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V. Vallées d’érosion

Stratification du terrain secondaire, en manteau,

avec fracture de la voûte et érosion longitudinale.

Stratification du terrain secondaire, 2, en fond de

bateau; couches semblables plongeant au nord et au sud.

Terrain tertiaire, 3, en stratification horizontale.

Failles et érosï<$^

m n. Plans verticaux des failles, a. Crêtes de même terrain, rebroussées.

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Les escarpes successives sont au nord. Les couches ont été brisées et se sont effondrées suivant des failles m, n; les plongements sont au sud. Les crêtes sont de même terrain.

Ce même aspect pourrait être le résultat d’une érosion ayant enlevé symétriqueîiient les terrains de plusieurs rides successives, ainsi que le montre la figure 2 bis.

Vallées d’érosion sans fracture.

Fie. 3.

•fulî

Lgs couches ii’ont point été brisées j elles plongent les unes sous les autres en stratification concordante. Les crêtes a, [3, 5^ produites par les érosions, apparliennent h des étages différents.

Plissements normaux du type jurassique.

Djebel Mllocb.

(Environs de Laghoiiat.)

Les figures o et 5 bis représentent des effondrements de couches qui se sont brisées et se sont écroulées sous l’action'des eaux qui ont miné le pied des falaises ; les couches «, b, c, qui sont presque verticales, ne sont que des fragments détachés des couches a' b' d stratifiées horizontalement.

Les Romains divisaient le nord de l’Afrique, de l’ouest à l’est, en Mauritanie, Numidie, et Afrique.

L’Afrique proprement dite (Afrique proconsulaire — Ifrikia) correspondait à la Tunisie actuelle et h la Tripoli taine ; c’était un des greniers de Rome {F erax Africci) dont le nom est conservé par une partie de la vallée de la Medjerda, appelée encore Frigia.

La Numidie correspondait à peu près à la province de Gonstantine, et la Mauritanie comprenait le reste du pays jusqu’aux colonnes d’Hercule ; mais les divisions administratives varièrent plusieurs fois, et la Mauritanie se subdivisa en Mauritanie sitifienne avec Sitifis (Sétif) pour capitale, Mauritanie césarienne avec Césaréa (Cherchell), et Mauritanie tingitane avec Tingis (Tanger).

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Après la ruine de Carthage (145 av. J. -G.), lorsque les Romains colonisèrent le nord de l’Afrique, ils l’abordèrent principalement par les rivages de l’est, c’està-dire par la façade tournée vers l’orient, du cap Bon au golfe de Gabès. Ils s’installèrent d’abord sur les territoires des anciennes colonies phéniciennes et fondèrent successivement de grandes cités dont les ruines immenses nous frappent d’étonnement. L’amphithéâtre d’el Djem est le plus vaste que l’on connaisse; à Sbeitla (Sufetula), à Gilma, se trouvaient des agglomérations considérables, si l’on en juge par la surface couverte par

les ruines et par le nombre des grandes voies qui en divergeaient.

Ce pays était à coup sûr mieux arrosé que de nos jours, cependant Salluste le caractérisait déj^i par ces mots : arbori infecundus.

Les Romains marchèrent ensuite de l’est à l’ouest, et la province de Gonstantine conserve encore des traces nombreuses de leurs établissements agricoles et de leurs colonies de vétérans. Ils tenaient l’Aurès; ils avaient des postes militaires à Biskra (ad piscinam) et dans les oasis voisines; mais la zone de leur occupation ne s’étendait guère sur les hauts plateaux de la province d’Alger et de la province d’Oran. Ils n’avaient point pénétré en Kabylie au delà de Tizi Ouzon, et vers l’ouest, ils ne possédaient qu’une bande assez étroite du littoral de la Méditerranée jusqu’aux colonnes d’Hercule.

Les invasions barbares (430), au contraire, vinrent de l’ouest par les rivages de l’Espagne; elles suivirent dans leurs dévastations une marche inverse de celle de la conquête romaine; plus tard, les Byzantins reprirent possession du pays pour un siècle (533 à 620), de sorte qu’en résumé, ce furent les parties orientales du nord de l’Afrique qui subirent le plus profondément et conservèrent le mieux l’empreinte de la culture romaine.

Les Arabes, après avoir pris l’Égypte, la Cyrénaïque, et la Tripolitaine, s’élancèrent à la conquête du Maghreb en 646.

