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comme une esclave , la remplissait de honte, d’horreur et de dégoût, bien qu’elle ignorât encore ses plus noires infa- ^ mies. Elle se leva brusquement, et quitta l’appartement.
On ne s’aperçut point de son absence. ■
Maltravers s’approcha d’Eveline , il lui prit la main, et la porta à ses lèvres et à son cœur.
« Eveline, dit-il tristement, il vous faut une explication ; demain je vous la donnerai. Ce soir nous sommes tous deux trop émus pour un pareil entretien. Je ne puis plus à présent qu’éprouver la joie de vous' voir sauvée et l’espérance de pouvoir contribuer encore à votre bonheur futur.
— Mais, dit Aubrey, devons-nous croire à cette nouvelle étonnante ? Est-ce réellement une perte irréparable ? Ne pouvons-nous, avec des précautions, sauver au moins quelques débrl's de cette belle fortune?
— Je vous remercie de' me rappeler à ce monde, dit Mal-
travers avec empressement Je vais m’en occuper à l’instant; et demain, Eveline, après mon entrevue avec vous, je partirai sur-le-champ pour Londres, où j’agirai dans la seule capacité qui me reste encore : celle de votre protecteur, de votre ami. » ,
Il détourna la tète et s’achemina précipitîimment vers la porte.
Eveline se rapprocha encore davantage d’ Aubrey.
€ Mais vous, vous ne me quitterez pas ce soir? vous pouvez rester; nous trouverons à vous loger. Ne me quittez pas !
— Vous quitter, mon enfant 1 non ; nous avons mille choses > à nous dire. Je n’anticiperai pas sur vos explications, » ajouta-t-il à voix basse en se tournant vers Maltravers.