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Alger

La \ie politique s’éteint et meurt chaque jour sur notre terre de France. La fin du xviiF siècle a vu s’écrouler en débris l’œuvre de trois cents années : la révolution a mis en poussière un trône trois fois séculaire et a constitué l’omnipotence nationale; le commencement du XIX" siècle à établi Napoléon gardien de notre indépendance en face des puissances coalisées : ce dépôt sacré il l’a glorieusement protégé de

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son puissant génie pendant quinze années, à Waterloo s’élèvent les Thermopyles de sa gloire. Depuis 1815 s’est engagée en France la lutte la plus belle, la plus solennelle que puisse soutenir une grande nation ; le combat régulier, légal, énergique et infatigable pour la conservation et le développement de ses droits poli' tiques. Fatigué des résistances et des prétentions d’un gouvernement antipathique , le pays tout entier s’est levé en 1830, pour faire entendre sa voix et apposer sa volonté souveraine à une lutte trop prolongée : la victoire lui est restée , cela devait être et cela sera toujours ainsi, quand ü le voudra.

D’où vient cependant que depuis cette époque il semble étranger à son propre ouvrage, indifférent aux résultats de sa victoire, à son organisation définitive ? D’où vient qu’après la mission si glorieuse des trois époques représentées par la révolution , la victoire et -le combat des quinze ans, l’époque actuelle soit atteinte d’un marasme profond, d’une véritable léthargie politique ? Est-ce fatigue de ses luttes passées , est-ce confiance dans sa force assez souvent manifestée pour ne plus permettre le doute? — La cause, on peut la chercher 5 mais le fait est là sous nos yeux, actuel,

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journalier, visible, incontestable : la vie politique s’éteint.

Au milieu de cette apathie générale, une seule question s’élève piquante , vive , excitant l’intérêt, éveillant l’attention publique; cette question, c’est la question d’Afrique.

La question d’Afrique est à l’ordre du jour de la discussion publique. Dans un temps qui offre avec le nôtre quelque analogie (sous le Directoire), l’esprit public aussi fatigué, languissant, énervé, s’était précipité avec ardeur vers une question extérieure , vers la terre d’Egypte. Mais on se tromperait si l’on attachait à cette analogie quelqu’ importance, si l’on tirait quelque conséquence défavorable à la question d’Afrique de cette analogie apparente , et si l’on était disposé à la traiter comme un rêve semblable au premier. Il y a entre ces deux questions une dissemblance profonde :

D’abord les causes des deux expéditions sont complètement différentes : la première a été inspirée et suivie dans une pensée toute personnelle, le gouver- ' nement d’alors était faible, inconsistant, un homme

chargé de gloire, ambitieux, oisif au milieu delà

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curiosité publique et de la multiplicité des partis, excitait sa défiance , lui donnait de l’ombrage : cet homme de son côté, inquiet d’un repos dangereux dans l’état où se trouvait la France , était tout disposé à créer un aliment à son activité dévorante, un théâtre à son génie militaire , un moyen d’attirer sur lui les regards en paraissant les fuir : telle est la cause de cet exil volontaire, telle est la cause de l’expédition d’Egypte. Comme on le voit elle était toute personnelle ; aux uns elle procurait l’éloignement d’un guerrier victorieux dangereux par ses victoires mêmes ; à celui-ci elle ou\^ait un vaste champ de gloire, d’autant plus séduisant , que son éloignement allait lui prêter une sorte d’intérêt et de poésie orientale.

La France était complètement étrangère à ces calculs de l’égoïsme 5 on la trompait et elle payait son erreur par une aveugle admiration pour des prodiges grandis à ses yeux par l’éloignement. A cette époque, en outre, elle ne pouvait pas voir autre chose dans cette expédition lointaine qu’une illustration guerrière , sans espoir d’avenir sur les pays sillonés par la victoire.

La question d’Afrique, au contraire, a un tout autre

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caractère : sa source est toute nationale, aucune combinaison de l’intérêt privé ne vient en altérer la pureté*, soulevée par une injure faite au représentant de la France , elle s’est ennoblie d’une noble et belle mission ; l’extinction de la piraterie. Maîtres du pays nous y portons notre civilisation 5 assurément rien de plus régulier et de plus national qu’une pareille entreprise ; il n’y a donc aucune similitude réelle entre les deux expéditions injustement réunies dans un blâme commun. C’est avec cette faveur particulière que se présente la question d’Afrique à l’examen impartial du pays.

