‹ AlgérieChapitre 12 sur 140 · BONE ET BOUGIE · texte numérisé non relu

BONE ET BOUGIE

Il existe une assez belle route de Constantine à Bone, qu’on pourrait facilement rendre praticable aux voitures. Ces deux villes sont éloignées de 30 lieues l’une de l’autre ; le terrain compris entre elles est peu accidenté , et la plus grande partie de la surface est cultivée. A moitié chemin , on traverse à pied la Séïbouze, qui a 60 ou 80 mètres de large. Tout le long de la route , on rencontre beaucoup de ruines de villes et d’édifices romains. En approchant de Bone , le sol montueux est couvert de bois composés d’oliviers, de sapins et de lentisques.

Quand les Français s’emparèrent de Bone , une partie de cette ville était en ruines , et sa population , assez nombreuse quelques années auparavant, se trouvait réduite à 1600 âmes. Elle est construite sur le bord de la mer, au pied d’un mamelon , sur lequel s’élève la citadelle (Kasba). Un mur de dix pieds de haut règne tout autour de Bone, et quatre portes, dans le genre de celles de Médéya, donnent entrée

dans la ville. Les maisons sont construites comme celles d’Alger ; les mosquées ne présentent rien de remarquable; l’édifice le plus beau est la Kasba, forteresse vaste et bien construite , armée de plusieurs pièces de canon , avec lesquelles quelques centaines d’hommes peuvent se défendre contre les hordes barbaresdu voisinage.

Bone est située dans une baie terminée par le cap de la Garde et le cap Rosa. Près de ces deux caps , il y a des montagnes très-élevées qui tombent brusquement dans la mer. Trois rivières se jettent dans cette baie : la Séïbouze , la Séïbose et la Saba. Près des , bords de la Séïbouze , au S. -O. de la ville , s’élève un monticule sur lequel on voit encore les ruines du couvent de St.-Augustin, apôtre de ces contrées, qui convertit les Maures au christianisme , lorsqu’ils étaient encore sujets des Romains. Tout le fond de la baie est bordé de dunes qui s’avancent fort loin dans l’intérieur des terres.

Entre Bone et Bougie , le pays est très-montueux et habite par des tribus berbères fort belliqueuses, qui empêcheront encore long-temps la communication parterre entre ces deux villes, et s’opposeront de toute leur force aux établissements que les Français tenteraient de former le long de la côte.

Bougie est bâtie au fond d’une baie abritée par le cap Carbon des vents du N. et du N.-O. ; les vaisseaux de guerre y trouvent un bon mouillage; cinq batteries en défendent l’entrée.

Cette ville est à 30 lieues de Constantine , à 55 de Bone et à 45 d’Alger. Nous ne possédons point de renseignements sur sa population. Les montagnes qui l’environnent sont habitées par des Berbères cruels et belliqueux, qui n’ont cessé d’attaquer nos troupes depuis leur débarquement , et avec lesquels il sera impossible d’établir jamais de relations amicales un peu solides.

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