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Hist. poétique de Charlemagne, p. 82, note

Préface.

xxiij

Montreuil dont ce Guillaume portait le nom n’est pas Montreuil-sur-Mer, comme l’a cru le savant professeur de Leyde, et comme il le faudrait pour justifier sa supposition, mais bien une localité du département de l’Eure (').

Ces indicationsprincipales, que nous avons cru devoir au lecteur pour l’aider à se renseigner sur la geste de Guillaume au court nez, il les retrouvera avec bien d’autres dans la notice bibliographique et hi-storique que M. Léon Gautier vient de consacrer à cette geste et que nous avons déjà eu l’occasion de citer et d’apprécier ci-dessus. Rien ne lui manquera donc pour se faire une idée très-nette du grand cycle où la chanson d’Aliscans tient une place si importante, et nous pouvons borner ainsi nos efforts à marquer cette place, à faire l’histoire du poème que nous publions et à en estimer la valeur.

A l’époque où les différentes parties de la geste de Guillaume au court nez (de Garin de Monglane , si l’on veut) furent rattachées les unes aux autres comme par des soudures qui en firent une seule et immense composition, chaque poëme y prit place selon la chronologie des faits qu’il raconte ou selon la généalogie des personnages qui y figurent. Mais, nous l’avons déjà dit ail-

I. Guillaume de Montreuil ou le bon Normand portait le nom de Montreuil l’Argillé (Eure), arr. de Bernai, canton de Brogüe. Voy. Orderic Vital, édition de la Société de l’histoire de France.

Préface.

leurs, dans les familles héroïques créées par l’imagination des trouvères , les fils naissaient le plus souvent après leurs pères, et dans la vie d’un même héros, lorsqu’elle fait l’objet de plusieurs récits, le plus ancien n’est pas celui qui fait connaître sa première jeunesse ou ses enfances y comme on disait alors. L’historien de la littérature ne doit donc pas accepter la fausse chronologie que lui offrent les grandes compositions cycliques. Il doit s’efforcer, au contraire, de remplacer l’ordre trompeur dans lequel il trouve les poèmes disposés par l’ordre vrai, c’est-à-dire par celui dans lequel ils ont été composés. L’application de ce principe place la chanson d’Aliscans en tête des autres chansons du même cycle, tandis qu’à les classer toutes selon la succession des événements, elle ne vient qu’au quatorzième rang (‘). Hâtons-nous de dire que ce point de vue ne nous est nullement particulier, et que s’il n’est pas susceptible d’une démonstration rigoureuse, il apparaît assez clairement pour pouvoir s’en passer. Ainsi en jugeait M. Jonckbloet en 1854(2); ainsi en juge encore, en 1868, M. Léon Gautier (3), et personne sans doute ne sera tenté d’infirmer ce jugement.

Il est vrai qu’à voir notre poète introduire son héros comme il le fait, on doit croire qu’il

« . Voyez le tableau de ces chansons dans la notice de M. Léon Gautier. (Les Épopées françaises, t. 111, p. 4.)

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