Son importance, la chaleur des débats qu’elle avait soulevés dans les Chambres, ou plutôt dans la Chambre des Députés , la portée d’avenir renfermée dans son sein, avaient depuis long-temps déjà frappé mon esprit; mais je l’avouerai, l’immensité de la question, l’incertitude sur la véracité des documens réciproquement invoqués , l’éloignement du siège même de la question laissaient à ma pensée une hésitation désespérante dans une question grave, et sur laquelle il était impossible de ne pas chercher à se former une opinion. Une préoccupation instinctive

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me portait sans cesse sur ces rives inconnues, où j’espérais trouver la solution de ce grand problème ; ma pensée en rencontra une autre, complice du même espoir. De grandes opérations militaires s’accomplissaient à cette époque et devaient favoriser l’exâmen des parties intérieures de nos possessions 5 poussés par le besoin irrésistible de voir par nous-mêmes le pays, ses mœurs, ses besoins, ses ressources, nous partons ; nous partons dans un seul but , avec une seule pensée ; celle de fixer notre indécision et de satisfaire notre conscience, inquiète d’un jugement qui se fût formé sans les élemens nécessaires.

Cette indécision complète au départ est du moins , je l’espère, une garantie d’impartialité pour l’opinion que nous avons acquise; on pourra nous accuser d’avoir mal vu, mal apprécié, c’est possible; quelques mois de séjour suffisent pour parcourir complètement tous les points du littoral, mais les conséquences tirées par nous étant le produit de nos observations peuvent être critiquées, combattues ; nous en rapportons du moins une satisfaction : celle d’une conviction que cet ouvrage a pour but de faire connaître ; heureux si nous pouvons contribuer pour notre faible

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part à propager quelques vérités utiles à notre pays. (1)

Ces \«érilés seront souvent dures pour les hommes préposés au gouvernement de nos affaires; c’est donc avec un véritable plaisir que nous saisissons la première occasion de faire exception au blâme pour adresser des remerciemens à M. le ministre de la guerre, qui a bien voulu favoriser nos explorations en Afrique; il avait mis à notre disposition tous les moyens de transport qui étaient en son pouvoir; la mission que nous devions à sa bienveillance a revêtu notre voyage d’un caractère officiel, qui a plus d’une fois facilité les recherches et les explorations de notre pèlerinage.

Ces explorations au surplus ont été faites avec une complète indépendance d’esprit. Nos possessions d’Afrique sont, je le sais, protégées par la faveur publique, et une impopularité inévitable s’adresse aux adversaires de la colonisation. Je dois m’expliquer à cet égard avec une entière franchise :

Je ne reconnais aucune espèce de despotisme, je

(1) Mon compagnon de .voyage publiera sans doute aussi ses observations sur notre commune excursion.

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n’accepte aucune violence, la dignité de l’intelligence c’est la liberté, et une opinion perd, suivant moi, tout son mérite du moment où elle est imposée. La popularité, sans doute, a ses charmes et son enivrement, mais elle perdrait tout son prestige le jour où, au lieu d’être entourée de prosélytes, elle traînerait à son char des esclaves. Je ne me dissimule pas qu’elle est d’habitude intolérante et absolue et qu’elle soupçonne facilement ceux qui ne lui sont pas aveuglément dévoués ; elle a quelque raison, j’en conviens; courtisée si souvent par des amans infidèles qui font de ses faveurs un honteux trafic et la trahissent , après avoir été élevés et produits par elle, elle a sans doute le droit d’être défiante. Il n’en est pas moins vrai pourtant que la conscience *souffre à cette école et se dégrade à ce servages Je l’avouerai, un sentiment instinctif de dignité me portait à lutter contre cette tyrannie de l’opinion puplique et je partais avec un demi-désir de puiser dans l’examen des faits les élémens d’une lutte qui, elle aussi , offre quelque séduction. Car il ne faut pas s’y tromper, si la popularité a des douceurs , l’opposition à une opinion accréditée, n’est pas sans quélque gloire pour l’ath-

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lète courageux ; ce qui surtout rend pesante et odieuse l’impopularité, c’est que presque toujours elle est le fruit du plus honteux sacrifice : celui de la conviction à l’intérêt personnel. Mais lorsqu’au contraire la conviction anime la résistance à une opinion générale que l’on regarde comme une erreur , cette résistance attire nécessairement sur elle de l’éclat , de la publicité : c’est une séduisante compensation.

