Syndromes douloureux des extrémités sue rieures
a) Erythromélalgie : C? est une affection qui pre-. cède par accès et qui frappe les extrémités, donnant lieu à des crises douloureuses de gonflement des extrémités avec. rougeur, chaleur et sueurs. Am moment des accès, les artères battent avec violence, les veines sont gonflées. Les crises se produisenfé surtout en été. Cette affection est d’ ailleurs rare chez la femme. : à
b) Maladie de Raynaud : mais les caractères très spéciaux des crises, leur siège, leur symétrie, l’existence des phénomènes si caractéristiques d’asphyxie et de syncopes locales, permettent de l’éliminer.
Mais il existe des cas où il y a association d'a gies brachiales de la ménopause et de maladie de Raynaud. L’asphyxie des extrémités apparaît Ssoæ vent à cette période de la vie, localisée parfois dans un côté, dans quelques doigts.
5. Doigt mort des brightiques, mais il ne ere. pas par crises régulières; les signes du mal de Bright permettront de rattacher ce symptôme à sa véritable cause.
6. F'ourmillements de la main et des doigts, précurseurs fréquents d’une attaque d’hémiplégie chez les artério-scléreux. Mais ils ne surviennent pas SOUS | | forme de crises nostenn se
Fe 8 ’attacher
ee D'ailleurs il ne faut porter le diagnostic d’algies ; brachiales de la ménopause, surtout dans ses formes ‘unilatérales, qu'avec une extrême prudence. Il faut à rechercher l’existence d’une affection organique, et ce n’est qu'après avoir exelu la possi- bilité de celle-ci qu’on acceptera le diagnostic d’al- gies de la ménopause.
On conçoit donc que le diagnostic puisse être tro. re très délicat; sans doute, les algies brachiales de AE
ménopause ont-elles pour caractère essentiel de réa-
liser un syndrome purement subjectif, sans aucun signe de lésion organique du système nerveux. Mais, d’autre part, des signes purement subjectifs peuvent précéder de très longtemps l’apparition des signes d’une affection organique du système nerveux, qu’il s'agisse d ’une lésion du névraxe ou du système ner- veux périphérique. | PER Algies par malformation rachidienne : côtes cervicales, hypertrophie des apophyses transverses, syndrome de Klippel Feil, spina bifida occulta, que des radiographies de la colonne cervicale permettront de révéler.
be diagnostic des troubles dûs aux côtes cervicales ou à l’hypertrophie des apophyses transverses d’avec les algies brachiales de la ménopause, présente d’autant plus d'intérêt que dans plusieurs de nos observations on trouve notée la présence d’apophyses transverses développées ou réellement hypertrophiées. On verra plus loin les conséquences pathogéniques qu’il nous semble logique d’en tirer.
Nous voulons au préalable reproduire en la résu-
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mant l'observation suivante du D’ Thomas, publiée dans la Presse Médicale du 16 mai 1931 ; elle montre en effet l’intrication de plusieurs facteurs chez une même malade et la difficulté diagnostique d’attribuer les troubles observés soit à des apophyses transverses de C7 très hypertrophiées, soit au syndrome des algies brachiales de la ménopause.
« Mme X..., âgée de 42 ans, s’est présentée pour la première fois à la consultation de l’hôpital Saint- Joseph, le 4 décembre 1928, à l’occasion d’un engourdissement douloureux de la main et de l’avantbras droit, qui avait fait son apparition il y a cinq ou six ans, et qui s’est ARRETE accentué depuis quelques mois.
« Au début, la malade ressentit des fourmillements . désagréables dans toute la main, puis un engourdissement tel qu’elle ne sentait plus les extrémités des doigts. Les sensations remontèrent ensuite sur l’avant-bras, presqu’à mi-hauteur du bras, prenant alors des caractères un peu différents : douleurs violentes, lancinantes,sensations de broiement,procédant par crises qui reviennent avee quelque régularité et cèdent ou s’atténuent dans certaines cor.-
ditions physiques ou mécaniques (bras pendants en dehors du lit, éloignement de la chaleur du lit).
