HENRI LE GRAND
Avant la fin de la semaine, le maréchal d'Aumont rentrait dans Kemper, le duc de Mercœur se rendait à Nantes, et ses députés le précédaient auprès de Henri IV, qui venait d'arriver triomphant à Angers.
« Allez annoncer à votre maître et mon
« serviteur, leur dit fièrement le Roi, que « je suis résolu de me faire duc de Bretagne, « de nom et d'effet; que j'y porte la paix et « la guerre; que j'y châtierai les opiniâtres, « et pardonnerai à ceux qui de bonne heure « se reconnaîtront. Ajoutez que M. de Mer- « cœur eût mieux fait de traiter avec nous « dans les faubourgs de Paris que dans ceux « de Nantes. Les plus courtes folies sont les « meilleures. »
Quand le prince de Lorraine reçut cette réponse, il vit qu'il était perdu, si une puissante médiation ne lui venait en aide. .. Alors la duchesse de Mercœur se rendit secrètement au Pont-de-Cé, où elle passa deux jours avec la femme qui régnait sur le Béarnais, comme le Béarnais régnait sur la France. Cette femme était Gabrielle d'Estrées, marquise de Monceaux. Elle avait du Roi un fils, Monsieur, César de Vendôme. L'héritière des
Penlhièvre promit à cet enfant la main de sa fille unique... et le duc de Mercœur fut sauvé!... « Ainsi Dieu voulut, dit M. de Mesmeur, que l'ambition de la maison de Lorraine, combinée avec les droits de Marie de Bretagne, aboutît au mariage de Françoise de Lorraine, duchesse d'Étampes, de Mercœur , de Penthièvre , princesse de Martigues, fille unique du duc de Mercœur, arrière-petite-fille de Renée de Bretagne, — avec César, duc de Vendôme, fils bâtard de Henri IV et de Gabrielle d'Estrées ! ! ! » Sic transit gloria mundi.
« Madame de Monceaux, raconte dom Taillandier, pour faire sentir à la duchesse les effets de sa complaisance, la fit monter dans sa litière, et la conduisit près du roi, à Angers... Elles y entrèrent toutes deux comme en triomphe, les mantelets levés, afin que le peuple fût témoin des honneurs qu'on ren-
dait à la duchesse... Cet air de faveur, répandu sur madame de Mercœur, releva le courage des députés du duc, et ils obtinrent du Roi des conditions beaucoup plus favorables qu'ils n'avaient osé l'espérer. »
Toutefois Mercœur se vit dépouillé du gouvernement de Bretagne, dont fut revêtu César de Vendôme. Henri IV lui donna, en dédommagement, amnistie pleine et entière pour lui et tous ses serviteurs ; une somme de douze cent mille livres, avec une pension annuelle de seize mille six cent-soixantesix écus, et trois cent mille livres pour être distribuées à ses capitaines ; une compagnie de cent hommes d'armes pour sa garde , et cinquante soldats pour ses châteaux de Guimgamp, Moncontour, Lamballe, et Islede-Bréhat. — Il va sans dire que les Espagnols quittèrent l'Armorique.
Tout compte fait, Paris n'avait coûté
qu'une messe au Béarnais; la Bretagne lui coûta quatre millions.
Aussi, le sage Rosni gronda-t-il fort son maître, lorsqu'il lut le traité conclu avec le duc de Mercœur ; et voyant Henri prodiguer « par- dessus le marché » ses plus galants sourires à Marie de Bretagne et aux jeunes beautés qui l'entouraient, il lui reprocha de s'être laissé vaincre par un « escadron de femmes. »
— « Jarni Dieu! mon ami, c'est vrai, répondit le prince en souriant; mais je n'ai jamais vu sur les champs de bataille d'escadron plus périlleux que celui-là! »
Henri IV entra dans Nantes au bruit de toutes les cloches de Saint-Pierre, de tous les canons du château, de toutes les acclamations du peuple; et le duc de Mercœur lui fit publiquement ses soumissions, comme à son souverain seigneur et roi.
