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CHAPITRE Y

Intelligente, modérée , prévoyante^ l’autorité civile ainsi constituée est seule capable de préparer et de réaliser la colonisation*

Nous avons cherché jusqu’à présent, clans ce premier livre, à indiquer les vices de l’administration française, les réformes dont elle nous paraît susceptible. L’examen que nous avons tenté de faire des mœurs et des institutions musulmanes, doit faciliter cette tâche ; mais il a dû surtout produire cette conviction, que la colonisation , pour s’installer et se développer au sein de la nationalité arabe , demande de grands ménagemens et une sage conciliation.

Le système guerroyant et agité refoulera les popu¬

lations indigènes > les fera fuir devant l’invasion fran-

caise , comme les troupeaux devnnl rincendio d’un champ.

Le système d’administration brutale et absolue froissera les consciences et les habitudes formées , jettera l’antipathie de notre gouvernement dans les masses. La conquête a déjà bien assez de peine à se faire pardonner des vaincus , sans la revêtir encore des formes repoussantes de la tyrannie ! Tyrannie pour tyrannie , ils aimeront encore mieux conserver celle qui a pris racine dans leurs mœurs, dans leurs croyances, celle qui leur laisse leur vie aventureuse, vague et rêveuse, que d’accepter une tyrannie nouvelle, qui matérialisera pour eux l’existence, l’enfermera sous les chaînes administratives, si multipliées dans notre gouvernement, et leur fera prendre en aversion nos prétendus bienfaits couverts d’une telle aspérité.

Evidemment ce double procédé ne présente aucune espérance de succès. Il ne faut pas se dissimuler que la vie orientale offre certains charmes à l’imagination. Contemplative sous ce beau ciel si pur, paresseuse sous l’influence de ce climat ardent , elle s’écoule doucement dans l’oisiveté et la nonchalance ; les Orientaux fument toute la journée, et la fumée de leur tabac, image de cette existence inconstante et vaporeuse, entraîne leur esprit dans les rêveries de la pensée qui s’égare et ne pense pas. Ceux-ci, dans leurs montagnes , 'sont en possession des beautés de la nature

sauvage *, ceux-là , dans les villes , sous leurs colonnades de marbre, ouïe soir, du haut de leurs terrasses délicieuses, contemplent la mer, la vaste mer, autrefois leur .empire, et sur laquelle vont se perdre peut-être quelques-uns de leurs regrets. Au-dessus de cette vie libre et indépendante, plane, je le sais , le despotisme du maître 5 mais c’est plutôt un pouvoir négatif qu’un pouvoir réellement oppresseur, négatif de certains droits dont ils ne sentent ni la valeur ni la privation.

Bonne ou mauvaise au surplus, telle est leur existence, pour eux pleine de charmes et de bonheur.

Il faut donc, pour nous, hommes d’hier et d’avenir dans ce pays, la comprendre, la caresser et la rendre accessible à nos mœurs et à notre civilisation. Intelligente, modérée, prévoyante, l’autorité civile, constituée sous l’inspiration des pensées que nous avons essayé de formuler, est seule capable de préparer et de réaliser cette haute et sainte mission.

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QUARANTAINES. (Voir pag. 257 à 270.)

Examen de quelques argumens relatifs aux Quarantaines.

La diminution des maladies épidémiques oü réputées contagieuses.

La rareté de la peste elle-même.

Les désinfecteurs aussi prompts qu’efficaces.

La durée de la paix générale , si ce n’est dans le monde entier, du moins en Europe.

L’augmentation des relations de commerce, et la nécessité de les rendre plus rapides et plus productives 5

Le progrès des lumières qui prend place partout et renverse partout les institutions , fruit de la peur et

d’un passe routinier; tels sont les principaux que nous suggère l’observation des faits.

Les maladies épidémiques ou réputées contagieuses , se sont jouées de toutes les précautions, ont passé à travers les lazarets et les cordons de tous les pays. Vainement on s’est armé contr’elles, il a fallu les subir; mais tout en déplorant leur apparition, les gens de l’art ont pu les étudier au passage, et recueillir pour leur traitement, comme pour la science, de précieux enseignemens.

Capricieux dans sa marche et dans ses etfets, le choléra a trompé tous les calculs ; on l’a vu sévir sur des lieux qui semblaient en être préservés par leur position , et épargner ceux au contraire, qui paraissaient en redouter le plus les effets. Persister aujourd’hui dans des précautions illusoires et surannées , livrerait donc au ridicule ceux qui viendraient encore en invoquer l’emploi.