Les populations berbères qui, depuis des siècles, avaient plié sous le joug des Romains et des Byzantins, toutefois sans perdre leur individualisme, virent d’abord en eux des libérateurs ; elles leur prêtèrent leur appui et, fort indifférentes en matière religieuse, comme elles

le sont encore aujourd’hui, elles acceptèrent facilement Fislamisme. Cependant les Berbères s’aperçurent bientôt que la tyrannie religieuse musulmane était aussi lourde que la tyrannie des exarques byzantins. Ils s’allièrent de nouveau k ceux-ci et repoussèrent les Arabes.

Kairouan avait été fondé par Okba pour devenir la capitale de l’Afrique musulmane ; les Berbères s’en rendirent maîtres, mais leurs succès ne furent qu’éphémères (683-688). De nouvelles armées arabes, accourues de rOrient, balayèrent les Berbères, les refoulèrent dans les montagnes et traversèrent le nord de l’Afrique comme une charge de cavalerie. Vingt après (711), elles étaient passées en Espagne, avaient écrasé les Wisigoths à la bataille du Guadalète et planté l’étendard du Coran sur la terre européenne.

Ces Arabes, qui laissèrent en Espagne de si magnifiques traces de leur industrie, de leur science agricole, de leur génie littéraire et artistique ; ces émirs glorieux qui, après la conquête, savaient gouverner, élever des villes magnifiques, protéger les sciences, les arts, et les lettres, ti une époque où les nations européennes étaient engourdies dans la torpeur du moyen âge, qu’avaient-ils de commun avec les tribus errantes de nos jours? Celles-ci nous présentent l’image exacte des sociétés pastorales des temps bibliques ; elles sont, depuis l’origine de l’histoire, immobilisées dans une existence appropriée aux déserts qu’elles parcourent; elles ne pourraient la modifier, et n’ont jamais su planter un arbre, ni tailler une pierre.

Peut-on voir avec plus de raison les descendants des Maures d’Espagne dans les populations sédentaires du Tell ? Mais leurs villes ne sont que des agglomérations de ruines qu’elles ne songent même pas à réparer.

Entre leurs mains qu’est devenu Kairouan, la grande métropole religieuse et littéraire? qu’est devenu Tlemcen, la superbe reine du Magreb, qui, au XV® siècle encore, passait pour une des villes les plus policées et les jdus civilisées du monde?

Cette i-ace superbe s’est donc éteinte après avoir traversé l’Occident comme un météore brillant, ou bien le souffle stérilisant de l’islam en a-t-il desséche la sève? C'étaient des Orientaux que l’idée religieuse avait momentanément galvanisés et qui, portés, par un prodigieux élan, jusqu’aux limites des terres connues, venaient étonner les barbares autant par l’élégance de leur mœurs et la délicatesse de leur esprit, que par l’enthousiasme de leur foi religieuse; mais ce n’étaient point des Arabes, ce n'étaient pas du moins les frères de sang des tribus auxquelles, de nos jours, on applique ce nom.

Le Sémite spiritualiste qui s’appelle lui-même l’Arabe, est incapable de créer et de prévoir. Il n’a jamais été qu’un destructeur. Son royaume n’est pas de ce monde. En fait, il ne conçoit et ne désire rien en dehors de la vie traditionnelle de la tente et du soin de ses troupeaux. Lorsque ses tribus ont été entraînées à la conquête de l’Afrique, elles se sont abattues comme des sauterelles dévastatrices ; elles en ont ravagé les champs, en ont livré les forêts en pâture à leurs troupeaux, se contentant, lorsqu’une région était épuisée, de lever leurs campements et de porter la dévastation plus loin ; de sorte que deux on trois millions d’hommes eurent bientôt peine à vivre sur une terre- qui avait porté une population décuple.

Depuis cinquante ans, la France a planté à son tour son drapeau sur les côtes nord de l’Afrique; elle a entrepris

d’y faire pénétrer la civilisation moderne. Après douze siècles, c’est l’œuvre romaine qu’elle s’efforce de reprendre et par des procédés assez semblables. A l’insouciance de l’Arabe elle oppose l’esprit de persévérance et de prévoyance ; h son fanatisme religieux infécond, la tolérance la plus indifférente; à ses rêveries spiritualistes, la préoccupation presque exclusive des intérêts matériels. Elle trouve des terrains toujours fertiles, mais certainement plus desséchés qu’à l’époque romaine et plus difficiles à mettre en culture; mais elle dispose d’un matériel industriel qu’ignoraient ses devanciers, et lorsque ses agriculteurs auront définitivement pris possession du sol, ils y apportei'ont sans doute la patience distinctive de leur race, l’amour de la terre, l’apreté laborieuse et la même énergie que le durus arator de l’antiquité.

