‹ Ali-Baba; ou, Les quarante voleurs: Mélodrame en trois actes à spectacle, tiré des Milles et uneChapitre 32 sur 48 · SCENE XIV · texte numérisé non relu

SCENE XIV

MORGIANE, ALI-BABA, SAADI, ZtTULBÉ,

dans la maison.

ZiUidhè ouvrz en effet la persienne, et Von voUjiU-baba^f sa sœur et son neveu^ à taùle^ dans une chant If re mal meuble'» élevée h la hauteur du pçrron . Une lampe les éclaire,

Du moinSj nous poarrpns respirer le frais.

SAADI

C^st vrai qu^îl fait une ficre chaleur .^

Pour ranimer votre courage , ma sœur , je vais vous lire! Quelques versets du Coran. 2utulbé; donne-moi ce livre.

ZUTULBé.

Le yoilàé

Frétez-moi tous la plus grande attention. (// ouvre lelwre

et se dispose à lire) u Chapitre de l'épreuve, contenant dix

huit versets écriis à la Mecque. » (La lampe ne donne plus

qu^unefaible lueur.') Zutulbé; ranime cette lampe.

Saadi, notre maître t'avait chargé ce maini de rapporter de riiuile. Tu sais qu'il n'j en a pas à la maison.

SAADI

Je Pal oublier

La lampe s'éteint.

Pour te donner de la mémoire , va de suite en chercher.

SAADI

Mais il fait nuit, mon oncle^ et vous savez bien' que je h» marclie jamais qu'avec le soleîlî^.; ,

ZUTULBÉ.

l'y vais, noire maître. *

. Qu'est- ce à dire? convient- il à un homme'de se montrer plus timide qu'une femmef

SAADI

Maisy mon oncle, si vous saviez les rersets par cc6ur,yons pourriez les réciter! cela reviendrait an même.

Obéis à rinstant, et point de réplîc|ue .

SAAni se lève, prend une bouleiîle, et descend en murmurant.

Point de réplique. C'est bien aisé à dire quand on est brave ou familiarisé avec lea ténèbres . Mais moi ! Tiens , }'y songe ! au lieu de mVn aller courir par la ville, à l'heure qu'il est^ au risque de me casser le cou et de trouver les boutiques fermées, ou de rencontrer des voleurs, est-ce que je ne pourrais pas emprunter une fiole d'huile à ce mar-chand, ou bien la prendre dans un de ses tonneaux, donc? Je la paierai demain avant son départ, cela va sans dire . » • • C^est une idée lumineuse; essayons.

// se dirige à tâtons vers la grange.

ALI-BABA , dans la chambre.

Je vous demande pardon, ma sœur.

MOnOIANE*

Cela n^en vaut pas la peine.

sAADi près du tonneau où est Hirzagar.

Justement, en voil'i un ; voyons s'il est plein. (7/ frappe avec le doigt sur le tonneau.) Non, il sonne creux; On dirait qu'il n'y a rien dedans,

HiRZAGAR, dans le tonneau»

Est-ce qu'il est déjà temps, Capitaine?

8AABI, saisi 4^ une frayeur horrible y tremble de tous ses membres j n'a pas la for ce de bouger, et balbutie ces mots : Di. .vin. • Ma. .ho.\met!. : qu'est, .ce. . que. . qne j'ai., j'ai. . en. .tendu !

Quand il peut retrouver lajacullé de se mouvoir, il regagne doucement Vescalier^ remonte à quatH pattes ^ rentre dam la chambre, et raconte ^ à vpix basse, mais en s'accouipaghantde grands gestes, ce qui vient de se passer*

Serait-il possible!

Je vcDX mVn «ssarer,

SAADI

îï'y va pas, Zutu1bé> ou tu es morle.

zvtulbA descend. A Sàadi qui est restée sur le seuil. Lequel as- tu frappé f

SAADI

Celui-là. Voîs^ttt celui que je te montre? le premier il gauche.

eUTUlBÉ,

Il ne faut pas frapper le ttiême que Saadî. {Elle frappé le tonneau qui e^t à droite de la grange) En effet ; c'est siagulier.

UNE VOIX , dans le tonneau.

Sois tranquille, Capitaipe; je ne dors pas.

ZUTÙLBf,

Yisitons-les tous .

lEllè entre dans la grange , et est censée y Jaire la même épreuve. Ali-'baba et Morgiane se lèvent, et descendent le perron avec précaution, Saadî reste en haut sur le seuil de la porte.

SAADI

Qu'est-ce que vous faites? vous courez à la mort *

Ali-baba« Te tairaMu?

zuTULBi revient aussi vite que l'obscurité le permet,

AliX'BABA.