— « Ventre-saint-gris ! s'écria le monarque en franchissant le pontlevis de la vieille forteresse* on voit que les ducs de Bretagne n'étaient pas de petits compagnons ! »
Puis, ses courtisans lui faisant remarquer combien la Ligue avait changé la face des choses dans la ville de Nantes :
— « Ne vous en étonnez pas, leur dit-il, quand le maître n'est point en sa maison, tout y tombe en désordre ; mais dès qu'il revient au logis, sa présence y sert d'ornement ; et tout y profite à l'entour. — D'ailleurs, ajouta-t-il gaiement, si j'ai encore des ennemis en Bretagne, je leur veux faire tant de bien, qu'ils m'aimeront malgré eux !... »
Le lendemain, en effet, Henri le Béarnais signa le célèbre édit qui devait lui valoir le nom de Henri le Grand ; — édit qui cicatrisa toutes les plaies de la France, et commença la pacification de l'Europe, en donnant aux
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calvinistes, comme aux catholiques, la première des libertés : la liberté de conscience !...
— « Allons ! dit le Roi, quand il eut achevé cet acte immortel, j'ai gagné les enjeux contre les Huguenots, les Ligueurs et le Tiers- Parti (1). J'ai quitté le huguenotisme, je suis bon catholique ; j'ai repris femme et j'ai des enfants qui me succéderont, s'il plaît à Dieu. »
Le jour même où il rendit I'Édit de Nantis, Henri le Grand mérita un titre plus glorieux encore. Il donnait audience, dans la grande salle du château, à quiconque avait une plainte ou une demande à lui faire. Messire Odet de La Noue entra, suivi d'une espèce de vieux mendiant breton, qui divertit fort l'assistance. Le jeune capitaine se plai-
(1) Qui croyait que Henri ne se pourrait jamais remarier. II, 24
gnit hautement d'être harcelé par ce créancier jusqu'aux pieds du Roi.
— Vous avez tort de vous plaindre, répondit Henri, « il faut que chacun paye ses dettes!... Je paye bien les miennes (!)!.,, »
Mais comme il parlait ainsi, il jeta un coup d'ceil au vieillard, et il ne put retenir un éclat de rire, en reconnaissant Merlin le Lillaouer !...
La Noue raconta comment l'usurier, n'ayant plus rien à saisir sur le baron de Rustéfan, se retournait contre lui-même et voulait saisir, faute de mieux, sa propre personne... Alors le monarque cessa de rire, et
(1) Cette réponse de Henri IV au jeune La Noue est histori que, ainsi que le trait suivant et tous les détails de cet Épilogue. La mort héroïque de La Noue Bras-de-Fer au siège deLamballe, que nous regrettons vivement de n'avoir pu mettre en scène, avait laissé le fils de ce grand homme dans un état voisin de l'indigence; et il fallut toutes les hontes du Roi pour remettre à flot le digne héritier de son maître. (Biogr. Univers.)
prit à part le jeune capitaine. Il se fit raconter en détail toute son histoire et celle de Liskoët, depuis le siège de Beauvoir ; et deux larmes tombèrent de ses yeux, quand il apprit les malheurs du baron de Rustéfan... Puis il demanda à La Noue combien il devait au Pillaouer?
— Je lui devais trente mille livres, en comptant les intérêts, Sire. Une main inconnue m'a fait remettre la moitié de cette somme. Il me manque encore cinq mille écus...
— Les voici ! reprit le roi, qui donna au capitaine un bon sur sa cassette... — Je ne fais que mon devoir, ajouta-t-il, car j'étais aussi caution de la dette de la Bonnetière ! . . .
Merlin échangea le contrat fatal contre le bon du roi, et se retira après avoir témoigné à celui-ci autant d'admiration qu'il lui avait
jadis montré de défiance... Toutefois, sa figure octogénaire ne laissa voir aucun signe de joie ; car l'époux de Martha ne souriait plus, même en touchant de l'or, depuis que la mort de Gwenaël avait fait tomber ses derniers cheveux blancs.
En même temps le Roi fit dresser et remit à La Noue un brevet de capitaine et un brevet de colonel de sa garde. Ce dernier grade était le plus grand honneur qu'il pût faire à personne.