« La main lui paraît souvent enflée, violette et froide et, de fait, elle est un peu plus grosse que la gauche. Le port de bagues est devenu impossible. La pression artérielle, examinée avec l’appareil de Pachon, est la même sur les deux côtés,
« L'examen du système nerveux ne Dee aucune
« Le corps thyroïde n’est pas augmenté de volume.
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« Tous les organes paraissent sains. =
« En somme, syndrome qui ressemble tout à fait à
se. k ns au sont. légèrement Le amples | à
main enfie, surtout la nuit.
droite.
anomalie. Le réflexe pilo-moteur apparaît avec la même intensité et la même ue sur les deux côtés.
Depuis trois mois, les règles viennent irrégulièrement, avec des avances et des retards.
« Dans les antécédents, aucune maladie grave. Mariée, elle n’a eu qu’une fille, âgée de 27 ans, bien portante. |
celui des algies brachiales de la ménopause.
« A la suite d’un traitement opothérapique | (ovaire, corps thyroïde), disparition des douleurs, qui s’est maintenue jusqu’au mois de juin 1929. A ce moment, elle est prise de métrorragies abondantes qui persistent pendant les mois d’août et septembre. | « Des séances de obéapie les arrêtent et depuis cette époque, les règles sont complètement supprimées.
« In même temps que les métrorragies, la malade avait ressenti quelques douleurs, localisées cette fois dans la main gauche; les douleurs du membre supérieur droit n’avaient pas reparu.
« Après l’application des rayons X, les douleurs de la main gauche subissent une recrudescence ; la
< Puis, les douleurs de la main droite réapparaissent, Incomparablement moins vives qu’au début de la maladie et que celles éprouvées re dans la main gauche.
« Les troubles subjectifs du côté gauche sont assez comparables à ceux observés sur la main droite lorsque la malade a été vue pour la première fois; mais il existe des symptômes d’un autre ordre. « L’éminence thénar est aplatie sur son bord externe. Îl existe une atrophie prononcée du court
abducteur et de l’opposant. Les autres museles
sont intacts. Le court fléchissement du pouce est épargné. Aucune secousse fibrillaire. La réaction de dégénérescence existe sur les deux muscles atro- phiés.
« La sensibilité objective est troublée.
« Légère hyperesthésie à la piqûre, au tube chauffé, sensibilité tactile très diminuée, cercles de Weber très élargis, sensation de pression très diminuée, vibrations du diapason moins nettement perçues; la pression est douloureuse au niveau de l’éminence thénar, sur l’ "opposant et le court abducteur. = « La sueur est ee marquée sur la face palmaire des trois premiers doigts. Les oscillations artérielles sont un peu moins amples au poignet du côté gauche que du côté droit. .
« Donc syndrome sensitivo-moteur localisé exclu: sivement dans le domaine du médian.
« Lei, vu l’absence de contractions fibrillaires et la nature des troubles de la sensibilité, il s’agit d’une
e paralysie radiculaire no qu’une e paralysie cen- € trale ou myélopathique.
« Ce type d’atrophie est relativement fréquent € dans les paralysies radiculaires occasionnées par la présence d’une côte cervicale ou par une apo- & physe transverse hypertrophiée.
« La Radiographie, faite récemment, a montré, à æ défaut de côte cervicale proprement dite, une apo- & physe transverse de la 7° cervicale très volumi- « neuse des deux côtés. »
Comment interpréter les accidents nerveux de cette malade? ue
Ceux du membre supérieur droit éprouvés en décembre 1928, soulagés par l’opothérapie, peuvent être considérés comme liés aux troubles ovariens.
Mais il n’en est plus de même du syndrome sensi- #ivo-moteur de la main gauche. Le D' Thomas n’a jamais rencontré pareil syndrome dans les algies de là ménopause et estime que la ménopause à elle seule me peut produire semblable complication.
