‹ Ali-Baba; ou, Les quarante voleurs: Mélodrame en trois actes à spectacle, tiré des Milles et uneChapitre 19 sur 48 · SCÈNE PREMIÈRE · texte numérisé non relu

SCÈNE PREMIÈRE

ZUTULBÉ, ALI-BABA.

ALI-BABA^ suivant Zutulbé qui descend le perron en tenant

la pipe de son maure.

Je suis tenté de croire qae tu as raison*

Oui 9 oui y notre maître^ suivez les conseils de votre petite esclave ; vous vous en trouverez bien. Asseyez-vous sur ce banc ^ et fiunez tranquillement votre pipe en causant avec les passans^ comme vous avez coutume de le faire

l«us les soîrs. Il ne faut pas que l'oa puisse remarquer du ckaQgemeat dans vos habitudes ; cela dérouter» les curieux.

£q effet.

ZUTOLBJS.

Gardez- vous bien , sur tout , de parler à qui que ce soit

de la mort de Cassim.

Ta crois ?

ZUTULfié*

Cela éveillerait les soupçons^ et vous avek grand intérêt a les éloigner. Si ce trésor appartient , • en effet , à des voleurs , ils vont tout mettre en usage pour découvrir celui qui possède leur secret.

Je le sens bien.

£t ils lui feront un mauvais parti.

Gela n'est pas douteux.

ZUTULBÉ.

La prudence exige que vous supposiez votre beau^frëre malade pendant une quinzaine de jours. Puis, il sera parti pour Bassora par ordre du médecin ; et^ enfin, dans quelques mois seulement , nous annoncerons sa mort.

Dans quelques mois? • • . Oui ^ tout cela me semble fort ' bien imaginé. ,

ZUTULBÉ.

Je vais chez Morgiane pour lui communiquer ce plan. Il est à craindre que, dans les premiers élans de sa douleur^ elle ne commette quelque iinprudeace qui mettrait vos jours en péril , et je veux vous en préserver^ s'il est possible.

Ta.Iiontd me touche autant que ton inteliigcoce me surprend. Va^.ma petite Zutulbé, si je sors de cette crise sain et sauf; je te destine une récompense dpnt tu seras flattée.

ZÛTULBÉ.

Jusqu'à présent; votre petite esclave vous avait pin pour sa garté seulement ; mais elle se trouvera bien heureuse aujourd'hui; si les inspirations de son cœur, encore plus que son esprit^ la mettent k même de vous rendre^ quelque service important; auquel^ cependaitt ^ elle n'attachera jamais d'autre prix que votre amitié.

Ta liberté d'abord ; mon enfant ; et puis de jolies petites chaînes. . . suffît. . . je ne t'en dis pas davantage.

(Il lui Jrappe doucement la joue»)

zuTULBÉ revient sur ses pas.

Soyez bien prudent ; notre maître.

Ne crains rien.

ZUTULBÉ."

C'est que je vous connais ; vpus êtes naturellement bon ; confiant. . . facile à abuser. (£7/e sort parla gauche.)

Ne crains rieu; te dis-je ; je suis sur mes gardes.

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