IO — 2 au poignet gauche
Cœur normal ; pouls : 72, Wassermann dans le négatif, urée sanguine 0 gr. Da:
La radiographie de la colonne cervicale a montré des apophyses transverses de C7 très RARE des deux côtés,
Un traitement opothérapique et diathermique est institué contre les algies brachiales, en même temps
qu’un traitement par rayons pour la plaque peladique,
F La malade, revue 2 sie ne souffre plus. . à ‘ailleurs, la plaque peladique pariétale gauehe a cessé 2e de S ‘étendre.
hero tion IV
e F Er ss
Mme W... 56 ans, polisseuse, qui est venue consul- ter pour la première fois, le 12 mars 1927, pour cée phalée et surtout pour fourmillements, engourdissement de la main droite avec paroxysmes nocturnes depuis un mois, est revue par nous, le 6 mai 1931. Dans ses antécédents, on 1 note une fièvre typhoïde à à De. l’âge de 28 ans.
Une grossesse à terme : à l’âge dé 34 ans : ne Pe mmenr-par forceps. Elle ressent, par la suite, des dou- = leurs dans le membre inférieur droit au moment des règles. On aurait conclu à une atteinte du nerf sciatique droit. Retour de couches six semaines après l’accouchement. | Pas de fausse couche.
Réglée à quinze ans : menstrues régulières, abondantes, durant une huitaine de jours.
En décembre 1928, suppression brusque des oh Depuis, la malade présente des bouffées de chaleur, des palpitations, des vertiges, des transpirations noc- turnes abondantes, des troubles du caractère à tendance dépressive, des douleurs épigastriques sans horaire précis, des céphalées fréquentes le matin au réveil, de l’insomnie, de la pollakiurie nocturne, une asthénie généralisée.
Il semble que les bouffées de chaleur soient apparues quelques mois avant l’arrêt des règles.
En 1926, surviennent quelques douleurs dans la nuque, se reproduisant fréquemment, mais qui sont assez bien calmées par les analgésiques habituels.
En février 1927, apparaïssent des douleurs dans la main droite qui ont persisté jusqu’à ce jour. Il s’agit d’algies violentes survenant vers le milieu de la nuit et réveillant la malade. Toute la main droite est le siège de fourmillements, puis d’engourdissement avec parfois en plus une impression de chaleur marquée. Ces sensations disparaissent peu à peu sous l’influence de frictions, de massages, de mouvements, de l’exposition de la main à la chaleur. La flexion du bras appuyé contre le corps les atténue. Le décubitus, la fatigue, la chute du bras hors du lit les exagèrent.
Depuis novembre 1930, les algies de la main droite se sont étendues d’abord jusqu’au coude puis dans tout le membre supérieur droit avec, parfois, des irradiations vers la pointe de l’omoplate du même côté.
IT s’agit d’une sensation d’engourdissement extrêmement pénible, à paroxysmes nocturnes, qui est nettement plus marquée au moment où devraient se produire les règles.
Depuis février 1931, les algies sont apparues du côté gauche : d’abord à la main, puis dans tout le bras gauche, avec les mêmes caractères de fourmillements d’abord, puis d’engourdissement. Il existe d’intéressants phénomènes concomitants des crises douloureuses : lors des paroxysmes, les mains changent de coloration, deviennent très rouges, cependant que les
doigts paraissent paralysés. Sous l’influence du massage, les mouvements digitaux reviennent peu à peu, mais la motilité du médius droit retarde d’une demiheure sur celle des autres doigts. De plus, depuis un an, la malade a une impression de gonflement des doigts et des mains, plus marqué à droite; c’est un gonflement réel qui l’oblige à enlever ses bagues et qui diminue peu à peu le matin.
L'examen neurologique ne révèle rien de partieu-
Her. , Aux membres supérieurs : Aucune douleur du plexus brachial. Pas de douleur à la pression des téguments, des muscles, des os. Bonne excitation du nerf cubital. Aucune atrophie musculaire. Réflexes
tendineux normaux. Aucune lésion des articulations
qui sont mobiles, indolentes, ne donnant lieu à aucun eraquement.
I n’y a aucun trouble de la sensibilité.
Aux membres inférieurs : Réfiexes patellaire et achilléen peut-être un peu moins vifs qu’à droite; cutané plantaire en flexion des deux côtés.
Les pupilles sont absolument normales. Par ailleurs, les autres appareils sont normaux. La tension artérielle aux deux bras est de 15-8 au Pachon.