Attaquée jusque dans son sanctuaire, et refoulée dans les contrées où se développe son germe , la peste n’éclate plus que là où il y a absence de mesures de police et d’hygiéne, et le christianisme triompherait dans l’Orient des préjugés du fatalisme qu’elle en disparaîtrait tou t-à -fait.

Le maintien de la paix générale est, de nos jours, la meilleure croisade contre son invasion.

La révolution produite par de nouvelles et récentes découvertes, a agrandi le domaine de la confiance, la

chimie a fait des découvertes qui ont donné des désinfecteurs aussi instantanés que puissans.

Le commerce et l’industrie s’indignent à l’idée de venir se briser plus long-temps contre la seule bar^ rière qui, désormais, paralyse leur essor.

Yoilà où en est la question : Avancée dans le raisonnement, dans les espérances, dans les vœux de chacun ; arriérée dans les résultats, car l’expérience n’a point réalisé ce que la réflexion avait promis; et lés abus , nous ne pouvons plus nous servir d’autre nom, sont encore debout.

En France où , de tant d’années , les doctrines gagnent à la main les réformes , l’exemple de nos voisins est resté stérile. A Marseille, à Toulon, on en est toujours aux terreurs d’anciennes catastrophes, et là comme ailleurs, on veut et on ne veut pas. On serait heureux de sortir des lisières, et c’est à qui ne les rompra pas. On se plaint, on déclame, mais on s’en tient là, et le mal subsiste, pendant que les autres nations s’émancipent, pendant que l’Angleterre modifie ses quarantaines, pendant qu’aux États-Unis, chez ce peuple qui court si vite devant tous les autres, les équipages reconnus sains sont admis immédiatement à la libre pratique, et que les bâtimens et les marchandises restent seuls soumis à l’exception.

Dans la Régence trois faits sont incontestables : Le premier, c’est que le climat y est généralement sain, el qu’à l’exception des environs de quelques

terrains marécageux, il y règne fort peu de fièvres pernicieuses.

Le second, c’est que la peste n’y est point endémique.

Le troisième, enfin, c’est qu’elle n’y a jamais été importée par terre.

Nous avons interrogé l’histoire des époques auxquelles elle s’y est manifestée, les vieillards du pays, indigènes et Européens, les gens, enfin, qui gardent note de toutes les traditions : sur ses trois points nous les avons trouvés unanimes.

Pendant la dernière peste de Tunis même, la seule interruption des communications par mer en a mis à l’abri la Régence d’Alger, bien que par terre les rapports entre Tunis et Constantine n’eussent pas cessé d’exister.

Les relations de l’Egypte avec Tunis, avec Tripoli, et surtout avec Alger, sont à-peu-près nulles, l’état sanitaire de l’empire de Maroc est loin de justifier les inquiétudes qu’il a pu naguère soulever ; les pèlerins de la Mecque sont rares : quand ils étaient plus nombreux, ils prenaient presque tous la voie de mer ; les communications par terre n’ont plus lieu que par quelques individus isolés : les caravanes n’ont jamais passé par Alger.

Enfin, Tunis a ses quarantaines , et nous en imposons nous-mêmes à ses provenances.

Dans une pareille situation, pouvions-nous rester

OÙ nous sommes , et ainsi que nous l’avons dit , à Alger comme à Marseille, d’un côté comme de l’autre, France par la salubrité du climat, par les précautions prises, consentir à nous placer constamment en suspicion vis-à-vis de nous-mêmes ?

Provoqué à plusieurs reprises, le gouvernement s’est occupé avec sollicitude des moyens de faire cesser un état de choses aussi préjudiciable aux intérêts commerciaux. La commission d’Afrique a été saisie de l’examen de cette question; au milieu de tant d’autres, pénétré de la nécessité de la résoudre à son tour, le ministre du commerce a adressé au président du conseil une série de demandes auxquelles la commission sanitaire d’Alger s’est empressée de répondre. Nous donnons ici les deux procès-verbaux qu’elle a adressés , à quelques mois de distance. Son avis et le nôtre nous paraissent de nature à trancher péremptoirement les difficultés. Sans doute, il serait mieux de rendre à la libre pratique immédiate toutes les provenances de la Régence , dirigées sur les ports de la métropole; mais le mieux est parfois l’ennemi du bien, et d’ailleurs nous n’avons pas la liberté du choix. Obtenons d’abord d’imputer le temps de la traversée sur la durée actuelle delà quarantaine, et nous serons alors si près du but, qu’il ne nous faudra plus qu’un ^eu de patience et de bon sens pour l’atteindre toutà-fait. On peut hardiment prédire que l’intervalle qui séparera la modification du succès sera bientôt comblé.

