‹ Algérie et TunisieChapitre 52 sur 107 · C'est ce que signifie le nom arabe de Saïda · texte numérisé non relu

C'est ce que signifie le nom arabe de Saïda

la chaîne de Daïa perd de sa continuité; en même temps elle cesse d'être tellienne et va se dispersant en cimes isolées sur le Plateau des alfas. Parmi ces sommets, le Mékaïdou s'élance à 1 470 mètres, au-dessus d'El-Aricha, poste qui n'ignore rien des intempéries du septentrion quoiqu'il avoisine le trente-quatrième degré de latitude : c'est qu'il est à l'hivernale altitude de 1 250 mètres. A 40 kilomètres au S.-O. du mont d'El-Aricha, l'arête entre dans le Maroc au pays de Béni-Matar.

III. Monts de Tlemcen. — Tel est le prolongement des monts de Saïda. Celui des monts des: Béni-Chougran par delà les plaines du Çig termine plus dignement notre part d'Atlantide, en attendant que l'Algérie atteigne la Malouïa, puis l'Atlantique. Ce massif frontière tient son nom d'une ville belle par le site, grande par l'histoire, mais qui semble plus riche de passé que d'avenir. Sur sa terrasse, à 800 mètres au-dessus de l'incorruptible azur des eaux amères, c'est Tlemcen dont la montagne, fraîche et ruisselante à l'instar des Kabylies, est restée kabyle chez les Béni-Snous, qui usent encore d'un dialecte berbère.

Si de la plage méditerranéenne à la vieille ville déchue l'on monte de 800 mètres, il en faut gravir plus de 1 000 de Tlemcen au plus aérien sommet de son entassement de djebels calcaires; ils ont jusau'à 1 824 mètres, entre le nord verdoyant et les plateaux anhydres du sud gris. Mais au septentrion, des torrents coulent dans les forêts; ils vont vers la Tafna, vers le Méfrouch aux altissimes cascades, vers l'Oued-Chouli, l'Oued-Isser, très gracieuses riviérettes claires, bruyantes, éternelles, autant que près de. là sont impures, torpides, silencieuses et mourantes ou mortes celles des plaines oranaises.

IV. Tessala, monts littoraux de l'Oranie — Bône, Alger, Oran se ressemblent en ce qu'elles occupent des brèches de l'Atlas littoral, à côté de vastes plaines. Au nord du djebel des Béni-Salah de Bône s'étend le plan de la Seybouse et de la Mafrag terminé sur la mer par des alluvions et des dunes. Au nord de l'Atlas d'Alger, la Métidja fuit jusqu'aux dunes de l'IIarrach. De même, la plaine du Sig et le marais de l'IIabra, alluvions remplaçant un golfe, s'étendent entre le pied septentrional des monts des « Maudits » Chougran et la bordure des coteaux et de dunes, de petits monts littoraux qui sont le sahel de Mostaganem, d'Arzeu, d'Oran ; si bien que ce djebel, qui continue l'Ouaransénis, n'a pas vis-à-vis de lui, comme l'Ouaransénis, un Dahra, mais seulement des collines, des sables et des falaises.

A l'ouest de la plaine du Sig, le Grand Lac Salé d'Oran miroite en eau sans profondeur ou en sel dont la blancheur offense les yeux; au sud il a le crayeux Tessala (1063 mètres) qui est un prolongateur occidental des Béni-Chougran ; au nord il se butte presque aux petits monts d'Oran (631 mètres).

Le Tessala cache les horizons lointains du sud aux quartiers élevés de la ville d'Oran; à Sidi-bel-Abbèç il cache les horizons de la mer. Djebel très raviné, ses flancs portent des plateaux si féconds en céréales qu'il a reçu des Arabes le surnom de Terre du Blé. Il est compris

entre deux plaines ardentes, dont l'une, celle de la Lagune Salée, est moins froide en hiver que celle de Sidi-bel-Abbès. S'élançant ainsi d'un bas-fond, il condense les nues, trop rares en ce parage de l'Oranie; c'est pourquoi les brumes le visitent souvent, qui sont un présage de la pluie, désirée ici plus qu'ailleurs le soleil. D'où le dicton : « Quand le Tessala met son bonnet de nuit, il pleuvra : Sidi-bel-Abbès se réjouit ».

A l'ouest du Rio Salado, — mots espagnols là où nous devrions user des mots français de Ru Salé, — le Tessala se continue par les monts des Médiouna (627 mètres). Puis, à l'ouest de la Tafna, le Filaoucen (1 137 mètres) ou Mont de Nédroma continue le djebel des Médiouna; enfin à l'ouest de la frontière, dans le « Maroc Algérien » de la Cismalouïa, les monts des Béni- Snassen (1 500 mètres) continuent le Filaoucen : ils ont été nôtres, après les batailles de 1859 et de 1908; mais nous les avons rendus, très et trop magnanimement, à l'empereur barbaresque de Fès et de Maroc.

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