— Le premier est pour vous, messire Odet, dit-il ; portez le second de ma part au seigneur Bertrand du Liskoët...
— Ah ! Sire, s'écria La Noue, en se jetant aux pieds du roi, ce n'est pas seulement Henri le Grand, c'est encore Le Bon Henri qu'il faut vous appeler !
Pressé de remplir sa mission, le jeune capitaine partit dès le lendemain pour la Cor-
nouaille. Il trouva Liskoët chez messire Alain, gardien toujours fidèle de l'hérétique, entre Blanche et Aliénor, qui avait puisé dans sa foi nouvelle la force de revenir à Pont-Aven. Sa douleur et son deuil lui avaient mérité le pardon de son père, qui sentait d'ailleurs toutes ses colères près de s'éteindre avec sa vie... Cependant le triomphe du Béarnais ranima son vieux compagnon ; et quand le brevet de colonel des gardes lui fut remis, il lui sembla que toute sa vigueur allait renaître; il quitta son lit, se fit armer de pied en cap, reprit et baisa sa lourde épée, et, quoi que pussent faire ses filles pour le retenir, il partit avec elles pour Bennes, où le Boi venait de se rendre... Mais un tel effort de dévouement acheva d'épuiser ses forces, et il ne put qu'arriver jusqu'à Henri, dans les bras duquel il rendit son dernier soupir, qui fut encore le cri de vive le Boi !...
Quelques instants auparavant, supplié par Aliénor et Blanche, au nom de la mémoire de la baronne, de revenir à la religion catholique, le vieux protestant avait refusé en disant d'une voix encore ferme : — J'ai vécu et je mourrai calviniste !... Dieu me pardonnera si je me trompe... Et le ciel ne me sera pas fermé, s'il s'ouvre aux bonnes intentions!...
Ce fut alors que La Noue apprit d' Aliénor le doux secret qu'il n'avait jamais soupçonné... Cette somme qu'une main inconnue lui avait remise, au moment des poursuites les plus acharnées du Pillaouer, cette somme était la dot fournie par Blanche au prieuré de Lok-Maria, dot qui avait été rendue à la jeune fille après sa sortie du couvent, et dont elle avait tacitement disposé en faveur de messire Odet. Cette révélation toucha et éclaira tout à la fois le jeune capitaine... Il se souvint à son tour de la Bonnetière, des
jeux de la Demande et du Baz-Valan... Il s'expliqua les douleurs de Blanche, sa résignation et son sacriûce... et il vit que son propre cœur s'était trompé... Il rapporla donc aux pieds de mademoiselle deTré-Anna un amour qui n'aurait jamais dû s'adresser ailleurs ; et ils furent le premier calviniste et la première catholique qui usèrent pour s'unir des libertés de i'Édit de Nantes...
Déchus de leurs grandeurs et désabusés de leurs espérances, le duc et la duchesse de Mercceur quittèrent la France et la Bretagne. Le duc devint généralissime des armées de l'empereur Rodolphe, et déploya dans les guerres de Hongrie ses talents et sa valeur militaires. Attaqué en Styrie par trente mille Turcs, lorsqu'il n'avait lui-môme que dix mille hommes, il fit une retraite que les connaisseurs comparent à celle de Xénophon ; et il mourut à quarante-quatre ans à
Nuremberg , en reprenant le chemin de la France. Marie de Bretagne ne lui survécut pas longtemps, et elle emporta dans son linceul les hermines ducales...
Don Juan d'Àquila, dédaigné, mais vengé, avait ramené en Espagne les derniers soldats de Krozon sur les dernières galères de Blavet ; tandis que Tré-Maria, défendant jusqu'au bout la sainte Ligue, s'était fait tuer devant Concarneau, à la tête d'une compagnie de paysans.
Lézonnet retrouva dans le gouvernement de Konk la récompense de sa politique, et La Fontenelle reçut celle de ses crimes en place de Grève, où il fut roué vif par ordre du Roi.
