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Il arrive quelquefois, ainsi que l’a noté M.le D° Ses vestre (1), que le tube à son passage au niveau de Pextré— mité inférieure du pharynx et du cardia détermine des Spasmes plus où moins violents. Il ne faut point chércher à forcer cet obstacle, dit M. Sevestre, car on s’exposerait à faire des faussés routes, où tout au moins à produire un état d’irritation qui entrétiendrait l’état spasmodique. LL Lei
On doit, au contraire, sé borner à laisser là sonde en place, en engageant le malade à faire quelques mouvements de déglutition, et généralement au bout de quel ques instants, le tube pénètre facilément et pour ainsi dire de lui-même. En tout cas, il sé produit assez vite une sorte d’accoutumance des muscles du pharynx, et dès la deuxième où la troisième séance, il est habituel que la: sonde pénètre sans difficulté jusque dans l’estomac. De SENS "TAN
‘Dans ces derniers jours, dès modifications ont été apportées dans le manuel opératoire, par MM. Debove et Dujardin-Beaurnetz, ais nous ne croÿons pas devoir les consigner ici, notre travail aÿant pour but d'étudier l'alimentation artificielle volontaire chez les phthisiques à l’aide du tube Faucher.
Dans le second temps, pour faire pénétrer le liquide alimentaire, il suffit de le verser dans l’entonnoir. On élèvera ensuite celui-ci au-dessus du niveau de la bouche et on l’abaissera lorsqu'une petite portion de ce liquide aura pénétré dans l'estomac, ainsi que le conseille
(1) Sevestre. Le lavage de l’estomac et l'alimentation forcée au moyen de la sonde gastrique. (Progrès médical, 24 décembre 1881.)
Mit 2 M. Desnos, afin de ne point laisser entrer d’un seul coup toute la dose qu’on veut faire ingérer.
Les aliments que les expérimentateurs de la nouvelle méthode ont introduits dans l’estomac, varient comme qualité et commequantité. M. Debove a employé d’abord le lait, la viande crue et les œufs (de 2 à 6 litres de lait, 200 gr. de viande crue rapée et de 6 à 20 œufs pour deux gavages). M. Dujardin-Beaumetz a donné 4 œufs, 400 à 150 gr.de viande crue rapée et une quantité de lait, suffisante pour donner au tout une consistance li=. quide après y avoir ajouté 20 à 30 gr. de chlorure de sodium. Il termine par l’introduction d’un demi-litre de lait. Il complète le mélange, par l’adjonction de 4 à 5 cuillerées de peptones. Les malades, dont nous avons suivi l’observation dans les services de MM. Desnos et Ferréol, prenaient une quantité moindre d'aliments (4 litre de lait et 2 œufs pour un seul repas.)
Aujourd’hui, on a substitué la poudre de viande à la viande crue rapée. Cette poudre est donné à la dose de 400 à 150 gr. pour un litre de lait. Elle a sur la viande crue des avantages qui l’ont fait préférer par la plupart des médecins qui pratiqueni l'alimentation artificielle chez les phihisiques.
OBsERVATION I, — (Personnelle).
Rouillière (Paul), âgé de 29 ans, cordonnier, est entré à la Charité, dans le service de M. Ferréol, n° 4 salle St-Ferdinand, le 10 décembre 1881.
Ce malade était amaigri, ses forces avaient beaucoup diminné, il avait des sueurs nocturnes abondantes :
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il avait une toux opiniâtre et expectorait beaucoup. Toute espèce de nourriture lui inspirait un dégoût pro fond. I] ne pouvait manger chaque jour, qu'un peu de soupe.
* Cependant, pas de vomissements, pas de diarrhée.
Parfois un peu de fièvre le soir.
A la percussion, on trouve de la submatité au sommet gauche.
L’auscultation révèle une expiration prolongée du retentissement de la voix et quelques râles sous-crépitants à gauche. À droite, quelques petits râles le long de la colonne vertébrale.
L'amaigrissement faisait des progrès et les forces déclinaient de jour en jour. Le malade ne pouvait plus quitter son lit. Il ne pouvait plus rien prendre.
On le soumet à l'alimentation artificielle, le 2? janvier.
Sans lavage préalable, M, Ferréol, lui introduit dans l'estomac à l'aide du tube Faucher, 1/2 litre de lait et 2 œuïs jaune et blanc compris.
Le malade n’éprouva aucune gêne; pas desuffocation, pas de spasmes de l’œsophage ni de l’estomac, mais pendant un quart d'heure, selon son expression, il se sentit l'estomac embarbouillé.