La radiographie de la colonne cervicale montre des apophyses transverses de C7 un peu développées mais non plongeantes.
Depuis 1927, opothérapie thyro-ovarienne, frictions au baume tranquille, mais qui ont eu peu d’action sur les douleurs.
Depuis le 6 mai 1931, séances de diathermie qui la soulagent beaucoup.
Observation V
Mme M... 43 ans, vient consulter, le 14 avril 1931, pour douleurs dans le bras droit. |
Dans ses antécédents, rien de bien sn, Mais depuis quelques mois, les règles, jusque-là normales, ” sont moins abondantes, moins Een avee des retards fréquents.
Les algies brachiales sont apparues +, y a dix jours.
Dans la nuit, surviennent des douleurs dans tout le bras droit, marquées surtout à la main, dans les deux doigts externes, le long de la partie externe de lavant-bras et du bras, avec irradiations dans l'épaule, le cou, la nuque, du même côté. Il s’agit de douleurs très vives à type de fourmillements, parfois de tiraillements, particulièrement marqués la nuit, mais persistant dans la journée. Ces algies sont assez
bien calmées par la flexion du bras et son rapprochement du thorax. |
Il existe, de plus, un gonflement des deux mains, plus marqué à droite, et qui existe surtout le matin.
A l’examen des membres supérieurs, on constate que les réflexes tendineux sont normaux des deux côtés; il n'y a aucune atrophie musculaire, aucun trouble du tonus, de la sensibilité à la piqûre. Aucune
douleur à la pression des téguments, des masses mus-
culaires, des os, : ni | aux en articulaires. n’y a rien de spécial par. ailleurs. RS - La radiographie de la colonne cervicale montre des —
ne ne transverses sensiblement normales.
TE traitement opothérapique institué a amené une ee
sédation considérable des algies. A
Observation VI | Mme D. 45 ans, vient, pour la première fois, à à & consultation du docteur Thomas, le 23 décembre 1930, pour douleurs dans le bras gauche.
Dans ses antécédents, on ne relève r rien de partieu- L ___ lier, sauf un point pleurétique gauche.
nr . Elle a-toujours été bien réglée jusqu’à 43 ans. Depuis, les règles ont diminué d ’abondance, ne durent plus que 24 heures. Par ailleurs, elle accuse des bouffées de chaleur, des sueurs fréquentes.
Les douleurs sont apparues dans le membre supérieur gauche il y a quelques semaines. Elles prennent tout le bras, s'étendent jusqu’à à l’épaule. C’est une sensation de fourmillements, d’engourdissement, très marqués surtout la nuit.
are Un traitement opothérapique est institué.
Mais la malade revient consulter, le 10 avril 1931,
| incomplètement soulagée.
Les douleurs sont encore assez vives. Elles siègent
Ne : QOit à la face externe de l’avant-bras et du bras, soit à la face interne des doigts et du bras. Elles irradient
au bord supérieur de l’omoplate et même à la paroi latérale thoracique. à
L'examen des membres supérieurs gauches montre des réflexes normaux, sauf le stylo: radial qui est peut-être un peu vif. =
Aucune atrophie musculaire.
L'’articulation scopulo-humérale gauche est légèrement douloureuse à la mobilisation, sans aucun ceraquement.
Douleur à la pression au niveau de la pointe de l’omoplate (là où était apparu le point pleurétique, mais la respiration s'entend très bien à cet endroit).
Par ailleurs, il n’existe aucun trouble neurologique. Les membres inférieurs sont normaux; pas d’inégalité pupillaire, pas de nystagmus ; aucun trouble des sphincters.
Les autres appareiïls sont normaux.
La radiographie de la colonne cervicale montre des apophyses transverses de C7 très développées.
Observation VII
Mme M... Eugénie, 46 ans, vient consulter pour douleurs dans le membre supérieur droit.
Dans ses antécédents, on ne relève qu’une intervention pour déviation de la cloison du nez. À
Les règles sont supprimées depuis dix ans. Depuis elle accuse une asthénie générale marquée, de l’insomnie, tenace, des bouffées de chaleur.
Les algies du membre supérieur droit sont appa-
turne, douleurs vives, à type d’engourdissement. Celui-ci est particulièrement marqué depuis huit jours. C’est ce qui décide la malade à consulter. De plus, elle ressent dans le bras droit des sensations de chaud et de froid.
. L’examen neurologique est absolument pie La radiographie de la colonne cervicale n’a pu être te
La malade, revue quelque temps après, avait cons- 5;
taté une sédation à peu près absolue de ses douleurs à la suite de l’opothérapie instituée.