Alors la Bretagne, vaincue pour la seconde fois, mais consolée par son vainqueur, se laissabercer dans une paix profonde, sous l'œil paternel de Henri IV. Toutefois, ses plaies
ne purent se refermer sans l'affaiblir, en attendant le jour où elles devaient se rouvrir encore... et la Cornouaille ne devait jamais retrouver sa florissante population, ses hanaps d'argents, ses beaux écus d'or, et ses heureux jours tranchés par le poignard de La Fontenelle, par les épées espagnoles et par la dent des loups...
Le docteur Salomon, la dame de Koatkatar et messire Olarius avaient quitté le diocèse de Kemper, où leur religion demeurait interdite, et s'étaient rendus de compagnie à Rennes. .. Là, l'amoureuse du Béarnais eut la douleur de n'être pas reconnue par Henri IV, quoiqu'elle-même s'évanouît d'émotion à sa \ue... et on juge que ce désenchantement donna beau jeu à la passion toujours croissante du ministre... Amice allait par dépit couronner enfin ses vœux, en lui accordant sa main, lorsqu'au milieu même de la céré-
monie nuptiale , le chevalier César de Listenac tomba comme une bombe entre les époux... Hélas ! ainsi que la pauvre dame en avait eu le pressentiment, le chevalier César de Listenac et le chevalier Bayard de Lantagnac étaient tout un ; car l'aventurier gascon ne s'était tué qu'en effigie, pour reprendre la liberté du célibat. Après avoir conservé cette position tant qu'elle lui offrit des avantages, il jugea à propos de ressusciter, pour empêcher sa femme de convoler en secondes noces, et pour retrouver auprès d'elle ce qui commençait à lui manquer : le vivre et le couvert, bon souper, bon gîte... et le reste.
Maître Salomon vit enfin qu'il fallait renoncer au mariage, et que sa destinée était de mourir garçon, par la main de quelque brigand ou de quelque aventurier. La réapparition de César ranima tellement chez lui
ses anciennes terreurs, qu'il se rappela n'avoir point encore rempli son serment, relativement à sa rançon ; — et pour mettre à la fois sa conscience et sa vie en repos, il reprit le chemin de la Cornouaille, avec les deux cents livres qu'il devait aux bandits...
— Ils les prendront ou ils ne les prendront pas, se dit-il; j'aurai fait mon devoir, et je vivrai tranquille ! . . .
Notre pèlerin arriva ainsi, parunbeau soir, à la croix de Ïré-Konk, s'assura par un long regard qu'il était seul sur la route, déposa pieusement sa bourse dans la cachette indiquée... et s'éloigna en soupirant le verset du livre de Job :
— Nudus egressus mm de utero matris meœ, et nudus revertar illuc. Dominus dédit, Dominus abstulit : sit nomen Domini bcwdictum !
En même temps une voix plaintive sembla sortir des broussailles voisines :
— Démad-cThoc'hi ma otrou; Doué ho pénigo ! (bonjour, monseigneur! Dieu vous bénisse!) Ayez pitié du pauvre mendiant, du pauvre aveugle , du pauvre paralytique , du pauvre père de famille ! etc., etc.
Et Salomon recula de surprise, à l'aspect d'un vieillard tout couvert de plaies et de haillons ; mais il se rassura en voyant qu'il était réellement privé de la lumière, et il lui jeta le dernier sou qui lui restait...
Il se fût, certes, repenti de cette charité, s'il était revenu sur ses pas quelques instants après, car à peine l'aveugle-paralytique l'eûtil perdu de vue, qu'il courut vivement à la croix et dénicha les deux cents livres...
On a reconnu l'ancien compagnon du chevalier César, le mendiant-assassin Luk-er- Moue, revenu à son premier étal depuis l'Édit de Nantes.
— Et le Pillaouer? nous demandera-t-on,
et Piarik? et messire Alain? et Olarius? et surtout Aliénor?...
