SCENE V
Me pardonne mon long et patient amour.
J'emporte mon secret dans l'ombre où tu m'envoies. Nul ici-bas n'a su les douleurs et les joies Que me fit ton sourire, ange au front embaumé, Et je meurs assez vieux, t'ayant beaucoup aimé! Ta prière peut seule, û noble et sainte femme. Donner pour le départ des ailes à mon âme; A cet amour si pur ton chaste doigt peut seul, Dans un lis assez blanc, tisser son blanc linceul.
AI ART HE, entrant parla gauche.
Dieu VOUS garde, monsieur! De ma chère maîtresse Vous avez, d'un seul mot. consolé la détresse. C'est elle qui m'envoie ici pour convenir Du signal avec vous. Je dois vous prévenir Cependant que la chose est hardie entre toutes. Depuis trois jours, le maître a fait cerner les routes ; On fusille quiconque approche l'étranger. Et vraiment j'ai grand peur pour votre messager!
OCTAVE
Qu'importe!
MARTHE
S'il allait pourtant... pauvre jeune homme! Etre surpris!... Monsieur, vous ne savez pas comme Le maître est inflexible et frappe sans merci. Il hait sa belle-mère et s'il savait ceci...
22 ALINE
OCTAVK.
Je ne crains rien...
M ART H t.
£h quoi ! c'est vous qui...
OCTAVE
Sur mon âme, Tais-toi !
MARTHE
C'est vous, Monsieur, qui risquez pour madame Votre honneur et vos jours!...
OCTAVE
Qu'elle n'en sache rien Surtout ! C'est mon secret, garde-le !
VINCENT, entr'ouvrant la tapisserie qui couvre la porte à droite et écoutant depuis un instant sans être vu.
A part.
C'est fort bien !
A quelle heure ce soir }
OCTAVE
Minuit sonnant.