Nous laisserons à d’autres la mission de pénétrer dans les replis du cœur humain , de bien reconnaître sur quelles aberrations s’appuient aujourd’hui les quarantaines, de décrire leur crédulité de commande, leur égoïsme, leur minutieuse susceptibilité, leurs prodigalités enfin.

Dans l’espèce, nous n’a\ons dû nous attacher qu’à démontrer leur complète inutilité; sur le reste nous nous tairons.

Quand il est de ces vérités qui frappent tous les yeux, de ces choses sur lesquelles tout le monde passe condamnation, et que ces vérités ne se font pas jour , et que ces choses ont une durée qu’on ne peut expliquer, c’est qu’il y a dessous quelques existences qui cherchent à se prolonger, et qu’elles ont soin de demander le manteau de l’autorité pour couvrir des abus réels. Dans des révolutions de cette importance, sachons imiter nos voisins , entrons avec eux dans ces voies larges qui leur ont valu le monopole des affaires du monde. Les victoires qu’on remporte sur la routine ne sont pas les moins productives. {Genty de Bussy).

coramssiON sanitaire.

Séance extraordinaire du 30 octobre 4 833

« Cejourd’hui 30 octobre 1833, la commission sa- « nitaire s’est réunie extraordinairement, sur l’invia tation de l’intendant civil.

« A cinq heures de relevée la séance est ouverte ; « tous les membres sont présens.

« L’intendant civil donne communication d’une « lettre qu’il a reçue du ministre de la guerre , en « réponse aux réclamations qui lui avaient été adres- « sées pour obtenir que la qurantaine des navires a partant d’Alger pour un port de France fût abré- « gée.

« Il résulte de cette lettre, et de celle qui lui a été « écrite par son collègue du commerce, dont la con-

a naissance est également donnée à la commission , (( que Fintention commune de ces ministres est d’ac- « cueillir toutes les observations qui pourront con- « courir à faire décider la question , dans le double « intérêt du commerce de la métropole et de celui a de la colonie, soit en diminuant la durée de la « quarantaine , soit en déduisant le nombre des jours « passés en mer durant le trajet d’Alger à un port de « France.

i Toutefois , le ministre du commerce ayant préa senté quelques objections, résultant de nos commu- « nications par terre et par mer avec des pays suspects, <T l’intendant propose de prendre toutes les nie- « sures convenables pour dissiper ses craintes , et en- « gage les membres présens à donner leur avis.

« Plusieurs expriment l’opinion que les risques de H contagion pour les provenances par mer sont nuis, « parce que, d’après les règlemens sanitaires en « vigueur à Alger, les bâtimens qui arrivent avec « patente brute , chargés de marchandises contuma- « ces, ne sont pas admis dans le port d’Alger, et qu’ils R sont obligés d’aller faire leur quarantaine dans un « port à lazaret, et qui a été jusqu’ici pour la régence « celui de Mahon, en raison de sa proximité.

« Après en avoir délibéré, la Commission est d’avis R que les règlemens actuellement en vigueur pour les R bâtimens avec patentes brutes , chargés de mar- R chandises contumaces, doivent être maintenus

(( puisque la position de la rade d’Alger ne permet pas d’isoler ces navires, et qu’il y aurait trop de « risques à les y admettre.

« Mais, pour inspirer encore plus de sécurité, elle « exprime à l’unanimité le vœu :

« 1“ En ce qui concerne les arrivages par mer, que « les navires venant avec patente nette , et assujettis « à une petite quarantaine de cinq à dix jours, subis- « sent une fumigation par les moyens employés à « Marseille, et que , malgré ce surcroît de précautions, « leur quarantaine ne soit pas diminuée ;

« 2° En ce qui concerne les arrivages par terre, que (f bien que nous ne recevions de marchandises par e cette voie que de la régence d’Alger même , et de « distances peu éloignées ; toutefois , et pour calmer « toutes les craintes , il y a lieu de rendre un arrêté i( qui oblige le dépôt dans un lazaret des marchan- « dises suspectes , pour les vérifier , et qui indi- « que en outre toutes les mesures de précaution à « prendre; arrêté dont les dispositions ne devront « en rien et pour rien entraver le commerce qui se « fait par cette voie.

« Les matières mises en délibération étant épui- « sées , l’intendant civil annonce que la séance est « levée. M

V Intendant civil, GENTY.

Séance extraordinaire du 20 mai 1834.

« Cejourd’hui 20 mai 1834 , la Commission sani- « taire s’est réunie extraordinairement au lieu habi- « tuel de ses séances. Tous les membres sont pré- « sens.

