haëdo nous parle déjà des Arabes venus des douars qui couchent sous les porches ou dans les misérables gourbis du faubourg Bab-Azoun #.
À l’inverse des autres « berramiya », les Kabyles n’avaient pas été organisés en corporation par les Turcs 5. Il faut voir dans cette exception une mesure de prudence et de méfiance, un refus de donner à leur résidence dans la ville une consécration officielle. Et cependant, dès la fin du xvi® siècle, Haëdo dénombrait 700 ménages de cette origine. Les gens de Kouko et des Beni-Abbès venaient couramment à Alger, comme serviteurs, journaliers, marchands de fruits, d’herbages, d’huile,