Le 23.ie malade s’introduit lui-même la sonde et prend la même quantité d'aliments que la veille, il n’en éprouva aucun inconvénien!.
ll n’eut ni vomissements, ni diarrhée,
Les jours suivants, le malade continue à se gaver 4 fois par jour, prenant environ 1 litre de lait et 2 œufs. Il boit ensuite quelques gorgées de vin et l'appétit étant revenu, il peut manger le soir sa portion.
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Jusqu’aux premiers jours de février, le malade n’éprouya pas de changement notable dans son état géné ral, la sensation de la faim se faisait seule sentir. a
Puis de jour en jour, le malade vit ses forces revenir; il pouvait se lever et n’avait plus d’étourdissements ens, quittant le lit ainsi qu'il en éprouvait, avant l’usage.de l'alimentation artificielle ; la toux diminua, les sueurs nocturnes furent améliorées, et l'essoufflement était moindre. nid
Le poids augmenta d’un kilogr. environ.
Le 19. Le malade sentant son appétit renaître, on suspendit le gavage qui avait duré près d’un mois.
Depuis cette époque jusqu'au 26 février, les forces se sont maintenues, le malade mangeetl’état général étant meilleur, les lésions pulmonaires ne s'étant pas aggravées, le malade est;envoyé à Vincennes.
OBsERvVATION II.
Observation d’un phthisique entré le 3 novembre dans le service de M. Debove (observation recueillie personnellement),
Ce malade, âgé de 38 ans, est entré le 3 novembre, dans le service de M. Debove.
fl avait eu une hémoptysie le jour même, il n’avait plus de forces, l’appétit était nul, il avait une toux fréquente, présentait de la fièvre Le soir et avait des sueurs nocturnes très abondantes.
Soumis à l'alimentation artificielle, le malade à constaté lui-même que ses forces revenaient peu à peu; il pouvait marcher dans la salle et même descendre au
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jardin, la toux était moins fréquente; la fièvre avait disparu ainsi que les sueurs.
Pendant un mois, il n’y a pas eu d'augmentation de poids bien considérable, mais il s’accrut ensuite d’une façon sensible.
! Et le 3 mars, le poids du malade avait augmenté de 6 kilogrammes.
Nous avons constaté l’état de bien-être général dans lequel se trouvait ce malade qui avait de l’embonpoint et ne paraissait plus avoir l'apparence C’un phthisique.
Ogservarton III. — (Publiée par M. Debove.)
Phthisique présentant des signes avancés de tuberculose pulmonaire, et notamment de vastes cavernes ; considérablement amaigri, ayant des sueurs profuses toutes les nuits et dans un dépérissement tel qu’il pouvait à peine se lever quelques heures; il renonçait à sortir des salles. Toutes les fois qu’il essayait de manger il était pris d’un violent dégoût, puis de toux et de vomissements. Il était arrivé à ne plus pouvoir avaler un quart de verre de lait.
Le 1% octobre 1881, introduction par la sonde d’un litre de lait ; point de diarrhée, ni de vomissements, ni envie de vomir. Les jours suivants on pratique deux sondages par jour et on administre en deux fois, deux litres de lait, 200 grammes de viande crue et râpée et 10 œufs.
Digestion bonne, point, de diarrhée, liquide parfaitement clair sortant après chaque lavage ; augmentation
D PERS de poids du malade, 92 grammes par jour en moyenne.
Le 10 octobre, légère diarrhée probablement due. à l'addition au lait de 60 grammes de tapioca.
Le 41 octobre, seconde indigestion qui se traduit par des vomissements et de la diarrhée, accidents qui ses répêtent plusieurs fois en 24 heures ; mais le malade qui avait obtenu de sortir avait bu une forte ration de rhum. On donna par la sonde seulement ? litres de lait dans les 24 heures et tout rentra dans l’ordre.
Comme résultat de ce régime les sueurs autrefois très abondantes cessèrent, l’insomnie était opiniâtre, de sommeil revint. Les forces sont restaurées à un point tel, que le malade qui restait autrefois des journées entières dans son lit, qui perdait facilement haleine, monte maintenant rapidement les deux étages de l’infirmerie et se promène une grande partie de la journée. Les accès de fièvre nocturne ont disparu. L’expectoration a di-, minué et les signes physiques se sont amendés ; les signes d’excavation n’ont subi aucun changement, mais les râles de bronchite disséminés dans la poitrine. paraissent avoir diminué d'intensité.