Je ne comprends pas d’ailleurs pourquoi l’opinion publique s’empare ainsi de quelques questions qu’elle place sous son patronage , par un mouvement plus machinal que raisonné : je le conçois dans des questions pour ainsi dire instinctives , mais lorsqu’elles sont compliquées comme celle-ci, l’élan populaire toujours si noble, si généreux, si pur et presque toujours infaillible, ne risque-t-il pas de se tromper? Ainsi ne pourrait-il pas s’épuiser en vains efforts contre des impossibilités en Afrique, s’il était vrai que la civilisation dût s’émousser au contact de. la nationalité arabe ? La solution de cette question dépend de circonstances innombrables que l’instinct public ne peut pas suffisamment apprécier en masse. Si je pensais, en effet, que cette conquête entraîne mon

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pays dans un abîme profond, ne serait-ce pas accomplir un devoir ^acré, que de se placer sur le bord de l’abîme, pour lui crier qu’il se trompe et lui signaler le danger? Ce rôle, je l’accepterais d’autant plus volontiers que l’honneur national ne me paraît pas le moins du monde engagé dans la question. On suppose, je le sais, des engagemens secrets consentis avec un gouvernement étranger, et l’opinion publique ne saurait flétrir avec assez d’énergie des transactions de ce genre clandestines et inconstitutionnelles ; mais quoiqu’il en soit, je place trop haut l’intérêt de mon pays pour le faire descendre à une question d’amourpropre. L’abandon de l’Afrique serait stipulé secrètement, qu’ après avoir châtié l’illégalitq d’un semblable traité, je réclamerais l’abandon si je le croyais utile. L’Angleterre le désire ? que m’importe , s’il est dans les intérêts de la France ?

Ces considérations sont, je l’espère, une garantie nouvelle d’indépendance et d’impartialité ; elles eussent été pour moi une consolation : heureusement elles sont inutiles à mon opinion , et ne servent que ma conscience.

J’ai donc examiné la question en toute indépen-

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dance ; j’ai voulu sonder ce grave problème, je suis allé en demander le mot aux échos même de l’Algérie , et voici en résumé le résultat de mes explorations et de mes études :

La question d’Afrique n’est pas connue en France ; l’opinion publique qui s’en est emparée ne la juge pas , elle se passionne pour elle ; or, ce n’est pas avec du sentiment, mais avec la raison que doivent se diriger les grandes questions sociales de la nature de celle-ci ; non pas que je récusé d’une manière absolue les inspirations de la conscience ou de l’instinct public : je sais, et j’ai essayé de prouver, dans une publication politique, toute l’autorité de ce sens intime qui gouverne le monde , hoitimes et nations. Mais de même que notre nature est pour ainsi dire double , composée tout-à-la fois de matière et d’intelligence, de même aussi la vie des nations, comme celle des individus , subit cette double influence de l’intérêt positif et de l’inspiration irréfléchie.

Ainsi est noble sans doute cette voix d’en haut qui appelle l’humanité tout entière aux grandes et belles destinées, qui provoque les sacrifices sublimes.

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les héroïques dévoûmens ; mais là n’est pas toute la vie des nations. A côté de ces élans généreux et réellement accidentels , il y a la conduite journalière et normale, dirigée par la raison et de sages calculs.

Telle est l’heureuse alliance qui constitue l’humanité dans sa grandeur et sa puissance. Or, si nous appliquons ces idées aux grands actes qu’une nation est successivement appelée à accomplir, nous prendrons en grave considération sans doute les tendances de l’opinion' publique; mais quand il s’agira d’engager le présent et l’avenir du pays dans d’immenses sacrifices, nous nous arrêterons devant l’opinion publique , nous ne craindrons pas de lui faire face, de lui demander compte de ses écarts et de lui faire entendre la voix de la sagesse el de la raison. '

C’est là le rôle que nous nous sommes imposé ou plutôt que nous a imposé l’examen sérieux et attentif de cette grave question.

Notre conviction ici , c’est que l’opinion publique s’égare dans l’application d’une vérité utile à son point de départ : elle veut la conservation d’Alger, elle a raison ; elle a raison , parce que l’abandon semblerait l’obéissance à des engagemens souterrains

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et honteux; elle a raison, parce que l’abandon nous priverait en réalité de l’utile exploitation d’une mine féconde.

Elle a même raison de vouloir l’ocîcupation vaste et digne de la France ; car notre mission sur la terre d’Afrique doit s’accomplir avec grandeur pour s’accomplir avec succès.

Mais elle a tort ou^plutôt on l’interprète mal lorsqu’on la fait servir comme justification aux folies les plus scandaleuses, aux entreprises téméraires, aux expéditions aventureuses et stériles, aux sacrifices les plus douloureux : ce sont là les excès que nous voulons combattre et réprimer. A la colonisation gigantesque et fantastique, nous voulons substituer la colonisation sage et progressive ; à l’occupation et à l’administration brutale du gouvernement militaire , nous voulons substituer la conquête pacifique et persuasive de la civilisation. Tel est notre système.

Avec l’honorable rapporteur, M. Ducos, dont le travail porte le cachet d’un talent et d"une sagesse auxquels nous nous plaisons à rendre hommage, nous dirons : «Que d’autres caressent à leur gré des préjugés ou des faiblesses. 11 y a du patriotisme et de

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l’abnégation de soi-même à montrer au pays ce qu’il y a d’illusions dans ses espérances. C’est ainsi que, depuis dix ans, nous marchons sans système et sans but arrêtés, et que le vote des* chambres a toujours été dominé par les évènemens de.la veille ou les préoccupations du lendemain ; c’est ainsi que, entraînés malgré nous à des efforts dont nous ne voulions ni calculer ni prévoir l’étendue, i^us sommes enfin arrivés à un terme, où l’affaire d’Afrique devient une des graves difficultés de notre situation » (1).

