SCENE IX
ALINE
O bonheur! ô merci!... Nulle peine arrivée Au pauvre messager }. . .
OCTAVE
Nulle peine ; vraiment, Aline, votre bague était un talisman Et son ange gardien n'eût pas fait davantage.
ALINE
Et ma mère pourra supporter le voyage }
OCTAVE
Que dites-vous?
ALINE
Je dis, ami, que je l'attends.
Que, dans la fièvre ici, je compte les instants, Que Marthe me l'amène, et que Vincent lui-même L'accompagne.
OCTAVE
Vincent?
ALINE
Jugez donc si je l'aime , î
<4 ALINE
A prcscnc, mon \'inccnc!... Vous l'avez cru méchant! Ah! si vous aviez vu quel air doux ce couchant! Il souriait, disant : Veux-tu revoir ta mère? C'est bien bon, n'est-ce pas }
OCTAVE, A part.
Incertitude amère !
Je ne crois pas.
A Aline.
Vincent, dites-vous est absent?
ALINE
Il vient de me quitter, mon cher et doux Vincent; Dieu le protégera!... Mais c'est de la folie... Le cœur est égoïste et voilà que j'oublie De vous dire merci, merci pour tant de bien ! Pour vous payer ma dette, hélas !... je ne puis rien.
HUe lui tend la main.
OCTAVE, mi;ttant un genou en terre et lui baisant la main.
Le bonheur me suffit, qu'ici je vous apporte.