PAR VOIE TÉLÉPHONIQUE
Bruxelles, 11 novembre, minuit.
Il est minuit. Je ne veux pas attendre I la fin du dernier acte $ Ali-Baba pour vous faire connaître le résultat de la soirée. C'est un succès, un grand succès surtout pour M. Lecocq, qui s'est affirmé victorieusement comme compositeur de grande musique, je ne veux pas dire de « musique sérieuse », ce qui induirait à faire croire que le public qui a applaudi ce soir si chaleureusement Ali-Baba n'a pas été amusé en même temps que charmé.
Dès la fin du premier acte, après les couplets
Vive, vive Ali-Baba, Il est plus riche qu'un pacha,
la bataille a été gagnée, et le public, debout, réclamait les auteurs pour les
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Dans leur livret, MM. Vanloo et Busnach ont serré d'aussi près que possible la légende bien connue des Mille et une Nuits. Seulement, comme il était difficile de remettre en scène le Kassim de la légende après qu'il avait été coupé en quatre morceaux dans la caverne des quarante voleurs, les auteurs ont imaginé de ne le faire massacrer que moralement.
Au moment où Kassim, ayant surpris le secret du fameux « Sésame, ouvretoi 1 », est saisi dans la caverne, est condamné par le farouche Kandgyar et va être mis à mort, les auteurs ont imaginé de lui donner comme exécuteur un ancien commis à lui, nommé Zizi, devenu voleur de profession après avoir été chassé par son maître pour vol par gourmandise. D'après une autre fiction, les quarante voleurs devant se renouveler constamment, ainsi que des académiciens, Zizi, charge de tuer Kassim, reçoit en même temps mission de recruter un quarantième voleur, pour remplacer un camarade qui a eu la maladresse de se laisser prendre et pendre la veille.
Zizi, au lieu d'égorger Kassim, le transforme et le maquille en scène d'une façon fort amusante, ce qui permet à Kassim de reparaître au troisième acte et d'assister à la fête finale dans les jardins d'Ali-Baba.
L'heure est trop avancée pour que j'entre dans de longs détails. Je me bornerai à signaler les morceaux les mieux réussis de la partition.
Le morceau d'ouverture est très court; il a pour thème le motif caractéristique de « Sésame, ouvre-toi 1 » et deux autres motifs des actes suivants. Dès le lever du rideau, le chœur d'introduction des acheteurs et des commis, dans le magasin de Kassim, avait favorablement disposé l'auditoire.
L'entrée d'Ali-Baba et les jolis couplets chantés par M. Dechesne, merveilleusement en voix, ont maintenu ses bonnes disoositions.
Pendant l'entr'acte, les spectateurs fredonnaient déjà, dans les couloirs, le chœur des voleurs :
Noua sommes quarante Quarante voleurs, Semant l'épouvante Chez les voyageurs.
Le clou du second acte, après les couplets de Mme Duparc :
Ah 1 c'est immense, Quand j'y pense, Ce qu'on peut courir de dangers Dans un petit bois d'orangers...
Le clou, dis-je, a été le ballet des bayadères dans la caverne des voleurs. Il y a, dans ce ballet, un quadrille de petits moricauds, hauts comme une botte, qui est une véritable trouvaille. Mmes Cannes et Percot y ont été fort applaudies. A la chute du rideau, Mme Mariquita, qui a réglé ce superbe ballet, a été rappelée.
Notons encore, parmi les choses applaudies et qui ont contribué au succès : le chœur des marchands, au sixième tableau; la chanson arabe, de M. Simon Max, et les couplets de Mme Simon-Girard ; au septième tableau, la chanson du Bengali, par M. Simon Max ; la romance de M. Dechesne : « Jamais je no vis plus beaux yeux », et dans un autre ordre d'idées, le défilé des dix petits ânesqui s'en vont porter dans la montagne les outres d'où sort ce chœur bouffe : « Dans ces outres on est bien mal. »
Citons, enfin, le dernier tableau, tout en musique, avec le ballet du poignard, et le grand air final qui a eu un succès d'enthousiasme hier à la répétition générale et qui n'aura pas, sans doute, moins bien réussi ce soir.
J'aurai à revenir sur ce victorieux Ali- Baba. Je n'ajouterai qu'un mot : les décors et les costumes sont d'une richesse et d'une beauté qui n'ont jamais été dépassés à Bruxelles. Les costumes surtout, dessinés par M. Bianchini, sont merveilleux.
Perkôo.
• Répertoire CEhoudens •
en 3Acteset 8 Tableaux
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Jfus/çue de
Partition Ghant& Piano
Pr:15fnet.
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Opéra- Comique en3 actes et 8 tableaux