Ëh ; bien ?

ZUTULBÉ.

U a dit vraî. Sar TÎngt touneaux'déposés dans celle grange^ QQ seul renferme de Thoile. Oiacun des antres cacbe ua homme.

Nous sommes perdus! ,

ali-vAba.

Nnl doute, ce sont les Toleurs de la forêt *, les propriétai« res du trésor.

ZUTULBÉ.

Le prétendu marchand est leur chef ^ notre perte est jurée ; c'est le seul moyen de conserver leur secret.

Fuyons! A la faveur de la nuit nous pourrons peut-être leur échapper.

ZUTULBi,

Je ne le crois pas; leurs précautions doivent être bien prises; sans doute le quartier est cerné; nous périrons.... aucun de nous ne leur échappera.

Quel moyen?...

UORGIANE.

Enfoncer chaque tonneau l'un après l'autre ^ et eitermi^ ner ces misérables.

ZOTULBÉ.

Bon pour un ou deux que les autres ne tarderont pas k venger... Nod... attendez... il me vient... Divin Prophète! permets que ce projet hardi s'accomplisse. Les voleurs , dit-on^ craignent le grand jour. Â. moins qu'ils ne soient très-nombreux , ils n'oseront pas risquer une attaque à force ouverte. Il faut allumer partout et conserver de la lumière jusqu'à demain matin. Ce n'est pas tout^ vous m'avez dit, notre màiire; que le faux marchand voulait vendre chaque tonneau trente sequins?

MORGIANE

Prix exorbitant ^ qu^il a supposé pour éloigner les acbe** leurs.

ZUTULBÉ,

Eb bien , nous les'achetons.

ali-bAba, Nous?...

M0RGIA?{^.

Et comment?

ZUTUXBÉ

Il faut ^ue ce soit leur propre argent qui serve à nqus «auver.

MOaOlAKE.

Excellente idée!

ZUTULBÉ.

Laissez -moi faire. Je vais appeler tous les esclaves de l'auberge. (^Zutulbé court dans la grange ).

sAadi , mourant de peur et toujours à la même place. Si cela dure encore^ je tomberai mort sur la place. Je n'ai pas uae goutte de sang dans les veines.

zutulbé , revhnt ai^c de la lutnitre.

Allumez partout., voilà de l'buile, Saadi. {Elle lui passe XLXk flacon {Vhuile. A une esclave^ ) La cave qui est sous cette grange est-elle vide?

L'fSCLAYË.

Absolument*

ZOTUlBé.

Donner m'en la clé. Nous allons j descendre ces vingt tonneaux d'huile que la sœur dé notre maître vient d'acheter six cent sequins. {A Alibaba,') Allez vite chercher cette somme , si le marchand revient , vous la lui compterez, et il n^aura rien à dire.

[Ali • baba o béit, Zutulbé ou vre le porte de la cave)

ZUTULBÉ.

'Vite>mes amis, vite! appelez tous vos camarades pour avoir plutôt fini. ( Bas à Morgiane, ) Pris séparément et ddi^^

££lte position ', il n^en est pas uu qui ose se défendre. Nous allons les enfermer sous clé et demain nous les livrerons au Cadi, -

MORGTAKB, cmbrassant Zutulbé.

Chëre enfant! fasse le Prophète que cette ruse ait le succès que nous eu attendons !

lEUTULBÉ^ va y vient y appelle et occasionne ainsi un grand

mouvement. On circule avec des flambeaux y il Jait clair

comme en plein jour.

Oui, notre maître^ Saadi ! Abdoul ! Xailoun ! Osmin! Nadir ! allons, de l'activité!,.. Cogia! Hassan! prêtez-nous la main. ( On roule les tonneaux et on les voit descendre dans la cave. )

SAADI ; toujours à la même place ^

Ah! une bonne idée 1 Mettez les tonneaux sens-dessus dessous. Les coquins auront la tête en baS; ils ne pourront pas sortir. ^

ZUTULBÉ.

Il a liaison. Hâtez-vous mes amis. Puis vous fermerez la cave. ( Avec beaucoup cCéntrgie.) lia ssure^ -vous notre maître y nous les tenons.

SCEiNE XV.

LesMêmeis,MASSOUIl.

MASSOUA , paraît au fond et grimpe sur la haie du jardin. Nous sommes découverts !... mais je reste pour les sauver. Malheur et trépas sur cette exécrable famille !

(// descend et s^ éloigne, Ali-baba et Morgiane embrassent ZutulbfL Saadi baise le bas de sa robe.)

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