Telles sont, brièvement résumées, quelques-unes des
observation d’algies brachiales de la ménopause qui
nous ont paru typiques. “
Fo algies, comme on a pu le voir précédemment, présentent des caractères très particuliers.
Elles siègent soit à un seul bras, ce qui est fréquent, soit aux deux bras, mais, alors, avec habituellement prédominance nette d’un côté, le plus souvent le droit.
Elles surviennent, en général, la nuit, pendant le sommeil, et réveillent les malades.
Elles affectent tous les degrés d’intensité ; assez souvent, elles sont pénibles, intolérables même, entraînant une insomnie pénible.
Elles sont à type de fourmillements, d’engourdissement siégeant dans une main ou dans les deux, pour
rues il y a quelques semaines, à prédominance noc-
AS
Rae
s étendre ne dans ie ou Te Dies. selon qu’ iL s’agit d’algies brachiales uni ou bilatérales.
Elles persistent plusieurs hèures et ne s ’atténuent
bien souvent qu’au jour pour reprendre ne ments très marquées les nuits suivantes.
Leur durée est très variable, de quelques semaines à plusieurs années.
Ces douleurs ne sont, en général), que peu ou pas | calmées par les analgésiques habituels. Elles ne sont pas exagérées par la toux, l’éternuement, les mouvements du membre atteint.
Dans certains cas, des frictions locales, l 'exposition du bras à la chaleur atténuent nettement les phénomènes douloureux; parfois, au contraire, c’est l'éloignement de la chaleur du lit qui les soulage.
Très souvent, des positions particulières du
membre en cause, et qui diffèrent d’une malade à. l’autre, soulagent les algies : telle fléchit les bras et les rapproche du corps; telle autre laisse tomber les bras en dehors du lit, etc. Re :
D'autres n’obtiennent une sédation des douleurs qu’en se levant et en se promenant. |
Les mêmes manœuvres, bien souvent, doivent être renouvelées plusieurs fois dans la’ même nuit; le calme ne s’installe qu'avec le lever du jour.
Dans la journée, il n’est pas rare que la douleur réapparaisse à l’occasion d’un travail prolongé du membre algique, d’une attitude longtemps maintenue. La position verticale du membre supérieur, comme dans l’acte de se coiffer, est assez souvent inériminée.
De in, il ya de + qui éprouvent de la dictée | mobiliser leurs mains au réveil.
EC gonflement des doigts, des mains (observations III, VV) coexiste très souvent avec les algies brachiales.
Ce gonflement apparaît ou à son maximum la nuit, eomme les crises douloureuses (les mains sont gonflées, les doigts boudinés et le port des bagues devient assez souvent impossible), puis il diminue ou disparaît le matin.
I] ne s’agit pas là l’œdème: il n y a pas de D UUES à la pression. C’est une infiltration tissulaire CoMpa- rable à celle du myxœædème ou à l’infiltration grais- -SEUSE)
Signalons encore que dans quelques eas existent des modifications de coloration, de température lo-
cale des téguments au niveau des mains, des modifications oscillométriques en rapport avec une asymétrie thermique. :
Comme on le voit, ces symptômes réalisent un syndrome qui offre de grandes analogies avec celui de l’acroparesthésie, tel qu’il a été décrit par Putnam en 1880, et nous rappelons la description tirée de la « Sémiologie des affections du système nerveux », du Professeur Déjérine : « L’acroparesthésie est un « trouble de la sensibilité caractérisé par une sen- « sation de fourmillement des extrémités, siégeant « principalement aux mains. Cette affection s’ob- « serve de préférence chez les femmes. Elle compte « parmi ses caractères principaux de se présenter « d’une manière intermittente et de survenir par
accès, généralement périodiques, revenant à la même heure chaque fois, chez les malades. Ces accès se produisent le plus souvent pendant la nuit et surviennent d’ordinaire pendant le sommeil.
« La douleur réveille le sujet et persiste plusieurs heures, souvent jusqu’au lendemain. Le fourmillement dont se plaignent les malades paraît être analogue à celui qui se produit lorsqu'un nerf est comprimé, ou à celui qui est la conséquence d’une impression de froid. Gallois (1898) le compare à la sensation qui se produit lorsqu'on réchauffe une main préalablement refroidie. Certains malades
même signalent une sensation de doigts morts et
en même temps, ils ont une sensation de gonfle-
ment de la main et des doigts. Cette sensation de gonflement est, en réalité, bien plus subjective
qu’objective. C’est presque toujours par les deux
mains que débute le fourmillement et tantôt 1 y
reste localisé, tantôt il remonte le long des bras. #
peut cependant avoir un début unilatéral pendant un temps plus ou moins long. D’autres fois, plus
rarement, la douleur commence par d’autres ré-
gions, bras, pieds, épaules, quelquefois même par la
figure, le nez ou la langue.
