III
Néanmoins, on aurait tort de prétendre qu'aucune amélioration utile ne puisse être apportée à lorganisation actuelle.
Nous avons vu dans le chapitre I*' que la conduite d’amenée des eaux était en tuyaux de ciment assemblés au mortier de ciment dans toutes les parties de la dite conduite où l'écoulement se faisait librement.
Or, ceux-ci présentent le grave inconvénient d’être disloquables par les racines d'arbres ou d’arbustes. Il arrive, en effet, que les racines d’ormes et d’ajoncs, qui se trouvent au voisinage, pénètrent à travers le ciment (à plus forte raison ce fait se produit-il aux joints à l’état de simple filament mesurant un ou deux dixièmes de millimètres de diamètre. Mais ce filament, une fois à l’intérieur de la conduite, se trouve baigné par l’eau et dans d’excellentes conditions de végétation. Il s’accroît donc rapidement, donnant naissance à un chevelu fort abondant qui peut occuper tout le diamètre-du tuyau et qui mesure
parfois jusqu’à 30 mètres de long : cet ensemble de racines prend le nom de « queue de renard ».
Ces « queues de renard » se forment assez souvent, provoquant ainsi une diminution consirable du débit qui attire toujours l'attention et en fait rechercher la cause.
Mais là n’est pas le seul inconvénient de cette végétation intempestive. La racine qui a donné naissance à ce chevelu et qui, à l’origine, n'était qu’un simple filament, s’est développée à son tour. En se développant, elle a brisé le tuyau de ciment que l’on retrouve presque toujours éventré complètement : d’où possibilité de contamination d’autant plus à redouter que ces fractures se font d’une façon silencieuse et sournoise, à leur début du moins, et que la conduite d’amenée est placée dans les couches superficielles du sol.
Le seul moyen que l’on ait, à l’heure actuelle, d'empêcher la formation des « queues de renard », est d’arracher systématiquement les ormes et les ajoncs (les autres essences ne produisant pas ces formations) qui se trouvent au voisinage de la conduite, moyen qui peut donner lieu à des contestations de la part des propriétaires des terrains.
Et, puisque cette canalisation en ciment, de l’avis de M. le Directeur du Service des Eaux lui-même, ne peut durer encore que quihze à vingt années, il serait à souhaiter qu’elle fût remplacée par une
canalisation en fonte où pareil inconvénient ne pourrait se produire.
Une autre amélioration à envisager concernerait les filtres situés à Château-Bily, près de l’usine d'ozone.
Au $ 2 du premier chapitre, j'ai expliqué d’une facon très détaillée comment se faisait la filtration de l’eau arrivant de Plaintel, et indiqué le sens vertical ascendant qu’elle suivait dans les bassins.
Nous trouvons donc à la surface des filtres l’eau purifiée et débarrassée en partie de ses germes. Mais ces filtres étant découverts, toutes les poussières en suspension dans l’air peuvent y tomber et souiller à nouveau l’eau au moment même où elle va se rendre dans le réservoir d’eau filtrée (Voir figure 4-B) avant de subir lPaction purificatrice de l’ozone.
Il y a donc là une cause de contamination de l’eau que l’on aurait dû éviter soit en couvrant les filtres, soit en opérant la filtration de haut en bas.
Dans ce même paragraphe du premier chapitre,
j'ai indiqué la façon de calculer la quantité d'ozone
mélangée par l’émulseur à chaque mètre cube d’eau ; et j'ai fait remarquer que le compteur de débit d’air OZOnÉ, indispensable pour effectuer cette opération, qui existait au début du fonctionnement de l’usine, avait disparu. Il serait bon de le voir rétablir, car sans lui aucun contrôle efficace de la marche de l’usine n’est possible.
Enfin, le réseau de distribution laisse fort à dési-
rer : il est ramifié et de ce fait donne lieu à quelques inconvénients. On sait, en effet, qu'avec un tel réseau (1), les culs-de-sac où l’eau stagne sont communs, ce qui constitue une condition favorable aux dépôts, à la prolifération microbienne et au développement de certains parasites ; que, pour certaines causes, l’eau de ces culs-de-sac soit aspirée dans les autres portions de la conduite, le robinet du consommateur recevra une eau trouble et de qualité inférieure.
De plus, en cas de réparation sur un point de la conduite, les robinets situés en aval doivent être privés d’eau, jusqu’à ce que tout soit remis en état, fait qui ne peut se produire dans le système maillé où les robinets sont alimentés de deux côtés à la fois.
Il est donc bien certain qu’il y aurait tout intérêt à substituer, au réseau actuel, un autre du type maillé : il est vrai que cette modification entrainerait une grosse dépense.