Certes, des facteurs multiples s’associent souvent dans la genèse des algies de la ménopause, et nous pensons qu’à côté du facteur endocrinien, des causes Jocales telles que apophyses transverses hypertrophiées peuvent jouer un rôle localisateur dans les algies brachiales.
Mais il paraît difficile d’attribuer le rôle principal eu exclusif à la carence ovarienne pour les troubles du côté gauche, et l’hypothèse qui rattache les accidents à l'existence d’une apophyse transverse hypertrophiée est plus séduisante.
PATHOGENIE
Comme l’a écrit notre maître le D' Thomas : Rs
« La pathogénie des algies de la ménopause est d’une interprétation difficile. L’exaltation de la sensibilité subjective et objective ne doit-elle pas être rapprochée des modifications de l’humeur, du caractère, de l’émotivité, de l’affectivité, de l’exaltation de la sensibilité morale? É
« L'hypothèse d’une intoxication en résultant de la suppression des fonctions ovariennes est séduisante; mais sans doute le mécanisme est-il plus complexe! Dans le bouleversement de l’âge critique, il serait excessif de ne mettre en cause que la suppression de la fonction ovarienne. Ne voit-on pas apparaître les mêmes troubles vers la cinquantaine chez des femmes qui ont subi encore jeunes une hys- | térectomie totale? Lies accidents de 1’ âge critique ne sont donc pas imputables exclusivement à la disparition de la fonction ovarienne: il lui revient sans doute un rôle prédominant, mais d’autres pese glandulaires doivent intervenir.
On peut donc ineriminer une intoxication donnant lieu à une susceptibilité spéciale des nerfs, ou bien ; encore les rendant plus sensibles à la pression.
« Maïs la pathogénie devient encore plus complexe si l’on s’attache à l’étude des troubles plus localisés =
les algies, les infiltrations segmentaires du membre
supérieur.
« Comment un processus d'ordre aussi général peut-il affecter avec une telle prédilection un ou deux bras? Lorsque les douleurs sont soulagées par le traitement opothérapique on peut encore les considérer comme liées aux troubles ovariens ; toutefois, il faut toujours faire, même dans ce cas, une radiographie de la colonne cervicale qui bien souvent montre des
apophyses transverses de C. 7 développées, ou des
apophyses costiformes.
« Il n’est pas impossible, en effet, que la présence
d’une apophyse costiforme ne puisse favoriser l’apparition des algies de la ménopause, ou bien encore que la présence des apophyses ne se révèle à cette occasion. L’anomalie osseuse a toujours existé; elle remonte à la naissance, et il est vraisemblable que d’autres facteurs interviennent lorsqu'elle se manifeste cliniquement; à côté d’actions mécaniques s’exerçant localement, des causes d’ordre général, telles que les infections, des intoxications ont été déjà incriminées. Il faut se rappeler également que si les côtes cervicales sont plus fréquentes chez la femme, le même sexe est plus exposé aux accidents nerveux produits par ces malformations. »
En résumé, les algies de la ménopause sont dues aux perturbations glandulaires, celles de l'ovaire jouant un rôle prédominant. La localisation brachiale est expliquée dans un certain nombre de eas par la présence d’apophyses cervicales transverses
de C 7 anormalement développées.
Disons hr que der les individus normaux, S lestue d’apophyses transverses de C 7 dévelop- | pées et ne donnant lieu à aucun trouble est fréquente; é que, d’autre part, il est difficile de dire à quel moment commence une apophyse hypertrophiée! ES D’autres fois, il existe des bandes fibreuses os à sant les extrémités des apophyses transverses de C 7: aux premières. côtes ; elles sont naturellement i invisibles à la Radiographie, mais de réalité incontestable comme l’ont montré des interventions chirurgicales ;
elles jouent le même rôle localisateur ie les anomades osseuses précédentes. É à