Depuis le jour où l’honorable orateur s’exprimait airfsi, les difficultés se* sont accrues encore; la colonie s’est vue précipitée dans tous les emportemens et dans tous les hazards de la guerre. Les Arabes , familiarisés par nous-mêmes au combat, se sont aguerris à notre stratégie, et commencent à nous redouter moins , à nousjattaquer avec plus d’audace. La victoire nous est restée sans doute, car il faut autre chose que quelques mauvaises bandes de Bédouins pour résister à la valeur héroïque de nos bataillons ; mais enfin la résistance a été augmentant

,(1) Rapport de M. Ducos, au nom de la commission chargée d’examiner la demande des crédits supplémentaires. — Avril 1840.

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de jour en jour, contre nos armes’; et si nous n’y prenons garde, notre supériorité ira s’amoindrissant par le contact et la communication de nos moyens militaires : ainsi la guerre enfantera de son propre sein le germe de la guerre plus terrible et plus acharnée , et nécessitera de notre part des sacrifices toujours croissans. Or, peut-on calculer leur immensité, si jamais les Arabes, qui, dans l’origine, n’osaient pas nous attaquer moins de dix ou quinze contre un, instruits désormais à la guerre par les propres leçons que nous leur donnons à chaque combat , en venaient à se mesurer avec nous en nombre non pas égal , mais moins disproportionné? Je sais que, grâce à Dieu et au courage français , ce danger n’est encore qu’a l’état d’hypothèse , et la gloire de Mazagran brille encore à tous les yeux comme une protestation mémorable. Mais enfin la logique est là pour nous signaler ce danger dans l’avenir, et peut-êtfe le passé lui-même contient-il quelques enseignemens qu’il serait imprudent de négliger. Ainsi, dans la dernière expédition, n’avons-nous pas vu des Arabes combattre corps à corps avec nos soldats , n’avonsnous pas vu des luttes acharnées et une audace inu-

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silée à nous assaillir et à nous résister? Soyons convaincus qu’il y a témérité et folie à perpétuer la guerre sur le sol africain.

Mais il faut bien, nous dit-on, venger les injures. N’y a-t il pas eu unanimité dans les Chambres, et chacun n’a-t-il pas applaudi au premier orateur qui a ouvert la discussion sur les affaires d’Afrique par ces paroles généreuses, que «la violation du traité par Abd-el-Kader réclamait de l’honneur de la France une éclatante réparation ; qu’il n’y a là aucune discussion possible » (1) ?

J’avoue que je ne suis pas bien convaincu de la nécessité où se regardait la France de demander satisfaction à Abd-el-Kader de sa prétendue insulte. Que la France , gardienne scrupuleuse de son honneur, veuille le conserver intact au milieu des nations civilisées ; qu’un mot douteux à son égard, que le silence même, qui parfois aussi peut passer pour une injure, éveille sa susceptibilité, et qu’elle ne permette jamais dans le congrès des nations un doute sur ses droits et sur sa dignité , oh ! sans hésitation, j’ap-

(î) Discours de M. Emmanuel Poulle à la Chambre des Députés. — Moniteur du 15 mai 1840.

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plaudis à son juste oi gueil , à sa noble fierté. Mais (ju’y a-t-il (Jeeoniniun, je le demande , entre riionneur de la l'raiiee et les perlides ineiiées d’uiKcliel’ de tribus sauvages? L’honneur de la France ne lui conseillait-fl [)as, au contraire, de mépriser les impuissantes agitations de l’émir? Ne valait-il pas mieux pour elle frapper d’une main vigoureuse et implacable les infidélités de quelques douars voisins ; mais en même temps'’, sans s’émouvoir d’un stérile parjure, demeurer impassible, accomplissant avec

calme et dignité sa glorieuse mission sur la terre

d’Afrique, et, comme le dieu du jour, poursuivant sa carrière, en

Versant des lorrens de lumière Sur ses obscurs blasiihémaleurs.

Mais enfin il fallait punir |>ersonnellement Abd-el- Kader , j’y consens ; du moins fallait-il s’y prendre autrement <pie par une double expédition lointaine et infructueuse , (|u’on nous menace de recommencer bientôt. Vous courez après un ennemi qui vous

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échappe quand il \eut ; vous perdez du temps , des hommes, de l’argent , et avec Abd-el-Kader vous voyez fuir devant vous les espérances de la civilisation.

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