L'auteur du Don Quichotte
dans la mer. Elle tient pourtant; par poussée et contre-poussée tout s'équilibre le long de rues
qui sont ruelles, impasses, carrefours, escaliers. Mais il arrivera quelque jour, à quelque secousse du sol, qu'une poussière de décombres montera jusqu'au ciel limpide ou jusqu'à la nue de cuivre ou d'argent — catastrophe singulièrement aidée par la fragilité des énormes maisons bâties à contre-raison, à contre-climat, à contre-beauté, sur la déclivité du djebel.
L'Alger abrupt, c'est l'antique Alger, celui des Béui- Mezréna, puis des Turcs et des corsaires, celui qu'emprisonnaient des murailles à tours, crénaux et dentelures, depuis la Porte du Ruisseau' jusqu'à la porte Azzoun\ où pendaient à des crochets les condamnés du paclia sublime. L'Alger moderne déborde fort le site d'El-Djézaïr. 11 monte à l'Aglia. à Mustapha et à d'autres collines que celle de la Casba; surtout il s'allonge en plaine le long du rivage, par Saint-Eugène au pied de la Bouzaréa, par Mustapha et Hussein-Dey au pied de coteaux moindres : il va de ce coté jusqu'à la Maison Carrée,.ville sise là où le lleuve Harrach so heurte à la mer sur un seuil de sable. Le vieil Alger étale sa blancheur triangulaire sur près de 150 mètres de hauteur, du bassin de
ses navires jusqu'à la Porte
de Sahel, ouverte dans la
Casba. Au delà de cette
porte, la ville se continue
par les maisons de plaisance d'EI-l$iar, sur les
deux bords de la route qui
monte au Fort l'Empereur.
au Sultan-Kalassi des
Turcs, ses constructeurs
en l.'îio. Fort qui était la
clef d'Alger : quand il
éclata par une explosion
de poudre, le o juillet
1830, les Algériens com-
Rue de la Mer-Houge dans la ville haute.