(( L’un d’eux (M. Loze) donne lecture du rapport « qu’il a été chargé de présenter sur la question de a la quarantaine.

« Depuis long-temps, et à plusieurs reprises , des « demandes ont été adressées à M. le président du « conseil des ministres pour qu’il voulût bien , dans « l’intérêt du commerce , diminuer la quarantaine « imposée dans les ports français, aux provenances « du littoral de l’Afrique septentrionale que nous oc- « cupons.

« Déjà consultés sur ce point , vous avez fait con- « naître :

« 1“ Que, dans tous les ports de la Régence où nos « troupes sont établies, des commissions sanitaires « légalement instituées se conforment aux lois et « règlemens en vigueur dans la métropole;

(( 2® Que de nouvelles précautions allaient encore « être prescrites pour ajouter à ses garanties;

fi 3” Enfin, que les marchandises qui pourraient « arriver de Tunis ou des autres États barbaresques , fi par la voie de terre , seraient désormais soumises

« aux mômes mesures que celles qui nous arrivent « par mer.

« Toutefois , ces dispositions ayant encore été ju- « gées insuffisantes , M. le ministre du commerce « vient de nous faire transmettre par M. le ministre « de la guerre et par f intendant civil une série de « questions dont la solution, nous devons du moins « l’espérer, conduira au but désiré.

» Afin de répondre à ces questions de la manière « la plus satisfaisante possible, chacun de nous a été « invité à prendre de son côté tous les renseignemens « que le sujet, comportait, et à les accompagner de « ses observations particulières. . Désigné pour les « coordonner, je viens aujourd’hui vous soumettre « mon travail.

« Avant tout , je dois déclarer que je n’avancerai a rien qui ne soit appuyé sur des documens certains, « des faits notoires , ou sur l’opinion des indigènes « les plus considérables du pays.

« Sous la domination des deys, il existait par terre « des communications assez fréquentes entre Bone , « Alger et Oran 5 mais elles étaient rares de ces divers « points avec Tunis et Maroc , et il n’y en a jamais eu « de directes avec l’Egypte. Les personnes qui ve- « liaient de cette contrée et des autres parties du « levant abordaient toujours par mer dans l’un des « ports de la Régence. Depuis l’occupation française, « les indigènes ne voyagenl presque plus dans Tinté- I. 24

rieur du pays, et l’on n’en cite qu’un petit nom-^

« bre qui l’ont parcouru isolément. Je connais un a maure de Belida qui s’est rendu par terre de Té- « louan dans la \ille où il réside. Il avait revêtu le « costume des Arabes, et, malgré cette précaution,

« il n’eut pas moins à subir la visite la plus scrupu- « leusede la part des tribus nomades qu’il rencontra « sur sa route.

« Oran et les tribus qui environnent cette ville ont, « il est vrai , conservé quelques relations par l’inté- « rieur avec l’empereur de Maroc. D’un autre côté , « les Arabes voisins de nos établissemens d’Alger et a deBone, et qui n’ont pas encore établi de relations « avec nous, continuent à communiquer avec Cons- « tantine et Tunis, d’où ils tirent la plupart des objets « dont ils ont besoin. Mais de tels points de contact « n’offrent aucun danger , car, dans ces divers pays , « le climat n’est pas moins beau, moins sain que « celui d’Alger, et les épidémies n’y sont pas moins « rares; la mortalité n’y excède pas les proportions « ordinaires aux parties de l’Europe les plus favora- « blement situées.

((■ Dans la Régence particulièrement , quelques fiè-

vres intermittentes , qui prennent par intervalles « un caractère pernicieux , sont , sur certains points n marécageux , les maladies les plus graves qui rè- « gnent pendant les fortes chaleurs de l’été ; et si les » nombreux cimetières qui environnent les villes pou-

n vaiént être avec raison considérés comme nuisibles a à l’état de l’atmosphère , il est exact de dire que « ces foyers d’infection ont aujourd’hui presque en- « tièrement disparu.

« A diverses époques les états barbaresques , et U notamment Alger, ont été ravagés par la peste 5 K mais ce terrible fléau qui , chaque fois , a fait de * nombreuses victimes , y a toujours été importé du K levant et jamais de l’intérieur de l’Afrique. La « peste qui éclata en juin 1817, et ne se termina « qu’en septembre 1818, enleva 13 i 14,000 peru sonnes. La dernière exerça ses ravages en 1820 (( et 1822 : désastreuse pour la ville d’Alger, elle « pénétra aussi jusqu’au-delà de l’Atlas, jusqu’à « Biscara , dans le pays de Zab, à quinze journées de a la capitale. Ces deux épidémies , comme toutes « celles qui les ont précédées , se manifestèrent à la « suite de l’arrivée de navires venant d’Alexandrie, « de Smyrne et d’autres ports du levant.

