‹ Aliénistes et philanthropes; les Pinel et les TukeChapitre 31 sur 35 · SÉANCE DU SAMEDI · texte numérisé non relu

SÉANCE DU SAMEDI

(( On fit lecture d'un article du Bulletin National du 17 juin, qui rendait un témoignage honorable aux citoyens du canton de Saint-Paul pour les contributions volontaires qu'ils ont fournies en faveur de nos frères d'armes ; il était ainsi conçu : Les citoyens du canton de Saint-Paul donnent avis qu'ils ont en réserve plus de sept cents livres, remis au dépôt de leur district, et d'autres effets en nature destinés à l'équipement militaire de leurs frères d'armes. »

et On avait formé une Assemblée de canton à Saint-Paul le dimanche passé à l'occasion des mesures à prendre dans les dangers présents de la patrie. On délibéra sur la question de savoir si la Société enverrait un nouveau député à Castres pour y concerter d'autres mesures que celles déjà prises. Aucun membre de la Société ne parut goûter cette démarche, et l'on fut obligé d'y renoncer. L'on passa à l'ordre du jour et à la lecture des nouvelles du temps.

<( Le citoyen trésorier fut autorisé à payer au citoyen Bosc de Damiatte le prix de la chaire de la Société. Il lui donna la somme de soixantesix livres qu'il avait en dépôt et déclara lui rester encore vingt-quatre livres pour l'acquit total qui se monte à quatre-vingt-dix livres. »

SÉANCE DU 25 AOUT I7g3

(( Ce jour-là les sociétaires de Jonquières firent proposer par des lettres fraternelles à la Société de Saint-Paul, de correspondre ensemble. Leur vœu fut accepté unanimement et le citoyen Pinel. du comité de correspondance reçut la commission de leur répondre dans ce dessein. Ce qu'il fit aussitôt en ces termes :

appendice. 527

(( Frères chéris,

« Nous acceptons votre vœu de réunion avec un plaisir parfait. Les commissaires qui nous l'ont transmis de voire part ont été l«'s témoins de l'intérêt touchant qu'ils inspiraient à la Société par leur présence comme par le noble dessein qui les amenait. Nous lui ave/ offerl en eux de dignes républicains qui ne paraissent animés que de l'amour de la patrie et du brûlant désir de lui être utile. Les lettres qu'ils nous ont présentées avec vos règlements développent l'énergie de vos aines et les hauts sentiments qui vous distinguent. C'est aussi à l'unanimité des voix qu'après les avoir entendues, on s'est empressé d'exprimer l'assentiment général qu'on donnait à vos invitations fraternelles.

(( J'en deviens l'organe en ce moment avec une satisfaction profonde, j'éprouve qu'il n'est rien de si doux pour des cœurs patriotes que de former de nouveaux liens avec des Français, de correspondre habituellement avec des frères, de s'unir avec de dignes voisins, et de se donner tous ensemble d'heureux moyens de servir la chose publique, en surveillant les ennemis communs, et en leur opposant de concert des remparts invincibles où viennent se briser leur rage et leurs projets désastreux. Nos serments, comme les vôtres, sont de ne respirer que pour être libres dans le sens le plus absolu de notre constitution nouvelle. C'est dire que nous préférons mille fois la mort plutôt que de retomber dans les chaînes de l'ancien régime ou sous la domination arbitraire des despotes.

« Nous sommes avec toute l'effusion d'une intime fraternité, vos concitoyens amis. »

a La veille de cette séance on avait envoyé par la poste le prix du nouveau trimestre pour l'abonnement du Moniteur, vingt-une livres et, trente sols d'affranchissement. »

SÉANCE DU MERCRKDI l8 SEPTEMBRE

(( Le citoyen Imard s 'étant chargé de porter les paquets de Lavaur venant du directoire du district ou de la poste, la Société régla dans cette séance de lui donner une livre dix sols par mois, avec son entrée gratuite aux séances de nos assemblées en sa qualité d'adjoint.

« Sur l'observation que fit l'un des membres que certains sociétaires s'oubliaient en ne paraissant que rarement à nos Assemblées et en se privant par là du plus sûr moyen de s'instruire, il fut décidé qu'il serait écrit à ceux qui se trouvaient dans ce cas, afin qu'ils eussent à déclarer s'ils voulaient être ou non de la Société républicaine de Saint-Paul et profiter de ses avantages.

528 LES Pl.NEL ET LES TUKE.

<( Pour nourrir les sentiments généreux du patriotisme, on fit encore la motion d'aller tous les dimanches après Vêpres chanter l'hymne Marseillaise autour de l'arbre de la Liberté dans chaque commune, en commençant par le chef -lieu. Il fut en conséquence résolu qu'on en ferait connaître le dessein à nos frères de la société de Teyssode et de celle de Damiatte pour se concerter ensemble à cet égard.

