CHAPITRE XXX
fo propos ^e iahle.
Verdanson logeait à la Kasaba ; en y rentrant le soir après sa visite à Fhôpital de Castratines, il alla prendre place à la table du commandant du quartier-général. Le diner était très avancé; les commensaux habituels avaient invité quelques amis d'aussi bon appétit qu'eux-mêmes, et Ton n'avait pas attendu les retardataires. Une douzaine de héros de la retraite de Blida, réunis à quelques
autres camarades , se consolaient de leur e'chec, ou plutôt célébraient leur victoire, en mêlant aux délices de la cuisine des bivouacs français les nouveautés de la gastronomie
algérienne.
On avait choisi, dans les fonds de magasin
du fameux pourvoyeur Hennequin , les moins avariés de ses pâtés et de ses conserves d' Appert, les moins éventés de ses vins de Champagne et de Limoux. Le gendarme Pantinois, que le grand-prévôt s'était attaché en qualité de maitre-d'hôtel, avait préparé un miroton capable de faire venir Feau à la bouche de tous les portiers parisiens. La cantinière Providence, requise par extraordinaire, avait cuisiné un court bouillon avec le peu de pois son que les matelots italiens et grecs avaient pris dans le port; le marché d'Alger est presque toujours dépourvu de c^genre de comestible, les Musulmans n'aimant ni le poisson ni la pêche. L'arab-agaci Hamdan, invité a la fête, avait amené un domestique mulâlre qui avait accommodé une purée de poivre assaisonnée de quelques tranches de bœuf, de tau-