« Une circonstance qui mérite d’être remarquée , (( parce qu’elle tend à prouver la presque irapossi- « bilité de la transmission par l’intérieur, c’est que « plusieurs individus qui en étaient atteints débar- « quèrent à Bone, et se rendirent, encore malades , « dans leurs tribus respectives, où ils achevèrent leur « guérison sans que l’épidémie se fut communiquée » à aucun de leurs compatriotes.

a 11 est d’ailleurs essentiel de faire oljserver qu’on

« ne reçoit par terre que des approvisioniiemens pour a la consommation journalière et non des marchan- U dises. Celles qui sont expédiées du Levant et de « l’Egypte, soit directement, soit par Tunis, arri- « vent par mer, et ne sont admises dans les ports de « la Régence qu’après avoir été soumises à une qua- « rantaine rigoureuse ; et même toutes les fois que « les cargaisons comprennent des cotons , des laines « ou d’autres objets susceptibles, on les envoie, dans « un port à lazaret pour y purger leur quarantaine. « Enfin, on en agit de même lorsque les navires sont « porteurs de patentes brutes , ou qu’il existe à leur « égard le moindre soupçon de contagion.

« Nous n’avons rien à craindre du passage des ca- « ravanes ; rarement elles ont traversé le territoire « de la Régence. Celles de Maroc , les seules qu’on « puisse citer, passent par le désert au-delà de Cons- « tantine pour se rendre à Tunis, et quelquefois di- « rectement à la Mecque; mais généralement les « pèlerins de ce royaume font le trajet par mer jus- « qu’à l’un des ports du Levant, d’où ils gagnent « ensuite la ville sainte; leur retour s’elfectue par le « même chemin.

« Les pèlerins d’Alger se rendaient également par « mer jusqu’en Egypte, où ils se rembarquaient pour a revenir. Aujourd’hui ces voyages sont devenus fort (( rares, et ils ne sont plus entrepris qu’isolément par « quelques vrais croyans peu nombreux.

« Le but de leurs courses lointaines est tout relift gieux. Leur manière de voyager, leurs mœurs, leurs ft vêtemens, tout est empreint de la même simplicité, ft On ne les voit jamais traîner après eux un bagage voft lumineux, ces énormes quantités de provisions qui, « si elles ajoutent aux commodités de l’Européen, en ft auginentenl aussi les embarras. De leur pélérinage K ils ne rapportent que des reliques, des chapelets et « autres objets de dévotion. Un burnous , un cache- « mire roulé en turban, etc., forment, avec les effets « d’habillement dontilssont revêtus, toute leur garde- « robe. Aucune opération mercantile ne vient se « joindre à l’acte de piété qu’ils ont uniquement pour « mobile dans cette circonstance.

« D’après ce qui précède, voici dans quels termes ft j’ai l’honneur de vous proposer de formuler vos « réponses aux diverses questions qui vous ont été ft adressées :

« Les seules communications par terre qui exisft tent entre Bone, Alger et Cran, sont celles de quelft ques individus voyageant isolément.

« 2” Les tribus voisines de nos éfablissemens ne « communiquent par cette voie avec Tunis et Maroc, « que pour se procurer les objets nécessaires à la ft consommation journalière.

« 3“ Il n’existe pas, sur les marchés de la Régence, <( de commerce d’échange avec l’Egypte, et aucune « relation n’a lieu par terre entre ces deux contrées.

a Â* La peste n'a jamais été importé^ par l’inté- « rieur.

fi 5“ Les populations qui habitent les vallées de fi l'Atlas ont été quelquefois atteintes de la peste, « mais elle venait du littoral.

« 6® Les caravanes n’ont que rarement traversé le fi territoir d’Alger proprement dit.

« 7° Les pèlerins de la Mecque ont généralement ^ pris la voie de mer.

« 8° Us n’apportent aucune marclmndise.

« 9“ Leur retour n’a pas lieu à de$ époques détere « minées. Aussi bien les pèlerinages n’existent , pour fi ainsi dire , plus aujourd’hui.

« 10“ Au moyen des précautions existantes et de fi celles proposées dans la séance du 30 octobre 1833, fi nos possessions d’Afrique ne doivent donc inspirer • aucune crainte sous le rapport sanitaire .(1)

ü Intendant civil y GEMTY.

(1) GBfiTY DE Bussr, — Régence d' Alger , 163,

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