‹ Algérie et TunisieChapitre 48 sur 107 · VI. — LE DAHRA · texte numérisé non relu

VI. — LE DAHRA

L Dahra. — A vol d'oiseau, l'Ouaransénis n'est qu'à 72 ou 73 kilomètres de la Méditerranée, merveilleux amer pour les marins au ras de la côte si, parallèlement à son massif, une longue montagne levée du flot même ne le cachait aux navigateurs. C'est cette montagne littorale qui fait de la vallée du Chéliiï un « four do l'Algérie ». Tout autres seraient et le vaKet son oued sans ce paravent nommé Dahra; l'Ouaransénis, attirant deux ou trois fois plus de nuées, les reverserait au Chélifl", et un fleuve plus 'fleuve baignerait Orléansville dans une plaine moins torride.

Dahra s'explique de deux façons différentes. Divers arabisants le traduisent par dos, chaîne, échine; d'autres en font l'antithèse de Kibla: or la Kibla c'est « la direction de la prière », le côté de la Mecque, le Sud-Sud-Est et, par extension, le Sud, la région qu'illuminent discrètement, la nuit, les étoiles qui brillent au ciel du Midi. Pour les Algériens du Tell, la Kibla désigne la région de l'outre-Atlas teliien, le Steppe, les mers d'alfa, le Ilaut-Plateau; par opposition, Dahra est devenu le Nord et, dans le cas présent, la montagne littorale au septentrion du ChélifT.

Entre fleuve et mer, le Dahara commence à la Métidja pour finir à la bouche du^Chélifî; dans l'usage courant, on ne le nomme Dahra que de Ténès à la plage où le pauvre Mississipi ■des Algériens expire sur les sables de Mostaganem.

IL Le Chénoua, le méridien français, le Zaccar. — En face du gai sahel de Coléa, que le Tombeau de la Chrétienne coiffe en dôme à 261 mètres d'altitude, le Chénoua jaillit

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Dans la foriH de Ténicl-el-IIaàd.

MOMS DU TELL.

brusquement à '968 mètres, de loin semblable, au-dessus de Tipaza la romaine et de Cherchell la maurétanienne, à notre Rhune au-dessus de la basquaise Donajouna'. De l'un de ses caps, l'observatoire de Paris arrondirait sa coupole droit devant celui qui, doué d'une vue surnaturelle, regarderait le strict septentrion par delà la mer et la terre.

Le méridien français, entrant en Algérie par le Cbénoua, coupe le Zaccar Oriental ; puis il traverse le Chéliff, passe sur le Chéaou, traverse à rOued-Taguin (c'est un des noms du ChélilT des Steppes), le

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