« Un souvenir douloureux sur la perte récente que la Société venait de faire dans la personne du citoyen Martin fils, engagea un des membres à renouveler les justes regrets de l'Assemblée et à proposer d'en témoigner le vif sentiment à la veuve et au père de celui que la mort lui a dérobé au plus beau temps de son âge. On parut adopter cette démarche comme un devoir pénible à remplir, mais comme étant sous d'autres rapports aussi juste qu'honorable. »

Aux cit. m. off. m. et membres du Conseil g. de la commune d'Agoul-

Rousseau (i). - — Pétition.

(( Citoyens,

« Il est fondé sur l'expérience et les principes, que tout endroit renfermé devient malsain, quand l'air ne s'y renouvelle point d'une manière aisée par des ouvertures qui se correspondent. D'après un motif si important, la Société populaire vous invite à vouloir bien faire mettre un placard à chaque croisée du temple de la raison.

(( C'est un bien qui rejaillira sur tous et dont l'on nous devra la source. Lorsque la raison, au décadi, nous appellera de concert dans le sanctuaire que nous lui avons ensemble consacré, nos cœurs, en lui rendant hommage, nous feront chanter ses louanges, sans avoir à craindre qu'un air infecté nous incommode ou vienne troubler la sérénité de nos âmes.

(( Les amis de la liberté et de l'égalité réunis en séance publique le quartidi de la seconde décade de floréal, l'an II de la République française. »

Lettre à la Société de Castres en réponse à celle qui annonçait leur épuration ; du 3 prairial, Van II de la République française une cl indivisible.

« Braves sans-culottes, généreux montagnards, vous voilà régénérés ! Voire lettre brûle de l'énergie de vos aines. Notre Société n'a pu en

(I) En 1794, la commune de Suint-Paul-Cap-<le-.Joux a va M échangé son nom, d'apparence trop cléricale, contre celui d'Agout-Rous&cati.

appendice. 529

entendre la lecture sans lui prodiguer les plus vifs applaudissements. Vous avez banni de votre sein les êtres corrompus, \<>us ferez le bien sans entraves. L'air pur de la liberté, dans le sanctuaire où vous lui rendez vos plus éclatants hommages, dilatera \os âmes et n'y laissera dominer que l'enthousiasme sacré du républicain, sans que rien en altère la sublime ardeur.

« Nous suivons de notre mieux \os exemples. Notre Société s'épure. Elle gravit vers le haut de cette montagne qui voit s'éclipser devant elle toute la gloire d'Athènes, de Sparte et de Home. Le Sénat français, qui brille au sommet de celte région qui s'élève dans les cieux, y appelle les hommes de tout l'univers après ceux de notre empire. Ils y parviendront tous, et ceux des sociétés républicaines qui marchent sur vos traces jouiront des premiers de cet avantage immortel.

a La fraternité charmante vous offre nos cœurs avec nos saints.

(( Les membres de la Société républicaine d'Agout-Rousseau, ci-devant Saint-Paul, district de Lavaur. »

Aux Représentants.

« Représentants du premier peuple du monde,

<( Quand toutes les factions expirent sous la foudre nationale que vous dirigez, quand l'Europe étonnée admire vos travaux et voit de toutes parts vos armées triomphantes faire disparaître devant elles les tyrans et les trônes ; quand au sein des plus terribles combats, l'humanité fait entendre ses plus célestes accents par votre organe ; quand vos décrets immortels, en unissant la terre aux cieux, tracent la route du bonheur à tous les peuples et détruisent tout genre d'esclavage, les Français dignes de ce nom vous adressent à chaque instant les plus doux vœux de leur cœur avec le tribut de leur vénération et de leurs justes louanges.

« Agréez l'expression que nous venons vous les présenter à notre tour, ainsi que pour la cause sacrée de la liberté ; notre amour pour vous est ardent, impérissable ; il nous fait rendre grâces aux cieux d'avoir détourné de nos plus dignes amis les coups homicides des scélérats. Honneur à Geoffroy ! Que la providence le conserve et le fasse longtemps jouir parmi nous de sa gloire. Chacun de nous, plein d'admiration pour son généreux dévouement ne balancerait point à l'imiter en faveur de ceux qui se consacrent avec tant de succès à notre bonheur.

u Les sociétaires montagnards de la commune d'Agout-Rousseau, cidevant Saint-Paul. D'Agout-Rousseau, district de Lavaur, département du Tarn, le 19 prairial. »

...Lettre des Jacobins de Paris à leurs frères d'Agout-Rousseau. — Paris, le 16 prairial, Van deuxième de la République française, une et indivisible.

« Société des amis de la liberté et de l'égalité, séant aux ci-devant Jacobins Saint-Honoré. A Paris, Comité de correspondance.

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