‹ Ali-Baba; ou, Les quarante voleurs: Mélodrame en trois actes à spectacle, tiré des Milles et uneChapitre 28 sur 48 · ALI-BABA, MORGIANE · texte numérisé non relu

ALI-BABA, MORGIANE

Alil-BABA.

Je vous attendais avec impatience^ ma sœur.

MORGIANB^

Qu'est-ce , mon frère ?

En vous adressant à Moustapha , pour ensevelir le corps ,du pauvre Gassim^ vous n^avez donc pas réfléclil aux conséquences de cette démarche? vous n'avez donc pas jsentî que vous mettiez notre secret à la merci de cet homme ?

morgune.

Je lui ai recommandé de la discréiy^n^ et l'ai payé en con- «éqmeniûe ^ il w!»hmi pfooiis de se taire.

De sang- froid y peut-être il tiendra sa promesse ; mais il s^énlvre tous les soirs , ou à peu près , et alors, rien n'est plus facile que de le faire parler. Je parierais bien^ d'ailleurs, ^ue vous ne lui avez pas laissé ignorer la moindre circonstance de notre malheur?

MOROIANE.

Mettez-vous à ma place , mon frère. Hélas! quand on est frappé d'un coup aussi cruel, croyez- vous qu'il soii possible de modérer son affliction^ et de la renfermer dans les bornes prescrites par la prudence ; lorsque surtout on est poursuivi par le cri du remords , lorsque l'on entend la voix de la conscience nous reprocher d'avoir causé la perte d'un innocent y pour satisfaire un vil intérêt ?

Alil'BABA.

C'est un événement funeste , sans doute ; mais vous n'avez pu le prévoir. Maintenant il est indispensable que nous etk dérobions la connaissance k ceux qui pourraient en rendre les siiTtes plus funestes encore. Zutuffoé a dû vous dire que nous voulions cacher la mon de Cassim ; et votre vêtement l'annonce à tous ceux qui vous verront.

MOROIANB.

il fait presque nuit , et je>n'ai rencontré personne. Ah! mon frère, }e me condamnerai s'il le£»ut k une solitude absolue.Eenferniée thet moi, )''y pleuf erai mon infortune aussi longtemps que vous le jugerez nécessaire ; mais, au nom du «»ël, n'exigez pasque ^equitte ees vétemens qiii me rappèlent ma faute ^ je veux les conserver tonte ma -rie*

On vient! chut

lu \f ont S* asseoir sur le banc.

SCEÎNE X.

MASSOUR, NOLIRMAHAL, ALLBABA, MORGIANE,

Esclaves de l'auberge*.

On ouvre la porte de la grange, et Von voU des esclaves occupés a ranger des tonneaux dans l'intérieur, Mdssour, dé-

, jguisé en vieux marchand , avec un gros ventre et- unà longue barbe, méconnaissable ettfin, dit à Nourmakal:

MA.SSOUR, à demi-voix,

Moustapha^ruedesKalenders. . . va.

Nourmahal sort et Massour revient donner des ordres tout

en fumant sa pipe,

MASSOUR.

Rangés ainsi de chaque côlé; il sbra plus facile de les re-^

mettre demain sur le dos de mes mules. {^11 Jait placer un

tonneau de chaque côté de la pofte charretière , de manière

qu*il sait impossible de lajfermer. {à part) Par ce moyen la

communication est sûre , et je suis sous le même toit, (en

se retournant , comme par hazard , // aperçoit Ali- baba.

Toujours à part)Le voilà î Quelle est cette femme ? {Il salue

Ali-baba) {haut) Bon soir^ frère. Que le Prophète sait ayec

vous! \

ALI-BABA y lui rendant son salut.

Que la paix TOUS accompagne^ frëre !

MASSOUR s'appuie sur un des tonneaux , et fume en causant.

Ces dispositions ne vous géneut point ?

Datout.

MASSOUR.

Je serais fâché ...

"La cour est commune } je n'ai que le droit de passage.

wam

MASSOUR.

Au reslCj )e ne tous embarrasserai pas longtemps* demain avant le jour^ \e^me remettrai en route.

Vous êtes marcliand^ à ce qu'il me parait?

MASSOUR^ à part.

Pesons bien nos paroles, {haut) Pas précisément, ]e suis commissionnaire.

t'entends; tous ne trayaillez pas pour votre compte?

MASSOUR.

Non. On m'a chargé de' conduire ces vingt tonneaux d'huile au marché; et de les vendre ti^nte sequins chacun <

BIORGlAKE.

Trente sequin»!

Cela me semble bien cher.

MASSOUR.

Elle est, dit-on, d^nne qualité toute particulière.

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