A travers des vicissitudes, en dépit de découragements momentanés, la France poursuit son œuvre; quels que puissent en être, dans l’avenir, les difficultés et les périls, elle ne saurait plus l’abandonner.

Lorsque commença cette grande colonisation africaine, et, il y a quelques années encore, la prépondérance de la France sur les autres puissances du bassin de la Méditerranée était si bien établie qu’elle ne pensait ()as devoir trouver chez elles des rivales et encore moins des ennemies. Il avait même paru généreux à quelques esprits de partager entre les trois peuples latins du bassin occidental de celte mer, la tâche future delà colonisation de l’Afrique du Nord. On pensait ainsi que le Maroc serait réservé aux Espagnols l’Algérie aux Français, et la Tunisie aux Italiens. ’

Quelques idées furent même échangées à ce sujet

entre les hommes d’État de ces différents pays. Ceux de ritalie, préoccupés avant tout de reconstituer l’unité de leur patrie, refusèrent de s’engager dans une aventure dangereuse peut-être, en tout cas dispendieuse et hors de proportion avec leurs ressources. Ils espéraient alors pouvoir réserver l’avenir, et Ton comprend que le protectorat imposé par la France à la Tunisie ait pu, en détruisant certaines espérances, froisser certains sentiments .

Quant à TEspagne, qui, aux époques de sa grande puissance, avait occupé et fortifié la plupart des points importants du littoral algérien, elle eût été et serait certainement encore disposée à s’étendre au delà du détroit de Gibraltar, mais le Maroc est un pays qui ne se laisse pas facilement entamer et l’Espagne doit se contenter de Toccupation de quelques points de la côte, qui sont pour elle des présidios, des lieux de déportation bien plutôt que des colonies ou des comptoirs de commerce : Ceuta, les îles de Velez de la Gomera, les îles Alhucemas, la place de Melilla, et, près de la frontière algérienne, les îles Chafarinas, qu’elle a occupées en 1847 seulement. Mais les travailleurs espagnols débordent en grand nombre sur le territoire de TAlgérie où ils fournissent une grande partie de la main-d’œuvre. Dans la province d’Oran, notamment, ils forment, dès maintenant, la majorité de la population européenne.

La manière dont le gouvernement français appréciait alors le partage de la côte du nord de l’Afrique et des pays qui en dépendent, s’est, avec l’aison, modifiée de notre temps.

Si l’on prend une carte générale de la Méditerranée, on voit que cette mer se divise en deux bassins qui ne

communiquent entre eux que par un passage relativement étroit entre la Sicile et la Tunisie. Du cap Bon, on peut voir, par un temps clair, les côtes de Sicile.

Ce passage est encore resserré par l’île italienne de Panlellaria qui est fortifiée et qui ne laisse entre elle et la côte de Tunisie qu’un détroit de dix k douze lieues.

Il est donc extrêmement facile de passer de la Sicile en Afrique. Les navires à vapeur franchissent la distance de Marsala à Tunis en moins de 17 heures et l’île de Pantellaria est une escale à moitié chemin.

Si l’on admet donc qu’une puissance maritime ennemie occupe, en même temps, les côtes d’Afrique, Panlellaria, et la Sicile, elle commande les communications entre les deux bassins de la Méditerranée et peut jeter en quelque heures des forces importantes en Tunisie.

L’Angleterre, en s’établissant à Malle, a, depuis longtemps, pris ses précautions pour rester maîtresse de ce passage.

Que l’on observe, d’autre part, que Gibraltar et Geuta commandent la sortie de la Méditerranée sur l’Océan, il en résulterait que, si la France n’était pas maîtresse des côtes de la Tunisie, les flottes françaises pourraient, dans certaines circonstances h prévoir, être en quelque sorte enfermées dans la Méditerranée occidentale comme les flottes russes sont enfermées dans la mer Noire. Si, à cette considération d’importance capitale , viennent s’ajouter celles relatives à la sécurité de l’Algérie toujours prête aux insurrections, on comprendra facilement que la France ne pouvait, à aucun prix, admettre qu’une influence rivale de la sienne pût s’implanter en Tunisie.

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