‹ AliscansChapitre 14 sur 33 · Guillaume d’Orange, t. 11, p · texte numérisé non relu

Guillaume d’Orange, t. 11, p

3. Les Épopées françaises, t. 111, p. 7, où il faut voir l’ordre dans lequel M. Gautier nous paraît ranger très-judicieusement les poèmes du cycle de Guillaume d’après la date relative de leur composition.

Préface.

le savait bien connu, lui et les siens. Au moment où il le met en action sur le champ de bataille d’Aliscans , tout armé , l’épée à la main et piquant son destrier, Guillaume n’est plus au début de sa carrière ; c’est un chevalier des plus illustres, des plus renommés. Il est comte d’Orange, fils d’Aimeri de Narbonne et d’Ermengart de Pavie, époux de la comtesse Guibourc et beau-lrère du roi Louis (le Débonnaire). Il a des neveux, qu’iKa amenés avec lui, qui combattent à ses côtés, et dont deux surtout, Vivien et Bertrand, sont déjà aussi des guerriers éprouvés et en renom. Tous ces personnages, et les liens qui les unissent, et mainte circonstance importante de leur vie, ne semblent pas moins connus à l’avance de l’auditoire du poète que le héros principal, que Guillaume lui-même. Ne faut-il pas de là conclure à l’existence de poèmes antérieurs que l’auteur d’AHscans se serait borné à rappeler par de simples et brèves allusions ? Et si l’on n’aboutit point ainsi à une pure hypothèse, si ces poèmes existent réellement, la conclusion ne paraîtra-t-elle pas d’autant plus naturelle ? Des exemples en feront mieux sentir la force, au moins apparente.

Le héros de notre poème, nous l’avons dit, y est surnommé Fierebrace ou Guillaume au court nez. Le premier de ces surnoms s’explique et se recommande de lui-même, mais le second n’a de valeur que par les circonstances de son origine, qui en ennoblissent la signification. Ces circonstances, l’auteur é’Aliscans les suppose si bien connues par quelque récit antérieur, qu’il fait allusion à ce récit. Guillaume est sous les mufs

PRÉFA C E.

xxvj

d’Orange; mais Guibourc refuse de lui en faire ouvrir les portes avant qu’il se soit fait reconnaître en ôtant l’armure de tête qui cache son visage. Le marquis au court nez approuve cette prudence, délace son heaume, relire sa coiffe, et alors

. Dame Guibors Vesgarde apertemenl.

Voit sor le nés la boce aparisant Ke U ot fait Isoris de Monbrant Très devant Rome, en la bataille grant ;

Li quens Tocistsi kel virent. VI 1<^ (i).

Or, le récit auquel se réfère cette allusion, il nous a été transmis, il se trouve dans le Couronnement LooysÇ^). Donc ce poëme, au moins pour la partie qui renferme l’épisode dont il s’agit, est antérieur à la chanson a'Aliscans. Ainsi peut-on être tenté de raisonner au premier abord . Et ce n’est pas le seul argument de ce genre que l’on pourrait faire valoir en faveur de l’antériorité du même poëme. Dans la première partie du Couronnement Looys, Guillaume, par son énergique dévouement, assure au roi Louis l’héritage de Charlemagne que des traîtres veulent lui enlever, et voici en quels termes amers il lui rappelle ce signalé service dans notre chanson :

Loii, sire, chi a male saudée.

Quant à Paris fu la cours asamblie,

Page 1