Le Pillaouer, tout en pleurant Gwenaël, continua d'entasser trésors sur trésors et de les enfouir au pied des dolmens, jusqu'à ce qu'il les rejoignit sous la terre, sans indiquer la place où ils étaient cachés... Alors Piarik recouvra la liberté avec l'ouïe et la parole, et trouva enfin dans la dépouille de Merlin de quoi s'acheter une paire de galoches ! Rendu tout entier aux malheureux, aux pauvres et aux malades, messire Alain reprit son bâton de pasteur, ramena dans Pont-Aven l'union, la paix et le bien-être... et porta chaque soir une prière et une larme au tombeau de madame duLiskoët... Olarius entra au service de M. de La Noue, chez lequel il continua de manger, de boire, de dormir... et de faire d'admirables confitures. — Toutes les biographies de Henri IV nous apprennent
l'histoire d'Iwen-Vraz. Après avoir accordé à ses prières et à ses pèlerinages l'abjuration d'Aliénor, la conversion du Roi et la pacification de la France, le ciel combla les vœux du pieux trompette en l'élevant à la dignité de sergent dans la garde royale. Or, un jour que Henri IV traversait Paris en carrosse, il reconnut l'ancien arquebusier de Beauvoir galopant à sa portière , et il dit en souriant aux seigneurs qui étaient dans la voiture :
— Voyez- vous ce superbe garçon, messieurs ? c'est le soldat qui voulut me tuer au siège de Beauvoir !... Je vous jure que si un autre me tue jamais, c'est que ce brave ne sera pas là pour me défendre...
Hélas ! Iwen n'était pas là, en effet, le jour où Ravaillac frappa le bon Henri !...
Quant à mademoiselle du Liskoët ou madame de Portzampark, on comprend que
nous n'avons rien négligé pour découvrir ce qu'elle était devenue. Nous ne l'avons découvert que l'an dernier, et voici comment : Nous visitions, avec la curiosité d'un antiquaire, les restes du couvent et de la chapelle de Lok-Maria. Après avoir fouillé tous les recoins des salles, des escaliers, du préau, des jardins ; après avoir interrogé toutes les tombes et toutes les croix du cimetière, nous examinions avec la même minutie les moindres détails de l'église , monument d'architecture gothique-lombarde dont la fondation remonte jusqu'au dixième siècle (1). Passant
M) Situé, comme nous l'avons dit, sur l'Odet, tout près de Keruper, à l'extrémité d'une magnifique promenade, la vieille église de Lok-Maria est un des premiers monuments visités par les voyageurs. Ce qu'elle offre de plus remarquable, outre une vue charmante sur la rivière et la campagne opposée, c'est un porche dont les voussures à nerfs sout travaillées avec élégance et dont le sommet triangulaire est chargé de ces monstres de pierre particuliers aux édifices gothiques. On remarque encore.
du porche à la nef, de la nef aux bas-côtés, des bas-côtés au transept , au choeur et à l'abside , nous avions interrogé vainement chaque pierre, chaque tableau et chaque statue,— depuis le petit saint Joseph et les deux anges en bois peint de l'autel latéral, jusqu'à la Vierge habillée de gaze qui occupe le milieu du chœur ; depuis la toile grossière où pleure la Madeleine repentante, jusqu'à cette Notre- Dame de Grâce, couronnée du cercle ducal et vêtue du manteau d'hermine ; depuis l'énorme baptistère ou bénitier de granit qui écrase les dalles de son poids, jusqu'au reste de vitraux coloriés ou le soleil se joue dans l'or et r outre-mer, — lorsque tout à coup des inscriptions gothiques et des écussons armo-
dans l'abside, la grande arcade qui communiquait au couvent, et dont l'ouverture est maintenant condamnée. Une belle ogive flamboyante, avec quelques vitraux, domine la grande porte de la chapelle. Les bâtiments du prieuré sont occupés par la manutention des vivres de la garnison de Kemper.
IKIMl DE NANTES S6S
ries frappèrent nos yeux, sur les pierres que nous foulions d'un pied inattentif. Nous reconnûmes, non sans peine, que ces pierres couvraient autant de sépultures à fleur de sol, et que chacune portait le nom, plus ou moins effacé, d'une des prieures du couvent. Or, auprès du premier pilier de la nef, à gauche en regardant l'autel, nous déchiffrâmes avec émotion ces trois mots, qui complétaient l'histoire de mademoiselle du Liskoët :
^Utettor,
prieure de iToh-iHaria