« Dans les régions affectées, on constate un certain
degré d’anesthésie, les malades sentent moins bien
les objets qu’ils prennent dans leurs mains, de-
viennent maladroits. Parfois même, on a signalé
des crampes ou des états vagues de parésie. Dans
certains cas, enfin, d’après Gallois, on pourrait
constater des troubles vaso-moteurs. Il y a lieu, du
« reste, de faire remarquer que les accès d’acropa- « resthésie étant le plus souvent nocturnes, l’obser- « vation directe des malades ne se réalise pas sou- « vent. La durée de cette affection est très variable. « Gallois parle d’un cas ayant duré 26 ans. La gué- « rison est du reste la règle et cette guérison s’effec- « tue spontanément. Les récidives peuvent s’obser- « ver. J’en ai, pour ma part, constaté un exemple
« très net après sept ans de guérison complète. »
« J'ai insisté, dans la thèse de mon élève Trom-
« berg (1905), sur ces symptômes subjectifs, ainsi. « que sur les troubles de la sensibilité objective qui « les accompagnent le plus souvent et qui ont une « topographie radiculaire (Pick, Déjérine et Egger), « et je ne suis pas éloigné de croire que cette affee- « tion est assez souvent la manifestation ébauchée « d’une radiculite. »
On voit, par cette description que les symptômes présentés par nos malades se rapprochent, par beaucoup de leurs éléments, de l’acroparesthésie. D'’ailleurs, selon notre maître, le docteur Thomas : « L’acroparesthésie doit plutôt être considérée < comme un syndrome que comme une affection au- « tonome. Cest quelquefois à des désordres cireula- « toires, au refroidissement des extrémités, à des « compressions vasculaires qu'il faut attribuer les « sensations qui représentent l’élément capital du « syndrome; des sensations semblables ne sont-elles « pas accusées par des malades atteints de maladie « de Raynaud, d’érythromélalgie, où elles s’asso-
« cient, il est vrai, à des douleurs plus vives de brû-
ue
lure et de déchirement? Toutefois, dans ces di- « verses affections, les troubles cireulatoires conco- « mitants se présentent avec une intensité et des ca- « ractères qui permettent d’en dépister l’origine.
« L’acroparesthésie peut être encore réalisée par « des lésions des nerfs, des plexus et des racines. « C’est un syndrome qu’il n’est pas rare d’observer « chez des sujets qui sont porteurs de côtes cervi- « cales. C’est pourquoi il est indispensable de faire « une radiographie de la colonne cervicale. Quand « elle ne s’accompagne pas de signes d’une lésion « organique, il n’est pas douteux que l’acroparesthé- « sie ne trouve souvent son explication dans des « trouhles dus à la ménopause et c’est bien ainsi qu’il « semble légitime d'interpréter le syndrome doulou- « reux dont souffrent les malades de nos observations. »
L'origine de la maladie s’éclaire par la constatation des perturbations des glandes endocrines ; nous n’insisterons pas sur les signes concomitants, témoins de cette ménopause. Citons seulement, outre les perturbations des règles, les bouffées de chaleur, les sueurs « nocturnes, les céphalées matinales, l’insomnie, les « troubles du caractère, les troubles dyspeptiques, « une asthénie généralisée.
Ce que nous tenons à signaler tout ul dans « les algies brachiales de la ménopause », c’est l’absence de signe d’organicité à l’examen du système nerveux : aucune modification des réflexes, de la sensibilité, du tonus, de la force musculaire, absence de
TD rs PC
toute douleur à à de pression des téguments, des masses musculaires, des os.
Te seul signe objectif est l’infiltration tissulaire des mains et des doigts qui accompagne assez souvent ces algies.
I faudra toujours compléter l’examen de ces ma- lades par la prise de radiographies de la colonne cervicale qui, dans certains cas, montrent des apo-
physes transverses de C7 bien développées ou réelle-
ment hypertrophiées. Mais cette condition n’est pas indispensable ; d’autre part, il existe des variations très grandes dans le développement de cette apo- physe et il est difficile de dire à quel moment commence une neninse hypertrophiée!